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Face à l'explosion urbaine que connaît l'Afrique, innover devient une nécessité sur les plans technique, social et financier. En amont du sommet Afrique-France organisé à Bordeaux en juin 2020, qui portera notamment sur les villes durables, l’ambassade de France en Tanzanie et l’Agence française de développement (AFD) ont co-organisé le 9 octobre à Dar es Salaam une conférence sur le sujet. Panorama des défis à relever et des actions déjà mises en oeuvre.

Les villes durables font parler d'elles. Pendant toute la journée du 9 octobre, elles ont été au centre des débats organisés par l’ambassade de France en Tanzanie et l’AFD, à Dar es Salaam. À leur chevet, des experts tanzaniens et français ont échangé autour de quatre tables rondes pour définir les spécificités des villes durables et de leurs possibles applications en Tanzanie : « Eau, assainissement et traitement des déchets solides », « Mobilité, transports et infrastructures », « Agriculture périurbaine » et « Accès à l'énergie et efficacité énergétique ». 

Depuis 2008, plus de la moitié de la population mondiale vit en milieu urbain. Une simple étape dans la transition urbaine puisque la moitié des zones urbaines qui existeront en 2030 ne sont pas encore constituées. Par ailleurs, 95 % de l'augmentation de la population urbaine se fera dans les pays en développement, surtout en Afrique.


Les défis de la révolution urbaine

Alors que le continent est actuellement peu urbanisé (environ 40 % de la population), la combinaison d'une forte croissance démographique et de l'exode rural est déjà le moteur de la plus forte croissance urbaine au monde (+ 4 % par an). On estime que la moitié de la population africaine sera urbaine en 2035 et 58 % en 2050. Aucun autre continent n'a été confronté à une telle explosion.

Au cœur de cette révolution urbaine, la Tanzanie est en première ligne : dans les projections des trois villes les plus peuplées du monde en 2100 figure l'ancienne capitale du pays, Dar es Salaam – ainsi que deux autres mégalopoles africaines : Lagos et Kinshasa.

Cette croissance extrêmement rapide pose des défis majeurs :

  • Une croissance continue du nombre de personnes vivant dans des quartiers précaires ;
  • Un étalement urbain en l'absence de politiques publiques d'aménagement suffisamment efficaces ;
  • De fortes inégalités de genre ;
  • Des difficultés d’adaptation et d’atténuation aux effets du changement climatique ;
  • Des besoins de financement des investissements pour répondre aux besoins essentiels du continent en matière d'infrastructures urbaines.

L'Agence française de développement se mobilise depuis plusieurs années en faveur de la promotion des villes durables en jouant un rôle de pionnier auprès des bailleurs. Sa stratégie se caractérise notamment par sa capacité à offrir une offre financière flexible aux acteurs publics locaux, par son approche territoriale et son expertise en matière d'appui à la gestion des ouvrages. L'AFD a ainsi adopté une stratégie de développement urbain durable et solidaire autour des objectifs suivants : l'accès aux services essentiels en vue d'améliorer la qualité de vie des citadins, la promotion du développement durable des territoires urbains et le renforcement des acteurs locaux en charge de la ville et de l'aménagement.

Depuis 2014, l'AFD a engagé 9,6 milliards d'euros en faveur des villes durables, dont 3,2 pour l'Afrique. On peut citer à titre d'exemple le financement d'un projet de réhabilitation des quartiers les plus précaires de l'agglomération d'Antananarivo, à Madagascar, ou le prêt de 120 millions d'euros à Johannesburg (Afrique du Sud) pour la mise en œuvre de la politique de transformation spatiale de la ville. L'AFD est également très impliquée dans les pays voisins d'Afrique de l'Est avec des projets urbains au Kenya visant la réhabilitation des quartiers défavorisés et des infrastructures publiques des villes de Nairobi, Nakuru, Mombasa et Kisumu par exemple.


Des moyens accrus

Enfin, en Tanzanie, plus de 600 millions d'euros ont été engagés au cours des dix dernières années, en particulier sur les infrastructures d’eau, d’assainissement, d’énergie et de transports. L'AFD soutient notamment les villes de Mwanza, Bukoba, Musoma et bientôt Dar es Salaam dans le domaine de l'accès à l'eau et à l'assainissement. Mais aussi, pour cette dernière agglomération, le développement de son Bus Rapid Transit. À Dodama, la capitale, c'est la mobilité urbaine qui est concernée.

L’objectif pour les années à venir est de doubler l'engagement financier de l'Agence française de développement à environ 100 millions par an, en soutien au gouvernement dans la mise en œuvre de ses projets prioritaires. En Tanzanie comme ailleurs, la ville durable mérite toutes les attentions.

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