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Au Liban, l’afflux récent de réfugiés syriens dans les camps palestiniens n’a fait que fragiliser davantage la situation de populations déjà très vulnérables. Financé par l’AFD à hauteur de 21 millions d’euros et mis en oeuvre par l’UNWRA, un nouveau projet vise à améliorer leur accès à deux services essentiels : l’eau et l’éducation.

Depuis sa création, en décembre 1949, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA) s’est constitué en principal pourvoyeur de services élémentaires dans les 12 camps palestiniens présents sur le territoire libanais.

Grâce à son large réseau d’écoles, l’éducation de base y est assurée gratuitement pour tous les réfugiés enregistrés jusqu’à l’âge de 15 ans. Alors que 6 % des réfugiés palestiniens sont dans une situation de grande vulnérabilité et sans aucune source de revenus, l’UNWRA leur fournit également de la nourriture, une aide au logement et assure la gestion de plusieurs centres sociaux dédiés à l’action sociale. En matière de santé, un réseau de cliniques de soins primaires a également été mis en place pour répondre aux besoins essentiels, ainsi qu’un accès subventionné et partiel à l’hospitalisation. L’UNWRA dispose enfin d’un programme de santé publique destiné à contrôler la qualité de l’eau potable et améliorer le système d’assainissement.

Par toutes ces actions, l’organisme joue donc un rôle crucial aussi bien dans l’amélioration des conditions de vie de la population que dans la régulation des tensions sociales et politiques au sein des camps.

Un afflux récent de nouveaux réfugiés

Dans ces 12 camps répartis à travers le pays, la guerre en Syrie a eu pour conséquence un afflux de nouveaux réfugiés : les Syriens, mais aussi les Palestiniens réfugiés en Syrie, représentent désormais le tiers de la population. Cet afflux a coïncidé avec d'importantes restrictions budgétaires imposées à l’UNWRA, forçant l’organisation à réduire drastiquement le niveau de services apporté à la population palestinienne.

Les effets de cette double conjecture s’observent déjà : dégradation rapide des indicateurs de santé, d’éducation et de niveau de vie de la population, montée des tensions sociales, politiques et religieuses…

Afin d’accompagner l’État libanais dans la gestion de cette crise humanitaire qui, à terme, pourrait fragiliser le pays tout entier, l’UNWRA et l’AFD ont conçu un programme d’amélioration des conditions de vie et d’accès aux services élémentaires destiné à l’ensemble des camps de réfugiés palestiniens.

Des nappes phréatiques sous pression

Première priorité : la réhabilitation et l’extension des systèmes d’approvisionnement, de traitement et d’évacuation des eaux des 12 camps : « Nous observons une très forte pression exercée sur les nappes phréatiques, qui constituent 99 % des ressources en eau des populations. À terme, il y a un vrai risque de manquer d’eau potable », commente Michel Samaha, chargé de mission à l’agence de Beyrouth. À cette surexploitation s’ajoute le gaspillage des ressources : en raison des mauvaises performances du réseau, les pertes dépasseraient les 50 %.

C’est pourquoi le projet vise d’abord à enrayer ces pertes. L’enjeu est aussi de réduire les sources de pollution de la ressource en eau : « Le sujet concerne l’ensemble des nappes phréatiques du territoire libanais mais se pose de façon encore plus critique au sein des camps palestiniens », note Michel Samaha. Les progrès en matière d’assainissement devraient permettre de diminuer ces risques environnementaux.

Surtout, le projet bénéficiera en premier lieu aux populations : il devrait accroître de 25 % le nombre de foyers connectés aux réseaux d’évacuation des eaux usées.

Deux nouveaux complexes scolaires en chantier

Autre chantier prioritaire : l’amélioration de l’accès à une éducation de qualité pour les enfants et adolescents, actuellement scolarisés dans des préfabriqués ou des locaux inadaptés ou insalubres. Le projet prévoit ainsi la construction de deux nouveaux complexes scolaires, l’un à Nahr el-Bared, près de Tripoli, et l’autre à Beyrouth, au sein du quartier général de l’UNWRA.

« Chacun d’entre eux disposera de deux écoles, primaire et secondaire, basées sur un modèle éducatif trilingue (arabe, français, anglais) », décrit Michel Samaha. Pouvant accueillir jusqu’à 3 000 élèves, ces deux complexes éducatifs neufs et adaptés à l’enseignement devraient améliorer le bien-être en milieu scolaire et, progressivement, la performance des enfants scolarisés dans les camps palestiniens. À long terme, le modèle d’éducation trilingue devrait également renforcer les perspectives d’insertion sociale et professionnelle des jeunes palestiniens.

D’une durée de quatre ans, la mise en œuvre du projet sera entièrement pilotée par l’UNWRA. De son côté, l’AFD participe au financement des deux volets de l’opération à hauteur de 21 millions d’euros via le Fonds Minka, dédié à la consolidation de la paix. La signature de la convention de partenariat, le 17 octobre 2019, s'est faite en présence de l'ambassadeur de France au Liban, Bruno Foucher, de Marc Lassouaoui, chargé des relations avec les donateurs à l'UNWRA, du directeur de l'organisme au Liban, Claudio Cordone, du directeur régional de l'AFD, Olivier Ray, de l'ambassadeur de Palestine, Ashraf Dabbour, ainsi que de plusieurs représentants de l'armée libanaise, d'associations palestiniennes ainsi que du Comité populaire palestinien et d'élèves du réseau d'écoles de l'UNWRA.

 

 

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