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En partenariat avec les collectivités locales et l’Association des maires de Martinique, l’AFD organise, chaque année, une journée d’action locale rassemblant l’essentiel des communes autour d’un sujet de réflexion. Le thème choisi cette année ? Celui de la communication financière. Comment améliorer la circulation des informations auprès de la population, des entreprises, mais aussi au sein des administrations ? Réponse avec Catherine Talbot, responsable d’activité Collectivités publiques à l’agence de Fort-De-France.

Pourquoi avoir choisi, cette année, le thème de la communication financière ?

Il y a un vrai enjeu de transparence et de pédagogie en matière de finances publiques, aussi bien auprès de la population, principale concernée, que du secteur privé. Il est important également qu’au sein même des administrations, chaque service soit au fait des grands enjeux liés à la politique budgétaire de chaque commune. Enfin, en tant que partenaire et actrice du financement de ces communes, l’AFD a également un droit de regard sur la manière dont les collectivités territoriales, en Martinique, gèrent les financements qui leur sont accordés, que ce soit sous la forme de prêts ou de financement d’études.

Cette année, plusieurs ateliers ont été organisés lors de la journée d'action locale, qui se déroulait le 18 octobre, afin que les communes puissent réfléchir à la manière d’adapter leur communication financière en fonction de chacun de ces quatre publics. Le déroulé de chaque atelier était identique : une première phase de partage d’expériences, avec le témoignage de maires à l’origine d’initiatives concluantes ; puis l’ouverture d’un débat et la formulation de solutions généralisables à l’ensemble des communes.


Quelles solutions ont été envisagées pour sensibiliser la population martiniquaise aux enjeux de finances publiques ?

Effectivement, c’est le grand enjeu de cette journée. Certes, les communes ont l’obligation de présenter leurs comptes, mais comment faire en sorte que ces résultats soient accessibles et lisibles pour tous ? Les solutions à apporter dépendent de l’échelle sur laquelle on se place. Nous avons eu la chance de recueillir aussi bien le témoignage du maire de Fort de France, chef-lieu de la Martinique (800 000 habitants environ),  que du maire d’une petite commune, Le Prêcheur, située tout au nord de l’Île. Dans le premier cas, la solution choisie a été celle de la retransmission télévisuelle des conseils municipaux. Dans le second, c’est l’expérience de conseils de quartier qui s’est avérée la plus concluante.

Autre enjeu, et non des moindres : la communication financière au sein même des administrations. Pour le moment, il y a, d’un côté, des experts en finance, et de l’autre, des personnes dont les métiers ne les amènent que très rarement à envisager cette problématique. Le défi, c’est de parvenir à vulgariser cette information financière pour que l’ensemble des communes puissent comprendre les enjeux budgétaires auxquelles elles sont confrontées. À Sainte-Luce, des journées du personnel sont organisées, qui permettent d’échanger sur cette question. Comme nous l’a appris la direction financière du Lamentin, dans leur commune, l’ensemble des services des administrations est mobilisé lors de la constitution du budget annuel.


Un autre enjeu est celui de l’allongement des délais de paiement des entreprises, notamment du BTP…

C’est effectivement l’une des grandes thématiques qui a émergé lors de cette journée. Philippe Jock, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Martinique et membre du comité Outre-mer de l’AFD, a porté la voix des entreprises lors de cette séquence. Il faut savoir qu’en Martinique, le secteur privé est très fortement dépendant de la commune, qui est bien souvent le principal client, notamment dans le BTP.

En principe, les administrations publiques disposent de 30 jours pour régler leurs factures ; dans les faits, il est très fréquent que ce délai dépasse les 100 jours. Ce rallongement peut avoir des conséquences très négatives sur l’activité des entreprises. Certaines TPE (Très Petites Entreprises) n’ont parfois pas d’autre choix que de mettre la clef sous la porte, et ce sont autant de personnes qui se retrouvent sans emploi. Des solutions existent pour pallier le problème. La direction financière du Lamentin, par exemple, a prouvé qu’une simple dématérialisation des factures suffisait à réduire considérablement ces délais de paiement.

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