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Cette évaluation multi-bailleurs permet de porter une appréciation sur 10 ans d’appui au Ghana sous forme de soutien budgétaire. Elle conclut que, malgré de nombreuses avancées, les résultats se sont au final avérés décevants, en raison notamment de la détérioration au fil du temps du partenariat entre le gouvernement du Ghana et les bailleurs de fonds.
Contexte

L’évaluation des appuis budgétaires au Ghana a été commanditée par la Commission européenne (EuropeAid) et l’Independent Evaluation Group (IEG) de la Banque mondiale. Elle a été co-pilotée avec des représentants du Danemark (DANIDA), de l’Allemagne (BMZ), de la France (AFD/EVA) et du gouvernement ghanéen (Ministère des finances). Elle porte sur toutes les opérations d’appui budgétaire au Ghana entre 2005 et 2015, soit 3,4 milliards de dollars en appui budgétaire global et 1 milliard en appui budgétaire sectoriel (principalement santé, éducation, décentralisation, agriculture et environnement-ressources naturelles). Les concours de l’AFD concernés étaient des appuis budgétaires globaux financés sur ressources C2D (3 concours, 63 M€) et sur prêt (1 concours, 30 M€), ainsi qu’un prêt budgétaire sectoriel de 5 M€ dans le secteur de l’environnement et des ressources naturelles.

Objectifs

L’objectif de l’évaluation est d’apprécier dans quelle mesure les appuis budgétaires ont contribué aux résultats de développement en aidant le gouvernement du Ghana à renforcer la mise en œuvre de ses stratégies et à améliorer l’efficacité et l’efficience de ses dépenses publiques et de ses politiques. Cette évaluation présente un intérêt particulier. En effet, le cadre extrêmement structuré mis en place au Ghana pour l’appui budgétaire global (Multi-Donor Budget Support – MDBS), qui était souvent présenté comme un modèle, n’a pas empêché le pays d’enregistrer des dérapages macro-économiques majeurs.

Méthode

Cette évaluation s’appuie sur l’approche méthodologique pour l'évaluation de l'aide budgétaire du réseau Evaluation de l'OCDE/CAD. Elle est réalisée par une équipe réunissant Particip, bureau allemand recruté par EuropeAid, et des évaluateurs d’IEG. L’approche se décompose en trois étapes. La première étape vise à évaluer les composantes des appuis budgétaires (financements, dialogue sur les politiques publiques et appuis au renforcement de capacité) et leurs effets sur les politiques publiques du Ghana. La deuxième étape vise à évaluer les résultats et les impacts ainsi que leurs déterminants. Enfin, la troisième étape vise à faire la synthèse des étapes précédentes et à conclure sur la façon dont les appuis budgétaires ont contribué aux changements observés dans le pays partenaire. Pour cette évaluation, les questions évaluatives relatives à l’étape 1 portent sur : la pertinence de la formulation des appuis budgétaires ; leurs effets sur les moyens mis à disposition du Ghana ; leurs effets sur la gestion macroéconomique et la gestion des finances publiques ; leurs effets sur la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques. L’étape 2 a porté sur les secteurs santé, agriculture, environnement-ressources naturelles. Pour chacun de ces secteurs, les évaluateurs ont cherché à identifier les résultats de développement obtenus et à en analyser les facteurs explicatifs, dont la politique publique soutenue par les appuis budgétaires.

Résultats

Le cadre du MDBS a eu des effets directs importants sur l’architecture de l’aide. Les appuis budgétaires (AB) ont eu de forts effets sur la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques. L’AB n’a pas été le principal moteur des réformes, mais il a donné des occasions au Ghana d’accélérer l’agenda des réformes tout en renforçant son appropriation. L’accompagnement technique, d’un volume important, ainsi que le dialogue de politique publique ont aidé à consolider le processus de transition vers une économie à revenu intermédiaire productrice de pétrole, mais n’ont pas pu empêcher une sérieuse détérioration de la situation macroéconomique dans la deuxième partie de la période. Le dialogue sur la gestion des finances publiques n’a pas permis de mettre en œuvre les réformes majeures qui s’imposaient. Dans la plupart des secteurs, les changements structurels ont été limités, même si les services publics se sont globalement renforcés. Depuis quelques années, les progrès se sont ralentis dans de nombreux domaines. La forte croissance a surtout résulté d’un environnement externe favorable (prix élevés pour l’or et le cacao) et de la production pétrolière, plutôt que de l’amélioration du climat des affaires ou d’une forte hausse de la productivité agricole prévues dans la stratégie nationale initialement. En fin de période, l’AB a contribué au retour du Ghana à la stabilisation macro-économique.

Enseignements

Les facteurs qui ont empêché d’exploiter l’ensemble des opportunités créées par l’AB sont liés à l’économie politique du pays (cycle électoral court, jeux d’acteurs liés à la réforme de la solde des fonctionnaires, systèmes clientélistes et de patronage résistants aux niveaux local et national) mais également au fait que l’engagement des bailleurs et du gouvernement dans l’AB a considérablement diminué sur la période. Du côté des bailleurs, il s’agit pour certains d’un changement global de politique les conduisant à abandonner l’appui budgétaire et à lui préférer d’autres modalités d’aide ; du côté du gouvernement, les raisons avancées sont le passage du Ghana au statut de PRI, l’accès à de nouvelles sources de financement ainsi que la découverte de ressources pétrolières.

 

En savoir plus : 

Le rapport et ses annexes sont publiés sur le site d’EuropeAid.

08/02/2016
Project start date
16/06/2017
Project end date
1 an et 4 mois
Duration of the program
Achevé
status

Contact : Corinne de Peretti, chargée d'évaluation (deperettic@afd.fr)