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Cette évaluation-pays a été réalisée à la demande du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), de la Direction générale du Trésor (DG Trésor) et de l’AFD. L'objectif était à la fois de rendre compte de l’implication française au Vietnam, de tirer des enseignements de la stratégie d’intervention française entre 2005 et 2015 et de proposer des pistes de recommandations pour le futur.
Contexte

Cette évaluation s’inscrit dans le programme d’évaluations-pays menées conjointement entre l’AFD, la DG Trésor et le MEAE. Ce programme s’étale sur une période de trois ans et porte sur la coopération avec deux pays représentatifs des zones de partenariat différencié. Le Vietnam est un des dix premiers récipiendaires de l’APD française depuis 2006 et un pays pour lequel la France compte parmi les principaux bailleurs. L’évaluation cible les interventions bilatérales de développement mises en œuvre par la DG Trésor, le MEAE et l’AFD au Vietnam, principaux acteurs publics français de l’aide au développement. Son périmètre est donc plus restreint que l’ensemble des financements français comptabilisés sur la période comme Aide publique au développement (APD) selon la définition du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Objectifs

L’objectif de cette étude était de rendre compte de l’implication française, de tirer des enseignements de la stratégie d’intervention française sur cette période et de proposer des pistes de recommandations pour le futur. Les quatre principales dimensions évaluatives ont été traitées, à savoir : la pertinence, la cohérence, l’efficacité et l’efficience des interventions. Une réflexion spécifique, à caractère exploratoire, a par ailleurs été menée sur l’influence économique française au Vietnam.

Méthode

L'évaluation a été confiée au consortium EDATER-LECES (groupe LHP). Elle s'est appuyée sur une revue documentaire et l’analyse de bases de données des projets ; une vingtaine d’entretiens réalisés auprès de responsables des trois organismes financeurs français ; deux missions de terrain réalisées au Vietnam qui ont permis de conduire une quarantaine d’entretiens auprès de responsables vietnamiens, acteurs de terrain et autres bailleurs de fonds internationaux présents au Vietnam ; une enquête auprès de 52 entreprises et organismes français, bénéficiaires directs ou indirects de l’aide au développement de la France sur la période considérée. La réalisation de cette évaluation a été confrontée à différentes difficultés ou limites techniques, notamment liées à l’indisponibilité de statistiques sectorielles vietnamiennes suffisamment précises et récentes et à l’évolution des contextes et stratégies d’intervention.

Résultats
  • Le travail d'évaluation conclut à une pertinence globale du positionnement de l’aide française et à une adaptation réussie de sa stratégie d’intervention, marquée par une convergence progressive des opérations autour de la thématique centrale de la lutte contre le changement climatique, notamment en matière d’adaptation et de meilleure résilience aux effets induits, auxquels le Vietnam est particulièrement exposé. Pour autant, la promotion d’un développement plus équitable sur laquelle des interventions françaises spécifiques ont été mises en œuvre, a certainement manqué de moyens financiers pour répondre aux besoins exprimés.
     
  • Le manque de stratégie formalisée et partagée entre acteurs français et vietnamiens soulève la question de la visibilité et de l'effet levier des interventions. En effet, le partenariat stratégique signé en 2013 ne fournit pas de lignes directrices précises sur la mobilisation des différents instruments français garantissant ex ante une bonne synergie des interventions françaises. Une coordination renforcée des acteurs pour la mise en œuvre des différents projets semble être assurée, mais davantage au cas par cas que dans une logique d’interventions concertées et planifiées. Certaines interventions semblent ainsi plus relever de la logique d’essaimage et ont d’autant plus perdu en visibilité et en potentiel de synergie avec les autres interventions françaises.
     
  • La complémentarité entre interventions françaises et celles d’autres pays ou institutions multilatérales a été relativement réussie en termes de couverture thématique des besoins du Vietnam. La France se distingue du fait de son intervention intégrant de manière transversale et quasi-systématique le développement durable et la lutte contre le changement climatique par rapport à de nombreux bailleurs de fonds privilégiant d’autres aspects. Toutefois, certains domaines, comme celui de l’eau, ont pu mettre en situation de concurrence de fait plusieurs bailleurs bilatéraux et multilatéraux. On note également une coordination effective limitée entre l’aide française et celle émanant d’autres bailleurs européens.
     
  • La coordination entre bailleurs bilatéraux et multilatéraux, notamment via le groupe des six banques de développement auquel participe l’AFD, constitue un facteur clé pour assurer une cohérence globale des interventions dans le pays et pour négocier certains sujets clés avec le gouvernement vietnamien, afin d’éviter le cloisonnement de l’utilisation de ces différents canaux de financement et les obstacles aux cofinancements.  
  • La revue de bilans d'interventions, d’évaluations ex post et les études de cas spécifiques sur quatre secteurs, révèlent un niveau satisfaisant d'efficacité au regard des résultats obtenus. Ces derniers restent néanmoins difficiles à apprécier précisément et quantitativement, du fait d'un défaut de suivi systématique des résultats et d’une relative faible valorisation des expériences.
     
  • L'efficacité dans la réalisation des projets est démontrée pour la plupart des opérations présentant un bon niveau de préparation, d'appropriation et d'alignement avec les procédures vietnamiennes. A contrario, les conditions de réalisation se sont souvent détériorées pour les projets insuffisamment préparés, en particulier dans les domaines d'intervention présentant une plus faible maturité au Vietnam. Par ailleurs, un instrument tel que la RPE peut parfois avoir créé, côté vietnamien, un sentiment de désappropriation : par exemple, lorsque le maître d’ouvrage n'a pas été impliqué suffisamment tôt dans le montage de l’opération. Cet effort dans la préparation de projet est d’autant plus crucial que les processus décisionnels au Vietnam restent encadrés par une organisation complexe et centralisée rendant difficile toute modification en cours de réalisation des opérations.
Enseignements

Les recommandations proposées par les évaluateurs sont de trois ordres :

  1. Consolider le positionnement stratégique et la visibilité de l’intervention française dans une double perspective : (i) l’affirmation d’une spécificité française, et (ii) la justification d’un maintien d’engagements d’aide au développement encore importants au Vietnam
  2. Optimiser et valoriser la spécificité et la complémentarité des instruments entre acteurs français 
  3. Améliorer les conditions de mise en œuvre et de suivi des projets au regard des enjeux de court et de moyen termes
04/11/2016
Project start date
15/04/2018
Project end date
1 an et 5 mois
Duration of the program
Achevé
status

Contact : Karen Rousseau, chargée d'évaluation AFD (rousseauk@afd.fr)