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Après avoir soutenu la création de téléphériques urbains en Colombie et en République dominicaine, l’Agence française de développement accompagne le déploiement de ce mode de transport à Saint-Denis de La Réunion. Alternative aux véhicules polluants et facteur d’inclusion sociale, le premier téléphérique d’Outre-mer devrait y voir le jour fin 2019.

Lentement mais sûrement, le téléphérique prend son envol dans les grandes villes. Après Grenoble, Medellin (Colombie) ou Saint-Domingue (République dominicaine), ce moyen de transport par câble aérien verra bientôt le jour sur l’île de La Réunion, à Saint-Denis.

Située au nord de l’île, à flanc de montagne, la ville de 150 000 habitants est aujourd’hui sous la pression du « tout auto » qui a conduit ces dernières années à la saturation de son réseau routier. Soucieuse de développer une offre alternative de transport pour la population, la Communauté d’agglomération de la zone nord (Cinor), compétente en matière de transport public, s’est penchée sur le téléphérique.

Pour une ville comme Saint-Denis, ce moyen de transport cumule en effet quelques avantages : il permet de transporter jusqu’à 1000 personnes par heure, en s’affranchissant des grandes différences de reliefs entre quartier, sans encombrer davantage les rues et sans générer de pollution atmosphérique.

Un « Metrocable » version réunionnaise

Sur les conseils de l’Agence française de développement (AFD), la Cinor s’est d’abord rendue en 2013 à Medellin pour visiter le « Metrocable » local. Une étude de faisabilité a ensuite été menée à Saint-Denis. Le projet, le premier du genre en Outre-mer, a été officiellement lancé en 2016.

Pour le financer, la communauté de communes a bénéficié d’un prêt vert secteur public de 12 millions d’euros de l’AFD. Le montant total du projet avoisine les 54 millions d’euros.

Bon pour le climat et inclusif, ce projet s’inscrit dans le cadre des engagements « 100 % Accord de Paris » et « 100 % Lien social » du groupe AFD.

Dynamiser les quartiers

Annoncée pour fin 2019, cette ligne par câble desservira plusieurs quartiers des hauts et des mi-pentes de Saint-Denis, très peuplés et actuellement mal desservis par les transports en commun. Elle sera connectée au réseau de bus existant. 

Longue de 2,7 kilomètres, la ligne aérienne permettra de relier les quartiers du Chaudron et de Bois-de-Nèfles en 14 minutes. Les 46 cabines, pourvues de 10 places assises, devraient transporter environ 6000 voyageurs par jour, d’après les autorités locales.

Cinq stations seront desservies. Elles seront implantées dans des zones stratégiques de nombreux déplacements : mail du Chaudron, campus universitaire, bibliothèque, collège et lycée. Elles associeront la fonctionnalité des gares traditionnelles avec des espaces de vie. La Cinor veut y attirer de nouveaux services et commerces et espère ainsi booster l’activité économique des quartiers.

Une deuxième ligne à l’étude

Les travaux, conduits par le groupe français Poma (qui exploitera également la ligne), démarreront fin 2018. La communauté de communes étudie d’ores et déjà la possibilité de créer une deuxième ligne de téléphérique, qui permettrait de relier la Montagne – un quartier accessible aujourd’hui par une unique route au fort dénivelé – au centre-ville de Saint-Denis. Pour repenser l’offre de transport, rien de tel que de prendre de la hauteur.


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