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L’Amérique latine est l’une des régions les plus inégalitaires au monde. Au sein de cette région, le Mexique concentre un des taux d’inégalités les plus élevés. Si les données officielles montrent une réduction de ce taux ces 25 dernières années, cette réduction semble plus qu’insignifiante. Par ailleurs, un débat public et académique sur une possible sous-estimation des inégalités économiques émerge dans ce pays.
Contexte

Au Mexique, plus de 40 % de la population vit en dessous du seuil officiel de pauvreté. Dans le même temps, le pays est caractérisé par une haute corrélation entre l’origine socioéconomique et la réussite, surtout aux extrêmes de l’échelle socioéconomique (Vélez-Grajales et al, 2014). Les données empiriques montrent ainsi qu’une fois la population divisée en quintiles, sur 100 personnes nées dans la tranche la plus basse, 48 y restent toute leur vie et 22 atteignent le quintile suivant. Ce sont donc 70 % de ceux qui sont nés dans le quintile le plus bas qui restent toute leur vie dans la pauvreté. Seuls 4 % d’entre eux parviendront à se hisser dans le quintile le plus élevé.

D’un autre côté, 52 % des individus nés dans le quintile le plus élevé y restent toute leur vie. Ils sont 28 % à descendre dans le deuxième quintile, ce qui signifie que 80 % des personnes nées dans les familles les plus riches restent dans les deux quintiles les plus élevés. Il faut également noter que seuls 2 % de ces individus se retrouveront dans le quintile le plus bas. La mobilité sociale est donc très limitée.


Ce projet s’inscrit dans le cadre de la Facilité de recherche sur les inégalités dans les pays en développement et émergents, coordonnée par l’AFD. Financée par l'instrument de coopération au développement de l'Union européenne, cette facilité permet de mettre en œuvre 20 projets de recherche avec des bailleurs de fonds et des centres de recherche du Nord et du Sud sur la période 2017-2020.


 

Objectifs

Comment les inégalités et la mobilité sociale sont-elles liées ? Est-il possible que les hauts niveaux de persistance socioéconomique (faible mobilité sociale) en termes d’origine déterminent en partie à la fois la perception et l’acceptation des inégalités économiques ? L’exemple mexicain, qui présente des disparités socioéconomiques régionales significatives, est un bon sujet d’analyse pour vérifier ces hypothèses. Par ailleurs, la littérature existante ne permet pas d’expliquer les mécanismes qui sous-tendent la relation négative observée.

Il reste de plus une question importante et pertinente à régler dans le cas mexicain : la perception qu’ont les citoyens des niveaux d’inégalités et de mobilité sociale. Les Mexicains pensent-ils vivre dans un pays d’opportunités égales et de réussite pour tous ? Les implications en termes de politiques devraient varier en fonction de la perception. Dans tous les cas, il est nécessaire d’obtenir plus d’informations pour comprendre les mécanismes qui expliquent les différences potentielles entre la réalité et les perceptions, tant au niveau national que local.

Méthode

Premièrement, la mobilité intergénérationnelle relative de chaque macro-région mexicaine pourra être estimée grâce à une méthode d’analyse multidimensionnelle. Plusieurs mesures des inégalités seront réalisées pour différentes périodes. Les chercheurs impliqués dans ce projet ont choisi cette approche, car il est possible que ce ne soit pas les inégalités économiques actuelles, mais d’origine qui influencent la mobilité sociale intergénérationnelle. Une fois la relation estimée, une discussion sur le mécanisme qui la sous-tend devra être développée. L’analyse empirique sera principalement basée sur l’étude « Encuesta ESRU de Movilidad Social en México 2017 » (Enquête ESRU sur la mobilité sociale au Mexique 2017).

Enfin, des travaux avec des groupes dans quatre villes aux niveaux de performance socioéconomique variés seront menés. Les chercheurs prévoient de faire des études de terrain dans au moins deux tranches de population différentes dans chacune de ces villes : une dans un groupe au niveau socioéconomique moyen-élevé et une dans un groupe au niveau socioéconomique moyen-faible. Ces travaux incluront une mesure des inégalités et de la mobilité sociale. De cette manière, les chercheurs comprendront mieux la relation entre les perceptions et les mesures objectives des variables étudiées.


 

Voir le pitch d'Alice Krozer, chercheuse au Colegio de México

 

Résultats
Enseignements
16/11/2018
Project start date
15/04/2020
Project end date
1 an et 5 mois
Duration of the program
Mexique
location
164 236
amount of the program

Contact : 

Anda David, chargée de recherche, AFD.