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Pour sa troisième édition, l’AFD Digital Challenge a récompensé cinq entreprises mettant les innovations numériques au service des femmes africaines. Parmi les projets lauréats, des applications au service de l'éducation développées au Nigéria, une plateforme en ligne kenyane de partage d'informations entre commerçantes transfrontalières ou encore des couveuses connectées au Cameroun.

Sur le continent africain, les femmes sont 21,9 % à être connectées et à utiliser Internet, contre 28,9 % des hommes. Elles ne représentent également que 23,7 % des parlementaires en Afrique subsaharienne, 18,7 % en Afrique du Nord. Ces deux exemples montrent que l’égalité entre les femmes et les hommes est encore loin d’être atteinte. Dans tous les domaines – l’emploi, l’éducation, la santé, la gouvernance – les femmes sont discriminées, en Afrique comme ailleurs. Pourtant, leur rôle est reconnu comme un moteur de développement puissant et durable. Parce que le numérique a un impact démultiplié dans de nombreux secteurs clés pour le développement (écologie, énergie, éducation, banque, gouvernance), il peut être mis au service du développement du continent africain, et particulièrement de la lutte pour l'égalité hommes-femmes.

Identifier, valoriser et accélérer les projets de jeunes entreprises innovantes en faveur du développement en Afrique

C’est pourquoi l’AFD a souhaité soutenir et encourager les solutions imaginées en faveur des femmes en Afrique. En utilisant le numérique comme levier de développement, ces initiatives répondent au besoin d’inclusion des femmes dans la société et dans l’économie, ainsi qu’aux enjeux de réduction des inégalités de genre.

En accompagnant des start-up emblématiques des écosystèmes numériques africains, l’AFD remplit sa mission de développement au service de l’innovation, à l’heure du numérique.

Rémy Rioux, directeur général de l'AFD

Parmi les 300 candidatures reçues, quinze d’entre elles ont été préselectionnées par les experts de l’AFD au regard de leur pertinence, de leur durabilité et de leurs impacts sur le développement. Un jury final composé de six professionnels du numérique a fini par trancher et a récompensé cinq vainqueurs.

AFD Digital Challenge 2019 - les cinq lauréats
AFD Digital Challenge 2019 - Les cinq lauréats © Alain Goulard / AFD


Chacune des cinq start-up lauréates bénéficie d’un prix financier mais aussi d’un accompagnement d’un an pour accélérer son projet. Elles seront suivies par un incubateur externe sélectionné suite à un appel d’offres.

Prix réussite : deux start-up lauréates (50 000 euros chacune)

  • Sauti Africa - Kenya
Mary Rowlatt, l'une des fondatrices de Sauti Africa
Mary Rowlatt, Présidente directrice générale de Sauti Africa © Alain Goulard / AFD


Fondée par Julia Lipowiecka et Lance Hadley, Sauti Africa est une plateforme mobile qui donne aux femmes commerçantes transfrontalières les informations nécessaires pour faire des échanges de manière sûre, légale et rentable dans toute l’Afrique de l’Est.

Les échanges commerciaux transfrontaliers de petite échelle sont au cœur de l’activité d’environ 16 millions de personnes dans la région et représentent près de 2 milliards de dollars par an. Faciliter les échanges de ces commerçantes, c’est garantir la sécurité alimentaire de leurs enfants, sécuriser les emplois et lutter contre la pauvreté.

  • Direxiona - Égypte
Nayrouz Talaat, fondatrice de Direxiona
Nayrouz Talaat, fondatrice de Direxiona © Alain Goulard / AFD


Apprendre à conduire en Égypte n’est pas simple au vu de la densité du trafic et de l’apparente absence de règles. C’est encore plus difficile pour les femmes : en s’enfermant dans l’habitacle d’une voiture avec un moniteur, elles s’exposent à des risques de harcèlement et d’agression sexuelle. Leur accès à l’autonomie est donc limité.

Fondée par Nayrouz Talaat, journaliste économique et diplômée en entrepreneuriat, Direxiona est une plateforme qui met en contact des femmes qui souhaitent apprendre à conduire avec des monitrices de conduite. Depuis sa création en 2016, elle a permis à plus de 150 femmes d’apprendre à conduire et de dépasser leur peur de prendre le volant. Plus de 10 000 séances de conduite ont déjà eu lieu. L’objectif : atteindre les 50 000 séances de conduite d’ici fin 2019.

Prix initiative : deux start-up lauréates (15 000 euros chacune)

  • Zenafri  - Nigeria

Digital Challenge, Elizabeth Kperrun, DR
Elizabeth Kperrun, fondatrice de Zenafri © DR


Diplômée en communication, en gestion des affaires et en entrepreneuriat, Elizabeth Kperrun est à l’origine de Zenafri, entreprise qu’elle dirige aujourd’hui. Le projet qu'elle porte est le résultat d’un constat simple : l’éducation est la clé pour que les jeunes filles puissent prendre des décisions éclairées dans toutes les situations. C'est pourquoi Zenafri a été pensée comme une entreprise de développement de jeux et d’applications à vocation éducationnelle pour les enfants et les jeunes femmes africaines.

Trois jeux éducatifs ont été développés depuis 2015 : AfroTalez, First Words et Teseem visent l’apprentissage des langues africaines et présentent les contes traditionnels africains. Les apprentissages scolaires – souvent en anglais – sont mieux acquis par la suite quand la langue maternelle est bien maîtrisée. Une série animée interactive et un jeu ont été développés plus spécifiquement pour les jeunes filles.

  • Agence universitaire pour l’innovation – Cameroun
Serge Armel Njdidjou, fondateur de l'Agence universitaire pour l'innovation
Serge Armel Njdidjou, fondateur de l'Agence universitaire pour l'innovation © Alain Goulard / AFD


Au Cameroun, comme dans les pays à faibles revenus, chaque année, 15 % des nouveau-nés meurent pour cause de prématurité. Une des raisons : le manque de disponibilité des couveuses. Au Cameroun, on compte moins de 100 couveuses pour plus de 7 000 établissements de santé.

L’Agence universitaire pour l’innovation, association d’ingénieurs et d’universitaires, a pris le problème à bras-le-corps : elle propose de produire une couveuse néonatale connectée. Adossée à un système numérique, elle dispose d’un système intégré de photothérapie, de capteurs et d’une caméra. Les informations médicales de suivi sont disponibles en temps réel via une application mobile pour les médecins qui peuvent aussi régler la couveuse à distance. Les médecins peuvent aussi savoir si des couveuses sont disponibles. Cela améliore nettement le suivi des bébés. Conçue et fabriquée au Cameroun, la couveuse de l’AUI sera moins chère et disposera d’une garantie constructeur de deux ans et d’un service technique dans le pays.

 

Prix du jury : une start-up lauréate (20 000 euros)

  • Lenali - Mali
Mamadou Sidibe, fondateur de Lenali
Abdallah Salihou Konta, directeur général de Lenali © Alain Goulard / AFD


Seuls 10 % de la population malienne est connectée aux réseaux sociaux. Une fracture numérique importante dans un pays où les technologies mobiles sont pourtant de plus en plus accessibles. La vraie explication ? 60 % de la population malienne est analphabète et n’a pas accès aux réseaux puisqu’il faut savoir lire pour s’en servir. C’est pourquoi l’entreprise de développement numérique Lenali a développé une plateforme de formation en ligne, MussoDèmè.

Son interface facile d’utilisation est accessible à un large public grâce à des guides vocaux disponibles dans plusieurs langues africaines. Elle intègre des ressources permettant aux femmes d’acquérir des savoirs pour accéder aux actifs économiques, développer leur activité et s'assurer une reconnaissance formelle. Conçu par Mamadou Sidibe, ingénieur réseaux et systèmes et développeur Android, le projet prévoit également, à terme, de rendre la plateforme accessible avec et sans Internet.

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