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Pour contenir l'expansion de la pêche industrielle, le port autonome de Pointe-Noire, au sud de la République du Congo, lance un programme d'aménagement soutenu par l’AFD et l’Union européenne. Son objectif ? Une gestion plus durable des ressources qui profite à tous.

Porte océane de l’Afrique centrale, le port autonome de Pointe-Noire (PAPN), à l’extrême-sud de la République du Congo, constitue aujourd’hui une véritable plaque tournante des échanges intercontinentaux, notamment entre la RDC, l’Angola et le Gabon voisins. Il est également le principal point de débarquement des produits halieutiques pêchés dans les eaux de la zone de pêche congolaise.

Bien que relativement limitée, celle-ci offre des conditions océanographiques ayant permis, historiquement, le développement de la pêche artisanale, et plus récemment, l’expansion de la pêche industrielle. En dépit des recommandations scientifiques établies par le COPACE (Comité des pêches pour l'Atlantique centre-est), cette dernière connaît désormais une augmentation extrêmement rapide. En décembre 2017, 110 navires opérant sur une zone de pêche relativement limitée étaient recensés, contre 60 en 2015.

La durabilité des ressources en péril

L’intensification récente de l’effort de pêche industrielle pose d’ores et déjà de nombreux défis. Tout d’abord, elle entre en concurrence directe avec l’activité des 448 pirogues constituant la flotte artisanale congolaise. Si celle-ci bénéficie, sur le papier, d’une zone de pêche réservée, ces limites sont régulièrement franchies par la flotte industrielle, faute de mécanismes de contrôle et de surveillance suffisamment aboutis.

Or, la filière halieutique congolaise joue un rôle important dans l’approvisionnement alimentaire de la population. L’essentiel des captures est vendu sur le marché national, principalement dans les agglomérations de Pointe-Noire et de Brazzaville. L’augmentation des captures  par la filière industrielle, leur congélation et leur conditionnement à des fins d’export, principalement vers la Chine, font donc peser un véritable risque sur la sécurité alimentaire des habitants du pays.

Un risque de disparition de certaines espèces

En 2011, l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER), missionné par les autorités congolaises soulignait  déjà le risque d’un épuisement rapide des stocks dans les eaux du Congo et appelait à une stricte maîtrise de l’effort de pêche. Aux effets sociaux et économiques sur la population congolaise, dont l’approvisionnement en poisson est aujourd’hui menacé, s’ajoutent donc les dommages collatéraux potentiellement irréversibles sur la biodiversité. Sans oublier le fait que l’espace réservé au débarquement de la pêche industrielle, qui se trouve au sein du PAPN, n’est actuellement pas adapté à l’activité en termes de capacité d’accueil, de salubrité et n’offre que peu de services à ses usagers.

 

pêche artinsanale au congo afd
© AFD

 

Ces risques sociaux, économiques et environnementaux rendaient urgente la mise en place d’un mode de gestion plus durable des ressources halieutiques du Congo, qui permettrait non seulement d’assurer la pérennité des stocks et la sécurité alimentaire des populations locales mais aussi le respect des obligations internationales du pays en matière de suivi de l’activité de pêche. C’est tout l’objectif des deux conventions signées le 15 mai 2019 entre l’AFD et, respectivement le ministre des Finances et du Budget de la République du Congo et le directeur général du port autonome de Pointe-Noire.

Quelles solutions ?

Octroyées par l’Union européenne et déléguées à l’AFD, ces subventions, d’un montant total de 29,3 millions d’euros, viennent compléter un financement octroyé par l’AFD en faveur du PAPN à hauteur de 70 millions d’euros qui vise en priorité la modernisation des infrastructures portuaires commerciales du PAPN. Concrètement, les fonds délégués par l’UE seront alloués  à la construction du nouveau port de pêche industrielle et d’un ouvrage de protection de la zone de débarquement de la pêche artisanale.

Les travaux devraient débuter dès le deuxième semestre 2020. Parallèlement, une série d’appuis sera fournie au ministère en charge de la pêche pour la mise en place d’un système satisfaisant.de suivi contrôle surveillance de l’activité de pêche. Enfin, une fraction de la subvention devrait également permettre une mise en conformité du PAPN aux standards internationaux, principalement en matière de gestion des déchets, des matières dangereuses et des pollutions aux hydrocarbure.

« C’est d’abord à la pêche artisanale et aux populations locales que devrait bénéficier ce programme  » explique Hélène Gobert, responsable équipe projet – océan, pêche & aquaculture à l’AFD. « À terme, la maitrise de l’effort de pêche et un bon dispositif de suivi-contrôle-surveillance garantissent le non-épuisement des ressources, la préservation de tout un pan de l’économie locale et de la sécurité alimentaire des habitants du Congo. »

 

Cette publication n’engage que l’AFD ; elle n’engage pas la responsabilité de l’Union européenne.
Cette publication n’engage que l’AFD ; elle n’engage pas la responsabilité de l’Union européenne.

 

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