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Depuis février 2016, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française sont éligibles à la Facilité de financement des collectivités territoriales françaises (FICOL) de l’AFD. Cet outil a notamment permis à la Nouvelle-Calédonie de développer ses actions de coopération régionales, essentiellement centrées sur son plus proche voisin, le Vanuatu. Explications avec Philippe Renault, directeur régional de l’AFD pour la région Pacifique.
Philippe Renault, directeur régional de l’AFD pour la région Pacifique
© Marc Le Chélard / AFD

Quel est l’intérêt de la FICOL ? 

La FICOL est un instrument de coopération à la disposition des collectivités françaises. Elle représente un véritable tremplin pour leur rayonnement et le développement de leur action extérieure. Elle permet aujourd’hui de soutenir jusqu’à hauteur d’1,5 million d'euros un projet de coopération décentralisée entre une collectivité française et une collectivité d’un pays étranger dans divers domaines : santé, éducation, lutte contre le changement climatique, etc.

La FICOL est très appréciée par les collectivités françaises et de plus en plus utilisée dans la région Pacifique. Elle joue un rôle central pour tisser ou renforcer des liens durables de proximité entre des collectivités de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et les pays du Pacifique.

L’initiative du projet revient totalement à la collectivité française qui présente un projet à l’AFD, en collaboration avec son homologue. En ne finançant qu’un maximum de 70 % du projet, l'AFD invite les collectivités partenaires à contribuer en ressources financières ou humaines. 

La FICOL permet en outre de mobiliser et de projeter l’expertise française, qui assure souvent un rôle de maîtrise d’ouvrage déléguée ou d’opérateur sur ces projets. L’AFD participe ainsi à l’influence économique française.

Quels sont les projets financés par la FICOL au Vanuatu

Trois FICOL, chacune de 700 000 euros, ont été allouées depuis 2016 à des projets soutenus par des collectivités de Nouvelle-Calédonie. La première est portée par les gouvernements de Nouvelle-Calédonie et du Vanuatu pour la création de l’Université nationale bilingue du Vanuatu. Elle est financée à 60 % par l’AFD et devrait ouvrir ses portes en 2020.

La seconde est initiée par les mairies de Dumbéa en Nouvelle-Calédonie et de Port-Vila au Vanuatu. Elle finance la création d’un Relais de la francophonie et d’un d’habitat collectif durable à Port-Vila, avec l’appui de la Société immobilière de Calédonie (SIC). Les travaux ont officiellement commencé en mars dernier.

La troisième a pour objectif la sécurisation de l’aéroport international de Port-Vila à travers l’extension de la caserne des pompiers de l’aéroport et l’installation de panneaux photovoltaïques. 

Une FICOL a également été accordée en Polynésie française pour le renforcement des capacités du ministère de la Santé fidjien par l’Institut Malardé dans le diagnostic, la surveillance et la recherche sur les arboviroses. Enfin, d’autres projets sont en préparation pour cette année dont un de renforcement de capacités en santé publique via le financement d’une plateforme en biologie pour l’enseignement, la recherche et la santé publique au sein de l’Université nationale au Vanuatu, projet qui serait portée par la Nouvelle-Calédonie et animée par l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie.

Pourquoi promouvoir des FICOL au Vanuatu et plus largement dans le Pacifique

Le Vanuatu reste un PMA du Pacifique dans lequel l’AFD dispose d’un mandat historique et général. Ce pays est très sensible aux effets du changement climatique et le passage du cyclone Pam en 2015 a été à l’origine d’une perte de 64 % de son PIB. Malgré sa proximité géographique, culturelle, linguistique avec la France et ses liens économiques avec la Nouvelle-Calédonie, la FICOL reste aujourd’hui le seul outil disponible pour répondre aux besoins du Vanuatu et l’accompagner dans ses défis.

Très prochainement, la mise en place de l’Initiative Pacifique pour l’adaptation au changement climatique et la biodiversité, voulue par le président de la République et qui sera cofinancée par l’AFD, l’Union européenne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, permettra de financer d’autres interventions dans les pays du Pacifique. 

Depuis la création de la direction régionale océan Pacifique à l’AFD en 2018, faisant écho à l’élargissement du mandat dans le Pacifique et la mise en place de l’initiative Pacifique, l’AFD est la tête de pont de la politique française de développement dans la région. Elle y est très attendue et la FICOL participe pleinement au déploiement des interventions. Nous comptons beaucoup sur le développement de nouveaux projets dans les prochaines années afin de tisser un réseau de relations entre les collectivités françaises du Pacifique, les acteurs français et les pays étrangers insulaires en développement.

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