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Evaluer les risques et opportunités macro-économiques face à la dégradation de la nature : un portail internet en libre-accès
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Date de début du projet
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2025État
En cours
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Date de fin du projet
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2028
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Montant du financement AFD
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465 000
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Pays et Région
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Localisation
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150 pays, avec des cas d'études en Afrique du Sud, en Tanzanie et en Arménie
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Partenaires
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Programme de recherche
L’AFD développe un portail internet évaluant, pour 150 pays, leur exposition aux risques socio-économiques découlant de l’actuelle dégradation de la nature et révélant les opportunités d’intervention associées. Cet outil, qui sera en libre accès, pourra éclairer les décideurs publics et les institutions financières sur les enjeux de transition résiliente, et faciliter le dialogue entre acteurs institutionnels environnementaux et économiques.
Contexte
Les activités humaines accélèrent la perte de biodiversité à un rythme sans précédent : selon l’IPBES, un million d’espèces sont menacées d’extinction et de vastes portions des écosystèmes ont été altérées. À mesure que les écosystèmes se dégradent, les services essentiels qu’ils produisent – production de nourriture, épuration des eaux, régulation du climat, etc. – diminuent. Comme pour le changement climatique, cela se répercute sur la stabilité macro-économique en générant des risques socio-économiques et financiers systémiques, soit physiques, soit de transition.
Bien que complexe, l’évaluation de ces risques est cruciale pour une stabilité socio-économique durable. Elle a progressé au cours des dernières années : l’AFD, par exemple, a développé plusieurs méthodologies pour mesurer l’exposition des économies aux risques socio-économiques et financiers liés à la perte de biodiversité (voir « Pour aller plus loin »). Par ailleurs, les opportunités associées à la préservation de la biodiversité sont, à l’inverse des risques, bien moins documentées, ce qui nécessite de poursuivre les recherches.
Objectif
Constatant un grand intérêt de la communauté internationale pour ses travaux, l’AFD a décidé de compléter ses publications par l’élaboration d’un portail internet en libre accès.
Financé par la Facilité 2050, ce portail permettra aux utilisateurs de générer des résultats par type d’exposition, pour 150 pays où les données sont disponibles. L’ambition : contribuer à une meilleure prise en compte des impacts et dépendances (par secteur économique et par service écosystémique) des risques physiques et de transition liés à la dégradation de la nature, ainsi que des opportunités pendantes associées.
Ce portail – qui permettra d’évaluer à l’échelle de chaque pays les conséquences de la dégradation de la nature sur la fiscalité, l’économie et la protection sociale – pourra notamment être utile :
- Aux banques centrales, pour identifier les secteurs économiques les plus exposés aux perturbations dues à la dégradation de la biodiversité, et pour anticiper les politiques prudentielles nécessaires liées aux risques de transition ;
- Aux ministères des Finances, pour localiser les secteurs économiques où la perte de biodiversité pourrait affecter le PIB, l’emploi ou la fiscalité, ainsi que les secteurs économiques plus résilients vis-à-vis de la nature, et afin d’identifier les impacts économiques et budgétaires des politiques de transition écologique ;
- Aux agences publiques en charge de la biodiversité, pour identifier les services écosystémiques critiques pour maintenir la résilience socio-économique et écologique, et pour cibler les politiques de conservation en disposant d’arguments socio-économiques ;
- Au secteur privé, pour anticiper les perturbations de la chaîne d’approvisionnement dues à la dégradation des écosystèmes, pour évaluer l’impact des nouvelles normes environnementales et pour innover afin de les respecter ;
- Aux banques commerciales/private equity, pour cartographier les investissements les plus exposés aux risques environnementaux et réorienter les portefeuilles vers des actifs résilients, tout en identifiant les opportunités d’investissement dans des entreprises innovantes alignées sur les objectifs de durabilité.
Méthode et résultats attendus
Le projet se déroulera en trois temps :
1. Développement d’un prototype sur les risques liés à la dégradation de la nature
S’appuyant sur l’expérience historique de l’AFD en matière d’évaluation socio-économique des risques, et sur ses nombreuses coopérations internationales à ce sujet, un premier prototype de portail d’analyse des risques physiques et de transition liés à la dégradation de la nature sera proposé aux partenaires, afin de le consolider et l’améliorer par leurs retours d’expérience. Parmi les partenaires, trois pays et trois types d’acteurs économiques : la DBSA (Afrique du Sud), une banque publique de développement ; la Bank of Tanzania, une banque centrale ; et le département de la Politique macro-économique du ministère des Finances d’Arménie, un acteur gouvernemental chargé d’éclairer la politique macroéconomique d’un pays.
2. Ajout d’un module sur les opportunités liées à la préservation de la nature
Un nouveau module sera spécifiquement développé et ajouté afin de permettre aux partenaires d’analyser les opportunités liées à la préservation de la nature, autour de deux grands axes de réflexion :
- Quelles sont les activités économiques qui contribuent fortement aux grands agrégats macro-économiques d’un pays et qui dépendent de services écosystémiques en bon état, état qu’il peut être utile de préserver ?
- Quelles sont les activités économiques qui jouent également un rôle socio-économique important dans un pays et qui exercent de faibles pressions sur la dégradation de la nature, activités qu’il peut être intéressant de privilégier pour une transition résiliente ?
3. Mise en ligne d’une version ouverte et gratuite du portail
Une version ouverte et gratuite du portail internet sera mise en ligne sur le site de l’AFD, où il sera accessible à tout utilisateur désireux d’évaluer les risques et opportunités liés à la nature dans un pays donné, parmi la liste de 150 pays couverts. Les utilisateurs pourront filtrer les résultats sur certaines variables, faire varier les seuils de criticité, télécharger les résultats des calculs ou encore générer des graphiques.
Ces données pourront éclairer les actions visant à mieux prendre en compte la biodiversité dans les politiques publiques et la réduction des subventions néfastes à la biodiversité (objectifs 14 et 18 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal). Elles pourront aussi contribuer indirectement à réduire les pressions sur la biodiversité et à créer des opportunités de croissance durable (objectifs 7, 8, 10 et 11 du Cadre).
Pour aller plus loin
- A “Silent Spring” for the Financial System? Exploring Biodiversity-Related Financial Risks in France (2021)
- Quels impacts socioéconomiques liés à la perte de biodiversité dans les scénarios de biodiversité mondiaux ? (2022)
- Socioeconomic and spatially-explicit assessment of Nature-related risks: the case of South Africa (2023)
- Assessing economic exposure to nature-related risks (2025)
- Biodiversité, macroéconomie et risque souverain (2026)
Contacts
- Constance Gires, coordinatrice du projet
- Antoine Godin, responsable de la cellule de modélisation macroéconomique à l'AFD
- Julien Calas, chargé de recherche à l'AFD
- Paul Hadji-Lazaro, chargé de recherche à l'AFD