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Kenya : 68 hectares de forêt restaurés avec l'appui de la France remis au Kenya Forest Service

S. E. Wadid Benaabou, ambassadeur de France au Kenya (au centre) aux côtés d'agents du Kenya Forest Service et de partenaires du projet lors de la remise de forêt restaurée à Dundori, le 30 septembre - France in Kenya

Le 30 septembre, le Green Belt Movement (GBM) a remis au Kenya Forest Service (KFS), l'agence kényane des forêts, 68 hectares de terres forestières restaurées dans la forêt de Dundori. Cette remise s'inscrit dans la deuxième phase du projet de reboisement de la Mau, soutenu par la France à travers l'Agence française de développement (AFD). Le projet a permis de restaurer plus de 400 hectares de forêt dégradée à Dundori, North Nandi et Tinderet. À Dundori, il a offert de nouvelles sources de revenus à plus de 1 000 ménages vivant aux abords de la forêt, tout en renforçant la protection du bassin versant, la conservation des sols, la biodiversité et la résilience climatique.

Cette remise marque une étape importante dans la restauration du bassin versant de la Mau. Elle montre ce que les institutions publiques, les partenaires au développement, la société civile et les communautés peuvent accomplir ensemble pour redonner vie aux forêts du Kenya.

Pour le GBM, la plus grande réussite ne se mesure ni en hectares restaurés ni en plants mis en terre, mais au rôle croissant des communautés dans la préservation de la forêt. De la préparation des terrains à la plantation, de l'entretien des jeunes plants à la protection de la forêt, les communautés ont été au cœur de la démarche.

« Une forêt se restaure autant grâce aux femmes et aux hommes que grâce aux arbres. Les communautés qui vivent autour de nos forêts savent ce que valent ces écosystèmes, car leur vie et leurs moyens de subsistance en dépendent directement. Lorsqu'on leur donne une vraie place, elles n'apportent pas seulement leur travail, mais aussi leurs savoirs, leur engagement et le sentiment que cette forêt leur appartient », a déclaré Joshua Nzola, directeur exécutif par intérim du Green Belt Movement.

Il a souligné que la restauration ne pouvait se limiter à des campagnes de plantation : elle doit accompagner l'enracinement des arbres, leur survie, leur protection et la gestion durable des forêts sur le long terme.

Un partenariat au service d'une restauration portée par les communautés

S. E. M. Wadid Benaabou, ambassadeur de France au Kenya, a assisté à la cérémonie de remise. Le projet est financé par l'AFD au moyen d'une subvention de 1,3 million d'euros sur cinq ans.

« À travers ce projet, la France réaffirme son engagement de long terme en faveur de la protection des forêts du Kenya et de l'autonomisation des communautés locales, en majorité des femmes, dont le travail et le dévouement ont rendu cette restauration possible. Faire pousser des arbres, c'est préserver des écosystèmes essentiels, mais c'est aussi garantir la sécurité alimentaire et l'accès à l'eau, fournir de l'énergie, renforcer la résilience et créer des revenus pour les communautés. La France continuera d'accompagner les autorités, la société civile et la population kényanes dans leurs efforts pour mieux préserver la biodiversité », a déclaré l'ambassadeur.

« L'AFD accompagne le Green Belt Movement dans la protection et la restauration des forêts kényanes depuis 2005. Les communautés locales et leurs moyens de subsistance sont au cœur de ce partenariat : la protection de l'écosystème de la forêt de Mau a permis de diversifier les revenus des 1 200 ménages qui vivent à ses abords, grâce à la culture d'arbres et à des usages alternatifs et durables des ressources forestières », a indiqué Anne-Gaël Chapuis, directrice de l'agence AFD au Kenya.

Le GBM a remercié l'AFD pour son soutien constant à la restauration des forêts et des paysages fondée sur les communautés. Ce soutien a permis aux habitants de participer activement à la restauration de leurs forêts, contribuant ainsi à protéger des bassins versants essentiels et à renforcer la résilience face au changement climatique.

Le GBM a également remercié le Kenya Forest Service pour son partenariat et son rôle de chef de file institutionnel. Cette collaboration réunit le mandat légal et l'expertise technique du KFS, le savoir-faire du GBM en matière de mobilisation communautaire et de restauration des paysages, ainsi que l'engagement des associations forestières communautaires et des populations locales.

Une restauration pensée sur le long terme

Cette remise s'inscrit dans le cadre d'adoption des sites forestiers établi par le GBM et le KFS (Forest Site Adoption Framework), un parcours de restauration sur trois ans. Elle prolonge la première phase du soutien de l'AFD, au cours de laquelle le GBM a réhabilité environ 2 000 hectares dans le bassin versant des Aberdares, en lien avec les communautés, afin de protéger une zone de captage d'eau essentielle. Les enseignements tirés de cette expérience ont guidé l'extension de la restauration communautaire au bassin versant de la Mau.

« Si nous voulons que l'objectif de 15 milliards d'arbres soit plus qu'un chiffre national, nous devons investir dans celles et ceux qui prendront soin de ces arbres une fois les caméras parties et les cérémonies de plantation terminées. Les communautés doivent être accompagnées pour devenir les gardiennes durables des paysages restaurés. C'est la leçon de Dundori, et c'est une leçon que nous devrions appliquer à chaque initiative de restauration au Kenya », a conclu Joshua Nzola.

Le Green Belt Movement a réaffirmé sa volonté de poursuivre son action aux côtés du KFS, de l'AFD, des associations forestières communautaires, des populations locales et de ses autres partenaires, afin d'étendre les efforts de restauration et de consolider les dispositifs qui garantiront la protection des forêts restaurées pour les générations futures.

À propos du Green Belt Movement

Le Green Belt Movement (GBM) a été fondé en 1977 par la professeure Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la paix, sous l'égide du Conseil national des femmes du Kenya. Depuis près de cinquante ans, le GBM aide les communautés, en particulier les femmes, à préserver l'environnement et à améliorer leurs conditions de vie. Son action associe conservation de l'environnement, autonomisation des communautés, résilience climatique, moyens de subsistance durables et plaidoyer, en faisant de la plantation d'arbres un point de départ pour une mobilisation collective plus large. Le GBM poursuit son travail aux côtés des communautés à travers tout le Kenya pour restaurer les écosystèmes, protéger les bassins versants et renforcer la gestion locale des ressources naturelles.