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Des femmes et communautés portent des solutions face au changement climatique pour une transition juste au Mexique

Publié le

© César Nieto / AFD

• La Semarnat, l’AFD, ONU Femmes et le PNUD ont réuni des représentantes de communautés, des institutions, du monde universitaire et de la société civile afin d’élaborer des propositions d’action climatique ancrées dans les territoires
• Une participation accrue des femmes aux processus décisionnels, l’accès aux financements climatiques et la prévention des violences basées sur le genre figurent parmi les priorités pour une transition fondée sur l’égalité et la justice territoriale.

Le Ministère de l’Environnement et Ressources naturelles du Mexique (Semarnat), en coordination avec l’Agence française de développement (AFD), ONU Femmes, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et México por el Clima, ont réuni des femmes leaders de communautés, des représentants d’institutions publiques, d’organisations de la société civile, du monde universitaire, d’organisations internationales et d’acteurs économiques à l’occasion de l’événement « Femmes, climat et territoires : dialogues pour une transition juste au Mexique ».

 

Organisé au siège de la Semarnat, dans le cadre de la Semaine d’action pour le climat et la nature, ce dialogue a permis de transformer les expériences des communautés en propositions concrètes pour faire face au changement climatique, dans une perspective d’égalité femmes-hommes et de justice territoriale.

 

Lors de son intervention, Norma Munguía Aldaraca, directrice générale des Politiques d’Action climatique de la Semarnat, a souligné que l’intégration des enjeux de genre et des droits humains dans les politiques climatiques suppose de donner aux femmes et à leurs communautés une véritable place dans les processus décisionnels. « Le défi ne consiste pas seulement à écouter les voix des territoires, mais à faire en sorte que ces voix trouvent leur place dans les décisions, les instruments de politique publique et les actions mises en œuvre. » 

 

Elle a rappelé que le gouvernement mexicain promeut une politique environnementale féministe, écologique et humaniste, et que le Plan stratégique sur le Genre, les Droits humains et le Changement climatique vise à placer les inégalités et les besoins des femmes ainsi que d’autres populations prioritaires au cœur de l’action climatique.

 

De son côté, Delphine Borione, ambassadrice de France au Mexique, a affirmé que les savoirs des femmes et de leurs communautés sont indispensables pour orienter les décisions publiques et construire une politique climatique répondant aux besoins des territoires. « Les femmes sont en première ligne face au changement climatique, en raison de leur travail à la campagne, de leurs luttes pour la protection de l’environnement et de leur rôle essentiel au sein des communautés. Il est donc indispensable d’associer les femmes à nos projets en matière d’action climatique. » 

 

Elle a souligné que la coopération entre la France et le Mexique, à travers l’AFD, contribue à l’intégration de la dimension de genre dans le Plan national d’Adaptation et à une transition énergétique juste qui élargisse les perspectives offertes aux femmes.

 

Eleonora Betancur González, représentante d’ONU Femmes au Mexique, a également insisté sur la nécessité de placer les droits et le leadership des femmes au cœur des réponses au changement climatique. « À ONU Femmes, nous sommes convaincues qu’une transition ne peut être véritablement juste si l’égalité femmes-hommes, les droits et le leadership des femmes ne sont pas placés au centre. »

 

Elle a souligné que les femmes subissent les effets du changement climatique de manière différenciée et que, parallèlement, « au sein de leurs communautés et de leurs territoires, elles produisent des connaissances, contribuent au maintien de la vie, défendent les ressources naturelles et portent des solutions ».

 

Silvia Morimoto, représentante résidente du PNUD au Mexique, a quant à elle mis en avant l’importance de traduire les connaissances et les solutions issues des territoires en politiques publiques. « Une action climatique intégrant la dimension de genre ne se limite pas à reconnaître les effets différenciés du changement climatique. Elle cherche également à transformer les inégalités qui les aggravent. Pour cela, il est essentiel de reconnaître les femmes comme des actrices du changement et de veiller à ce que les connaissances et les solutions issues des territoires se traduisent par des politiques publiques et des réponses institutionnelles plus inclusives et plus efficaces. »

 

De son côté, Alexia Levesque, directrice régionale de l’AFD pour le Mexique, Cuba et l’Amérique centrale, a souligné la valeur de la coopération pour renforcer les capacités et les leaderships locaux. « Le Mexique dispose d’expériences, de leaderships et de savoirs territoriaux qui ouvrent de nouvelles voies pour répondre de manière plus juste aux défis climatiques. À l’AFD, nous souhaitons nous inscrire dans cette dynamique en créant des liens entre les acteurs, les expériences et les apprentissages du Mexique et de la France. Ce dialogue illustre la valeur d’une coopération construite ensemble, qui reconnaît que les solutions naissent aussi des territoires et s’y renforcent. »

 

Tout au long de la journée, les participantes et participants ont partagé le constat que le changement climatique n’affecte pas toutes les personnes ni tous les territoires de la même manière. Ses conséquences sont étroitement liées à des facteurs tels que le genre, les conditions socio-économiques et l’accès aux ressources, aux services et aux espaces de décision. Les réponses doivent donc tenir compte des besoins et des capacités propres à chaque communauté.

 

Les expériences des femmes rurales et autochtones, des défenseuses de l’environnement, des dirigeantes communautaires et des organisations territoriales ont montré combien il est essentiel d’intégrer leurs savoirs et leurs modes d’organisation dans l’élaboration des solutions. L’adaptation et la résilience, la gestion des ressources naturelles, la transition énergétique, l’agriculture durable, le financement climatique ainsi que l’organisation des activités de soin et d’accompagnement (care) ont figuré parmi les thèmes abordés.

 

À travers des ateliers participatifs, les participantes et participants ont transformé les expériences et les défis partagés en propositions d’action, en outils et en stratégies de coordination. Parmi les priorités identifiées figurent la prévention et la prise en charge des inégalités et des violences basées sur le genre liées aux effets du changement climatique, une participation accrue des femmes aux instances de gouvernance ainsi que l’amélioration des conditions d’accès aux ressources et aux opportunités associées à la transition.

 

Ces contributions permettront de renforcer les réponses institutionnelles et la mise en œuvre du Plan stratégique sur le Genre, les Droits humains et le Changement climatique (PEGDHCC), grâce à l’intégration des connaissances et des propositions issues des communautés.

 

En cette année du bicentenaire des relations diplomatiques entre la France et le Mexique, cette rencontre a également permis d’inscrire cette relation historique dans une perspective d’avenir, autour d’un agenda commun en faveur de l’égalité, des droits humains et de l’action climatique.