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Comment l’AFD accompagne la sortie de la dépendance aux énergies fossiles ?
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Face à la volatilité des prix de l’énergie et aux tensions d'approvisionnement, la dépendance aux énergies fossiles apparaît plus que jamais comme une fragilité. Pour y répondre, l’AFD accompagne ses partenaires dans la construction de systèmes énergétiques propres, plus robustes et moins exposés aux chocs extérieurs.
Les crises actuelles rappellent à quel point la dépendance aux énergies fossiles peut fragiliser les pays, en particulier lorsque l’approvisionnement repose sur quelques routes maritimes, des capacités de raffinage extérieures ou des marchés très volatils. Au-delà de l’enjeu climatique, elle expose les économies aux hausses de prix, fragilise les finances publiques et pèse sur la vie quotidienne, en particulier dans les pays importateurs aux marges budgétaires limitées.
« Réduire la dépendance aux énergies fossiles n’est pas seulement un impératif climatique, c’est un choix stratégique. C’est une manière de renforcer à la fois la sécurité énergétique, la résilience économique et la souveraineté des pays. Pour y parvenir, il faut agir sur trois fronts : mieux maîtriser la consommation, développer une énergie moins carbonée et rendre les réseaux plus robustes », souligne Nicolas Guichard, responsable de la division Énergie de l’AFD.
Produire une énergie plus propre
L’un des leviers majeurs, c’est bien sûr le développement des énergies renouvelables. Solaire, hydroélectricité, éolien, géothermie : ces solutions permettent de produire localement une électricité moins carbonée et de réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés.
Dans de nombreux pays, cet enjeu est décisif. Développer une offre énergétique plus propre, c’est à la fois préparer l’avenir et répondre à des besoins immédiats. L’AFD finance ainsi des projets qui augmentent la part d’électricité bas-carbone dans le mix énergétique, en tenant compte des réalités locales et des priorités des pays.
En Côte d’Ivoire, le programme Wasuna illustre bien cette logique. Signé le 2 avril dernier, il combine la réhabilitation de six ouvrages hydroélectriques, la construction de deux centrales solaires et l’installation de batteries. L’objectif : rendre l’électricité plus fiable et moins dépendante d’énergies fossiles devenues très coûteuses. À terme, 9 millions de personnes bénéficieront d’un accès plus sûr à l’électricité.
Moderniser les réseaux pour accueillir les renouvelables
Produire plus d’électricité renouvelable ne suffit pas : encore faut-il pouvoir l’intégrer au réseau de manière fiable, surtout lorsqu’elle est variable, comme avec l’éolien ou le solaire. « Les réseaux et le stockage sont des infrastructures stratégiques : sans eux, il n’y a pas de transition énergétique durable, parce qu’il n’y a pas de système électrique capable d’intégrer massivement les énergies renouvelables », assure Nicolas Guichard.
Au Sénégal, la pose de la première pierre de la centrale de stockage d’énergie par batteries de Diass, le 31 mars dernier, concrétise cette perspective. Cette future installation, la plus grande d’Afrique de l’Ouest, doit permettre de mieux intégrer l’énergie solaire dans le réseau national de la Senelec. Son rôle est simple : réduire les coupures, stabiliser le réseau, améliorer la qualité du service et limiter le recours à l’électricité thermique de secours.
La résilience énergétique se construit aussi à l’échelle régionale : « Les interconnexions entre plusieurs pays permettent de mutualiser les capacités de production, d’absorber les aléas et de réduire la dépendance aux importations ou à des infrastructures isolées. En accompagnant la mise en place de réseaux régionaux tels que le West African Power Pool ou le Eastern African Power Pool, l’AFD aide les États à construire une sécurité énergétique plus collective et plus robuste face aux crises », précise Nicolas Guichard.
Gaspiller moins d’énergie
Rendre les systèmes électriques plus robustes suppose aussi de consolider les opérateurs publics, les régulateurs et les cadres de gouvernance. Quand les prix des combustibles augmentent, ce sont aussi les finances des compagnies d’électricité et des États qui sont fragilisées. L’AFD accompagne ainsi des réformes visant à réduire les pertes, améliorer la soutenabilité financière du secteur et mieux protéger les ménages les plus vulnérables.
Dans un contexte de tension sur les prix de l’énergie, l’efficacité énergétique est souvent l’un des moyens les plus rapides et les moins coûteux de réduire la dépendance aux combustibles fossiles. Mieux isoler un bâtiment, moderniser des équipements, mieux piloter la consommation ou réduire les pertes sur un réseau : toutes ces actions comptent dans la transition.
Reprendre la main
Dans un contexte de crises répétées, sortir de la dépendance aux énergies fossiles, c’est aussi gagner en souveraineté, en stabilité et en capacité d’action. Remplacer une centrale par une autre ne suffit pas. Cela suppose d’agir sur plusieurs maillons à la fois : la production, le réseau, le stockage, mais aussi (et surtout) la manière de consommer l’énergie.
C’est ainsi qu’en accompagnant des projets concrets, mais aussi la transformation des systèmes énergétiques, l’AFD aide ses partenaires à construire des modèles plus propres et moins vulnérables aux crises.
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