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G7 : les membres du Dialogue de Paris fixent les priorités en matière de financement du développement
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À l'occasion de l'événement officiel de haut niveau du G7 intitulé « Plus agile, plus stratégique, plus efficace : vers une vision du G7 pour le financement du développement », qui s'est tenu à Paris le 28 avril 2026, les membres du Dialogue de Paris se sont réunis pour discuter de l'efficacité et de l'impact stratégique du financement du développement durable. Fondé en 2023, le Dialogue de Paris est une plateforme visant à promouvoir les partenariats mondiaux de développement axés sur les résultats, il rassemble les institutions internationales basées à Paris : le groupe AFD, l’AIE, la CCI, la CEB, l’OCDE, l’OIF et l’UNESCO.
Suite au recul historique de l'aide publique au développement (APD), les discussions se sont concentrées sur deux priorités complémentaires :
1) Renouveler le discours et améliorer les données sur le financement du développement
Les participants ont examiné la nécessité d’un nouveau discours et d’une amélioration des données du financement du développement pour mieux refléter les réalités et les défis actuels. Les discussions ont souligné l’importance de réaffirmer la solidarité internationale, en particulier en faveur des pays et des populations les plus vulnérables, tout en renforçant la clarté et la crédibilité des cadres de mesure existants.
S'appuyant sur les travaux en cours du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE, les participants ont reconnu d'un commun accord la nécessité de renforcer la transparence et la comparabilité des données du financement du développement. Parmi les nouvelles initiatives : un nouveau tableau de bord de l'APD pour la santé et des efforts coordonnés pour suivre le financement de la réponse aux pandémies, afin d'identifier les principales lacunes et de renforcer la résilience mondiale.
Les participants ont également appelé à une approche plus globale pour rendre compte de l'ensemble des flux financiers mobilisés en faveur du développement durable – y compris les financements publics concessionnels et non concessionnels ainsi que les financements privés mobilisés sur interventions officielles et leur impact sur la mobilisation des ressources nationales. S'appuyant sur les efforts existants, cette approche offre un moyen de mieux suivre les investissements alignés sur les biens publics mondiaux et les priorités des pays partenaires, et contribue à lever les obstacles au financement, notamment en réduisant le coût du capital. Les participants ont également souligné la nécessité d'investir dans des secteurs tels que l'éducation, la culture et les sciences et, dans cet objectif, de mettre en place des trajectoires nationales d'investissement à long terme.
2) Renforcer l'architecture financière internationale
Dans un contexte marqué par une fragmentation et une complexité croissantes, les participants ont souligné la nécessité de renforcer la cohérence et la complémentarité au sein du « système ». Il s'agit notamment d'améliorer la coordination entre les banques multilatérales de développement (BMD) et les banques publiques nationales de développement (BND) en s'appuyant sur leurs atouts respectifs, et de promouvoir une plus grande interopérabilité des normes, des procédures et des instruments financiers tout en respectant les meilleures pratiques internationales. Dans ce contexte, le sommet Finance in Common (FiCS) a été reconnu comme une plateforme institutionnelle essentielle pour cette coordination.
Les participants ont par ailleurs mis en avant le rôle des plateformes pilotées par les pays pour aligner les financements publics et privés sur les priorités nationales, ainsi que la nécessité d’intensifier la mobilisation des financements privés, notamment par le biais de garanties et de mécanismes de partage des risques. Ces approches visent à maximiser l’impact sur le développement, à réduire la fragmentation et à renforcer l’appropriation par les pays. Ces principes sous-tendent également le programme de financement de l’éducation du Comité directeur de haut niveau de l’ODD 4 et sont au cœur des « Voies de financement durable de l’éducation » élaborées par le Partenariat mondial pour l’éducation, l’Unesco et leurs partenaires.
Alimenter les discussions du G7
Ces échanges visent à éclairer les délibérations en cours au sein du G7. Ils reflètent une ambition commune de moderniser les cadres de financement du développement, en renforçant leur mandat de solidarité tout en les complétant par des approches plus larges du financement du développement durable, et de mieux tirer parti des institutions de financement du développement pour soutenir une architecture financière internationale pleinement cohérente et axée sur l’impact.
M. Rémy Rioux, Directeur général du groupe AFD déclare :
« La présidence française actuelle du G7 a placé le financement du développement, et la politique de partenariats internationaux au cœur des priorités communes. Du point de vue du groupe AFD, nous plaidons depuis de nombreuses années pour la définition d’un nouveau paradigme de la politique de développement et pour la construction d’un nouveau récit commun, qui protégerait l’APD et la repositionnerait dans l’ensemble des ressources financières au service du développement. »
Mme Sandrine Gaudin, Vice‑Gouverneure chargée de la stratégie financière, Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB) déclare :
« À une époque marquée par une fragmentation croissante, le Dialogue de Paris constitue un forum unique, réuni autour d’institutions basées à Paris, visant à promouvoir des idées communes pour rendre le financement du développement plus adapté, plus intelligent et plus efficace. Le CEB, dont le mandat est axé sur les plus vulnérables, tient à veiller à ce que les infrastructures sociales – qui sont essentielles à la résilience et à la cohésion sociale – soient pleinement intégrées dans les plateformes de développement nationales et financées à grande échelle grâce à des approches coordonnées entre tous les acteurs et combinant prêts et dons. »
M. Andrew Wilson, secrétaire général adjoint chargé des politiques à la Chambre de commerce internationale (CCI) déclare :
« La mobilisation de capitaux privés à grande échelle est indispensable pour répondre aux besoins actuels en matière de développement et d’infrastructures. Selon nous, le principal défi consiste à aligner les incitations du système financier sur ces impératifs, en commençant par des ajustements ciblés de la réglementation macroprudentielle susceptibles de débloquer davantage de capitaux tout en préservant la stabilité financière. Le G7 a un rôle décisif à jouer dans la mise en place de ces conditions. »
Contact presse : _AFDpresse@afd.fr