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Ce rapport analyse les inégalités de revenu dans le bassin arachidier sénégalais, une des principales régions de production agricole pluviale du pays, qui concentre la plus une grande partie de la population rurale. Les données utilisées proviennent d’une enquête menée par le Projet d’Appui aux Politiques Agricoles (PAPA) auprès des producteurs de céréales et légumineuses. L’échantillon des producteurs du bassin arachidier compte 1770 ménages (dont 103 dirigés par des femmes). Le calcul du coefficient de Gini, l’analyse de sa décomposition par source de revenus et la caractérisation des sources de revenus ont permis de faire un état des lieux des inégalités. De façon globale, les résultats montrent un taux de pauvreté très élevé (90% des ménages en dessous du seuil de 598 FCFA (0,91€ /équivalent adulte/jour) et des inégalités importantes :

En termes de revenus pour tout l’échantillon : le coefficient de Gini est de 0,44 (légèrement supérieur à celui du Sénégal qui était de 0,4 en 2011). Les revenus totaux annuels des 20% des ménages les plus riches sont dix fois plus élevés que ceux des 20% les plus pauvres.

Selon le genre du chef de ménage : un revenu médian par ménage significativement inférieur (407 500 FCFA/an contre 550 000) et un taux de pauvreté plus élevé (94% contre 89%) chez les ménages dirigés par des femmes (seulement 6% de l’échantillon).

Spatiale : il existe une hétérogénéité de revenu marquée entre département (3 fois plus élevés à Nioro qu’à Diourbel), mais ces inégalités inter-département sont plus faibles que les inégalités intra-département. Les inégalités sont également légèrement plus élevées dans les zones bénéficiant d’une pluviométrie moyenne plus forte.

En fonction de la qualité pluviométrique de l’année : on montre ici que les exploitations ayant connu en 2016 une pluviométrie meilleure par rapport à la moyenne connaissent un revenu médian et des inégalités de revenu plus élevés (+42% de revenu médian par rapport aux exploitations avec une année 2016 sèche et +17% d’écart relatif interquartile). Cet effet est encore plus fort si on s’intéresse uniquement aux revenus agricoles.

Conformément à l’approche par les moyens d’existence, les inégalités de revenus se retrouvent également dans les principaux facteurs de production. Ainsi, les 20% des exploitations les plus riches ont une superficie 3 fois supérieure aux 20% les plus pauvres, elles ont également des meilleurs rendements agricoles dus notamment à une plus grande utilisation des intrants chimiques et du matériel agricole. Les plus riches ont également des revenus plus diversifiés même si les revenus agricoles restent dans tous les cas très majoritaires (part de 90% pour les plus pauvres contre 76% pour les plus riches) par rapport aux autres types de revenus (transferts, revenus non agricoles, revenus de l’élevage). Par ailleurs, l’analyse des élasticités Gini montre que seule une augmentation des revenus agricoles (en maintenant les autres types de revenus constants) permet de réduire les inégalités de revenus. La diversification des sources de revenus permet quant à elle de réduire les différences de revenus entre les zones de faible et de forte pluviométrie moyenne : on passe ainsi d’un ratio (revenu médian zone humide/revenu médian zone sèche) de 1,62 avec seulement les revenus agricoles à 1,14 en prenant en compte les autres sources de revenus.

 

pdf : 1.73 Mo
auteur(s) :
Ndeye Fatou FAYE
Moussa SALL
François AFFHOLDER
Françoise GERARD
coordinateur :
Philippe ROUDIER
issn :
2492 - 2846
pages :
54
numéro :
115
disponible aussi en : fr
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