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Comme partout ailleurs en Afrique, la population urbaine du Cameroun a pratiquement doublé en moins de quatre décennies, du fait de la croissance démographique et de l’exode rural des populations à la recherche de meilleures conditions de vie. En absence de planification urbaine, cette urbanisation s’accompagne d’une expansion de la précarité et un développement des activités en marge de la législation, avec des conséquences prévisibles sur les inégalités. Certes, il n’existe pas de consensus sur l’origine des inégalités en milieu urbain et pendant que la théorie du pluralisme ne leur reconnaît pas de source urbaine, la théorie des régimes au contraire associe les inégalités au fait que l’élite qui gouverne la ville fait avancer ses projets de développement urbain selon ses intérêts. Cette vision rejoint celle de la théorie « inclusionniste » de l’informalité selon laquelle, l’accroissement de la gouvernance urbaine par les systèmes néolibéraux cause les politiques anti-pauvres et par conséquent le développement des activités en marge de la législation en vigueur.  La présente étude est l’une des pionnières se proposant de réconcilier ces débats à travers une analyse innovante des inégalités environnementales. Elle vise donc à montrer comment les inégalités au Cameroun sont le produit de l’informalité, induite par un développement urbain anarchique. Pour ce faire, une approche descriptive a été adoptée, adossée à un ensemble d’indices composites d’inégalités socio-environnementales construits à partir des données des deux dernières enquêtes camerounaises auprès des ménages (ECAM 3 et 4). Bien que dans son préambule la constitution de 1996 du pays reconnaisse que « tous les hommes sont égaux en droit et en devoirs », les résultats montrent que 7 Camerounais sur 10 vivent en situation d’habitat précaire en milieu urbain, et les régions septentrionales apparaissent comme étant les plus concernées par le développement urbain non maîtrisé entre 2007 et 2014. De plus, l’indice d’inégalité environnementale montre que l’environnement des ménages s’est détérioré au cours de la même période, situation cependant différente dans les grandes métropoles (Yaoundé et Douala) où les ménages considèrent qu’ils vivent dans un environnement favorable. Pourtant, Douala, les régions du Littoral, de l’Ouest et du Nord-Ouest présentent les plus fortes contributions des activités informelles aux inégalités de niveau de vie. Au vu de ces résultats géographiquement et institutionnellement mitigés, de nombreuses implications de politiques économiques ont été tirées en termes d’actions visant à réduire les inégalités en milieu urbain du Cameroun.

pdf : 1.65 Mo
auteur(s) :
Georges KOBOU
Kunz Modeste MBENGA BINDOP
Romain WOUNANG
Eugenie Rose FONTEP
coordinateur :
issn :
2492 - 2846
pages :
61
numéro :
210
disponible aussi en : fr
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