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Meilleur accès aux structures de soins, hôpitaux mieux équipés, personnels mieux formés, assurance maladie en passe d’être généralisée... Depuis 2007, l’AFD soutient l’action des autorités comoriennes dans le cadre d’un programme ambitieux d’appui au secteur de la santé, le PASCO.

Située dans l’océan Indien entre Madagascar et le Mozambique, l’Union des Comores est un petit État insulaire qui se compose de trois îles : Grande-Comore, Anjouan et Mohéli. L’archipel fait partie des 19 pays prioritaires de l’aide au développement de la France : 45 % de ses 800 000 habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Dans ce contexte de grande précarité, l’accès aux soins est difficile et l’offre de santé peine à répondre aux besoins de la population.
 

Des progrès en matière de santé maternelle

Depuis 2007, les autorités comoriennes mettent en œuvre une politique volontariste pour renforcer le secteur. Et l’AFD appuie cette politique depuis son lancement via le Programme d’appui au secteur de la santé aux Comores (PASCO) qui agit sur tous les piliers du système de santé. Conformément aux engagements pris par la France lors du sommet du G8 de Muskoka en 2010, priorité a toutefois été donnée à la santé des femmes, des mères et des enfants pour lesquels les indicateurs étaient les plus alarmants.

Trois phases ont marqué ce projet. De 2007 à 2013, la première s’est concentrée sur l’amélioration des services de base et l’accès financier aux soins obstétricaux. Le dispositif de tiers payant pour les soins obstétricaux mis en place sous forme pilote a été étendu entre 2013 et 2016, durant la deuxième phase. En parallèle, la formation des professionnels de santé a été renforcée, notamment grâce au développement de nouvelles filières de formation pour le personnel paramédical.


Vers une meilleure coordination régionale

La troisième phase du PASCO a été lancée en 2016. Objectif ? Pérenniser les résultats obtenus depuis 2007 tout en intégrant les nouvelles priorités nationales, comme la prise en charge des maladies non transmissibles, dont les affections sont en hausse. La formation des personnels de santé comoriens, notamment par des spécialistes de La Réunion, permet de construire des compétences nationales pour prendre en charge ces pathologies, malgré le manque de médecins spécialistes.

Il s’agit aussi d’assurer une meilleure coordination des soins à l’échelle régionale, comme cela a été fait pour les grands brûlés avec le centre hospitalier de Mayotte avec des résultats très encourageants, notamment en matière de gestion des évacuations sanitaires et de réduction du nombre de transferts vers La Réunion.

 « Le PASCO a su s’adapter à l’évolution sanitaire du pays tout en poursuivant l’accompagnement du ministère de la Santé sur les sujets de fonds, en matière de ressources humaines de santé, d’organisation des soins, de financement de la santé », précise Anne Roos-Weil, chef de projet santé et protection sociale à l’AFD.  


Des résultats 

Les résultats du programme sont positifs. Lors des deux premières phases, cinq hôpitaux ont été réhabilités et dotés en équipements médico-chirurgicaux supplémentaires. Cinq ambulances médicalisées et des kits de maintenance ont été achetés. Et l’accès aux soins pour les femmes enceintes s’est très significativement amélioré grâce à la mise en place d’un dispositif de subventionnement des soins obstétricaux. 

Ces réalisations ont entraîné une forte hausse de la fréquentation des structures de santé et une amélioration sensible des indicateurs de santé maternelle et infantile. Entre 2007 et 2017, le taux de mortalité infantile a baissé, passant de 93 à 69 pour 1 000, et le taux de mortalité maternelle a diminué de 20 % entre 2007 et 2015. « Les défis restent nombreux, précise Anne Roos-Weil. Alors que les Comores s’engagent aujourd’hui dans la mise en place d’une assurance maladie généralisée, il est essentiel de renforcer la confiance de la population dans son système de santé en améliorant l’offre de soins. L’expérience du PASCO nous permet d’avoir le recul suffisant pour cela et construire la suite de nos appuis dans ce secteur. »

Forte des acquis du PASCO, la France s’apprête à donner une nouvelle portée à sa coopération sanitaire avec l’archipel dans le cadre du Plan de développement France-Comores (PDFC), décidé en juillet 2019.


PASCO en quelques chiffres clés :

  • 26,6 millions d’euros investis dans le système de santé des Comores depuis 2007 ; 
  • + de 40 structures sanitaires améliorées ;
  • 21 000 femmes enceintes bénéficient d’un accès facilité aux soins pendant leur grossesse grâce à la mise en place d’un système de subventionnement des soins obstétricaux ;
  • Le taux d’accouchement dans une structure de soins est passé de 49 % en 2012 à 76 % en 2017 ; 
  • Le taux de mortalité infantile a baissé de 26 % et le taux de mortalité maternelle de 20 % entre 2007 et 2015.

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