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CHOR La Réunion
Un an après l’inauguration du Centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR), son directeur général Laurent Bien revient sur les atouts de ce nouvel outil au service de la santé réunionnaise, financé par l’Agence française de développement (AFD).

Laurent BienÀ peine ouvert, le CHOR a dû faire face à la crise du Covid-19. Quel rôle a joué le centre hospitalier ?

Laurent Bien : C’est le Centre hospitalier universitaire de la Réunion (CHUR, avec ses deux sites CHU Nord et CHU Sud) qui était la structure dédiée durant la phase de confinement pour recevoir et soigner les patients dits « Covid ». Le CHOR a lui servi de « sas » d’identification de cas suspects, avant transfert des cas confirmés au CHU Nord. 
Le CHOR s’est appuyé sur une unité de pneumologie d’une quarantaine de soignants qui a été réaffectée vers un protocole Covid. Au programme : formation accélérée sur la prise en charge des cas suspects, gestes spécialisés, formation en réanimation respiratoire. En cas de passage au « stade 3 », le CHOR peut devenir un hôpital de première ligne, au même titre que le CHUR.

Comment avez-vous vécu cette première année au CHOR ?

L. B. : Le CHOR remplace l’établissement historique du centre-ville de Saint-Paul, le Centre hospitalier Gabriel Martin, dont les capacités étaient devenues insuffisantes pour répondre aux besoins croissants de la population. Le CHOR dessert principalement les habitants des communes de Saint-Leu, Trois-Bassins, Saint-Paul, La Possession et le Port, soit un bassin de population de 220 000 habitants. 
Pour les Saint-Paulois c’est une grande fierté, c’est leur hôpital. Pour nous, c’est une belle réussite dans la conduite de projet : notamment en termes de respect des délais (trois ans de travaux) et de l’enveloppe budgétaire. Cet outil correspond à la fois aux attentes des patients et des personnels, et aux besoins en matière de santé publique sur cette région ouest de l’île. Enfin, le CHOR, c’est la création de plus de 150 emplois directs. 

Quels sont les indicateurs les plus pertinents à prendre en compte pour jauger le CHOR ?

L. B. : Le CHOR dégage des indicateurs performants et encourageants. Le taux d’occupation est de 99 % et par rapport à l’établissement qu’il remplace, tous les taux sont à la hausse : + 17 % pour les hospitalisations, + 30 % pour la chirurgie ambulatoire, + 20 % pour la maternité et pour les consultations externes, + 5 % pour les urgences. 

Le CHOR, c’est également cinq nouveaux services de pointe (neurologie, ophtalmologie, soins critiques, hôpital de semaine, post urgences 72 heures) et une promesse de soins tenue pour la population. Des indicateurs en progression, cela veut dire concrètement que le centre hospitalier a pu prendre en charge plus de patients. Par ailleurs, l’une des plus belles réussites de l’équipe projet du CHOR réside en l’obtention via les autorités de tutelle de 50 lits supplémentaires, dans un contexte national où la tendance serait plutôt à l’inverse. 

En quoi consiste la « maison de soins » portée par les professionnels libéraux et intégrée au CHOR, une première en France ?

L. B. : Il s’agit d’une unité de soins constituée de professionnels libéraux qui viennent apporter leurs compétences à l’établissement en appui au service des urgences. L’objectif est de désengorger les urgences, ce nouveau dispositif revêt, au-delà de l’offre de soins, un caractère stratégique en matière médicale pour l’établissement hospitalier. 

L’unité est basée sur site dans une maison indépendante appelée Maison bleue, où les patients peuvent être accueillis en journée. Cette initiative qui reste à consolider a effectivement été une première en France. Aujourd’hui, plusieurs autres centres hospitaliers ont intégré ce type de structure.
La promotion d’une nouvelle organisation des soins entre l’hôpital et les professionnels libéraux, le soutien aux activités hospitalières de proximité et la constitution d’une culture pluri-professionnelle ont permis d’améliorer la situation de l’hôpital, mais aussi la prise en charge des patients et le travail des soignants.

Qu’est-ce qu’un hôpital au label « HQE (haute qualité environnementale) exceptionnel »

L. B. : Le CHOR est le second hôpital français à recevoir ce label, après Carcassonne. Cela implique une structure des bâtiments étudiée en soufflerie afin d’optimiser les circulations d’air, gage d’économies d’énergie tout en respectant les normes en vigueur en milieu tropical (résistance au vent cyclonique). Il s’agit également d’offrir aux patients un bien-être et un confort très apprécié.

Ce niveau HQE exceptionnel se traduit aussi par une part prépondérante dévolue à la végétalisation des espaces communs, des objectifs de gestion durable du linge ainsi qu’un service hôtelier et une offre en restauration diversifiés et améliorés.

L’hôpital est également de haut niveau pour les soignants, avec des bâtiments performants du point de vue fonctionnel. Un exemple très concret : le service des urgences est dissocié, avec un secteur adulte et un secteur pédiatrique. Toutes ces évolutions permettent à la fois une meilleure prise en charge du patient et de meilleures conditions de travail pour le personnel.