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IA et énergie : l’AFD transforme les besoins du terrain en solutions
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Planifier l’évolution d’un réseau, entretenir un mini-réseau ou accompagner les utilisateurs d’équipements solaires : les applications de l’intelligence artificielle se multiplient dans le secteur de l’énergie. À travers le programme Digital Energy, l’AFD aide les acteurs du secteur à identifier leurs besoins, renforcer leurs compétences et transformer les usages prometteurs en solutions concrètes.
En Afrique subsaharienne, près de 600 millions de personnes vivent encore sans électricité. Répondre à ce défi suppose de construire de nouvelles infrastructures, mais aussi de mieux planifier les investissements, entretenir les équipements, limiter les pertes et intégrer davantage d’énergies renouvelables.
L’intelligence artificielle peut contribuer à chacune de ces étapes. Elle permet d’analyser de grandes quantités de données, de détecter des anomalies, d’anticiper certaines évolutions et de rendre des outils techniques plus accessibles. Elle ne remplace ni les investissements ni les équipes du secteur : elle peut les aider à mieux piloter les systèmes énergétiques.
Digital Energy : de la connaissance à l’expérimentation
Depuis 2020, le programme Digital Energy, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’AFD, accompagne la transformation numérique du secteur énergétique en Afrique. Le programme a soutenu une cinquantaine de projets dans plus de quinze pays, grâce à des financements, de l’assistance technique, des formations et la mise en relation des acteurs.
Aller plus loin :
Sa plateforme digital-energy.eu rassemble près de 2 000 partenaires et permet de partager des ressources sur les compteurs intelligents, l’utilisation des données géospatiales, la cybersécurité ou les mini-réseaux. En 2026, un parcours consacré à l’intelligence artificielle générative et agentique a également aidé des entreprises – anciennes lauréates du Digital Energy Challenge – à monter en compétences sur l’IA, à identifier et prototyper leurs propres cas d’usage.
« Cette démarche repose sur un principe simple « la donnée d’abord, l’IA ensuite ». Sans informations suffisamment fiables, accessibles et organisées, même les outils les plus performants restent difficiles à déployer. L’enjeu est donc de choisir quelques usages à fort impact, puis de les intégrer aux pratiques et aux systèmes existants plutôt que de multiplier les expérimentations isolées », souligne Cyril Renault, responsable du programme Digital Energy de l’AFD.
Quatre entreprises testent des solutions concrètes
Cette ambition s’est concrétisée avec un « IAthon » organisé par l’AFD et le groupe Onepoint. Sélectionnées parmi treize candidatures, quatre entreprises ont travaillé avec des experts pour préciser une problématique, identifier un usage pertinent de l’IA et développer un premier prototype.
Fuel Switch cherche à automatiser la vérification des données de comptage et la production des rapports nécessaires aux projets renouvelables souhaitant accéder à la finance carbone. L’objectif est de fiabiliser les informations, de raccourcir les délais et de faciliter le financement des projets.
My Joule Box, qui intervient sur des mini-réseaux électriques en Afrique de l’Ouest, souhaite utiliser l’IA pour traiter plus efficacement les incidents techniques. Les opérateurs locaux des mini-réseaux pourraient ainsi accélérer les diagnostics et réduire la durée des interruptions.
Au Nigeria, ICE Solar développe un agent conversationnel destiné à répondre aux demandes courantes des utilisateurs de ses équipements solaires. Il pourrait les aider à installer ou utiliser leur matériel, résoudre des difficultés simples et transmettre les problèmes plus complexes aux équipes compétentes.
Enfin, Roseau Technologies explore l’utilisation de l’IA pour faciliter la modélisation des réseaux électriques. Un opérateur pourrait décrire le scénario qu’il souhaite étudier (nouveau raccordement, hausse de la demande ou intégration d’une centrale solaire, etc.) avant que l’outil ne traduise sa demande en paramètres techniques.
Les Français de My Joule Box récompensés
Ces quatre entreprises ont pitché devant un parterre de plus de 60 acteurs privés et publics, européens et africains, start-ups et des opérateurs de services énergétiques (utilities). À l’issue de l’IAthon, chaque entreprise est repartie avec un cas d’usage priorisé, un prototype et une feuille de route.
L’entreprise française My Joule Box a été sélectionnée par le jury et bénéficiera de dix-sept jours d’accompagnement complémentaire par le groupe Onepoint afin de préparer la transformation de son prototype en solution opérationnelle.
Aller plus loin :
Cet événement illustre la méthode portée par Digital Energy : partir des besoins rencontrés par les acteurs, évaluer l’intérêt réel de la technologie, tester une solution, puis préparer son déploiement.
Pour l’AFD, l’enjeu n’est pas simplement de promouvoir l’intelligence artificielle pour elle-même. Il est d’aider les entreprises et les opérateurs énergétiques à s’en saisir lorsqu’elle peut améliorer la qualité du service, renforcer la fiabilité des infrastructures et contribuer à élargir l’accès à l’énergie.