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Gouvernance de l’IA : construire une troisième voie avec le Sud
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Alors que l’AFD participe au sommet AI for Good, deux études récentes appuyées par l’AFD proposent des pistes pour construire une gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) associant les pays du Sud – notamment africains.
Genève accueille actuellement deux événements majeurs sur l’IA, le Global Dialogue on AI Governance (6-7 juillet) et le sommet AI for Good (7-10 juillet). Leur point commun : l'importance donnée à la question de la gouvernance de l’IA – autrement dit, l'ensemble des règles, politiques publiques et institutions qui encadrent son développement et son utilisation. Deux partenariats de l’AFD mettent en lumière des pistes d’action pour la renforcer, en donnant une place centrale aux perspectives africaines.
Bénéficier au plus grand nombre, limiter les risques
Encadrée par une gouvernance adaptée, l’IA peut contribuer au développement durable, qu’il s’agisse de mieux détecter les épidémies, favoriser l’accès des agriculteurs aux services climatiques ou encore faciliter l’apprentissage des langues. Face à son développement rapide, des stratégies, politiques publiques et réglementations sont indispensables pour favoriser ses bénéfices tout en limitant les risques liés à la protection des données, à la cybersécurité, à la responsabilité et au respect des droits fondamentaux.
Intégrer les perspectives africaines
Cette tâche reste complexe à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. Le rapport Africa-Europe Cooperation on the Governance of Artificial Intelligence, réalisé par le Lawyers Hub avec le soutien de l’AFD, montre que si les stratégies nationales et les cadres de gouvernance se multiplient, leur mise en œuvre demeure le principal défi.
Ce constat a été confirmé lors d’une rencontre organisée à Nairobi en mars 2026 par l’AFD, l’OCDE, le FCDO et le gouvernement du Kenya, réunissant des représentants publics et de l’écosystème IA africain. Les principaux obstacles identifiés sont le manque d’infrastructures numériques, les capacités limitées de calcul, les difficultés de connectivité, le déficit de compétences, ainsi que les enjeux de gouvernance des données, de capacités institutionnelles et de régulation.
Plus largement, ces difficultés reflètent un déséquilibre de la gouvernance mondiale de l’IA : les pays africains restent sous-représentés dans l’élaboration des normes internationales, malgré leur impact direct sur le continent. Face aux modèles dominants chinois et américain, une troisième voie, fondée sur l’inclusion, la coopération et le développement durable, apparaît essentielle.
Vers une coopération régionale renouvelée
Lors de l’atelier de mars 2026, plusieurs pays ont présenté leurs avancées. L’Afrique du Sud et le Bénin ont adopté des lois sur la protection des données personnelles, tandis que le Sénégal et l’Égypte renforcent leurs infrastructures numériques et intègrent l’IA dans l’éducation. Les participants ont souligné l’importance d’une coopération régionale accrue pour mutualiser les compétences, partager les expériences et développer des approches adaptées aux contextes locaux.
Dans le même esprit, le rapport du Lawyers Hub plaide pour une co-gouvernance de l’IA, associant pleinement les pays africains à l’élaboration des normes internationales, avec l’appui des institutions de financement du développement pour renforcer la recherche, les capacités réglementaires et les institutions publiques.
Le groupe AFD engagé aux côtés de la France et de l’Europe
Le groupe AFD accompagne cette dynamique à travers ses financements et ses travaux de recherche. Il a notamment développé l’AI Potential Index, un outil qui évalue les besoins des pays en matière d’IA (infrastructures, compétences, gouvernance des données, etc.) afin d’orienter les investissements vers des écosystèmes responsables et inclusifs.
Via sa filiale Expertise France, le Groupe accompagne ses partenaires à travers différents projets :
Au Sénégal, le projet GoIn Digital, cofinancé par l’Union européenne, la France et l’Allemagne, accompagne la mise en œuvre de la stratégie nationale d’IA en renforçant les compétences publiques, l’écosystème des startups et l’open data.
Au Botswana, le projet EU Support to Digital Transformation appuie la modernisation de la gouvernance numérique en mobilisant l’expertise française en matière d’IA.
Enfin, en Méditerranée, le projet Structuration du secteur IA en Méditerranée (SILA), financé par le Fonds Équipe France, soutient les startups IA, renforce les structures d’accompagnement et favorise la coopération entre chercheurs, entrepreneurs et pouvoirs publics.
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Publié le 1 juillet 2026