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Inclusion financière et numérique des femmes en Afrique : sept ans d'action du Partenariat du G7
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Le 23 juin, à Paris, l'AFD, la Direction générale du Trésor et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont rassemblé les partenaires du G7 pour discuter de l'inclusion financière et numérique des femmes. Sept ans après le début du Partenariat du G7, cette réunion a évalué les progrès réalisés et établi les priorités futures.
Une date si proche et si lointaine à la fois... Jusqu'en 1965, une Française mariée ne pouvait ni ouvrir un compte bancaire, ni disposer librement de ses revenus sans l'autorisation de son mari.
À l'échelle mondiale, 1,3 milliard d’adultes n’ont toujours pas de compte bancaire, dont plus de la moitié sont des femmes. En Afrique subsaharienne, l’écart de détention d’un compte entre femmes et hommes reste de 12 %. Sans services financiers, développer une activité, investir ou sécuriser ses revenus est plus difficile.
« Ce droit qui paraît aujourd'hui si banal, mais obtenu si tard, reste pourtant un enjeu fondamental, une bataille du quotidien pour l'émancipation de millions de femmes à travers le monde », a rappelé Christophe Lecourtier, directeur général de l'Agence française de développement (AFD), en ouverture de la rencontre du 23 juin consacrée au bilan de sept années d'action du Partenariat du G7 pour l'inclusion financière numérique des femmes en Afrique.
Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, raconte sa rencontre en Côte d'Ivoire avec une agricultrice qui conservait ses économies dans un pot, au-dessus de sa cuisine. Au moindre imprévu, cette réserve disparaissait. « Le simple fait d’avoir un compte bancaire à son nom change une vie, ouvre des perspectives et donne une véritable autonomie », a souligné la ministre.
En Afrique, la révolution est venue du portefeuille électronique (« mobile money »), qui permet d'utiliser son téléphone portable pour envoyer ou recevoir de l'argent, payer, épargner ou retirer des espèces, sans forcément disposer d'un compte bancaire classique.
Cette innovation a transformé l’accès des femmes aux services financiers. Dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, la part de femmes disposant d’un portefeuille électronique est passée de 37 % en 2011 à 73 % en 2024. Mais la technologie ne suffit pas : elle doit s’accompagner de politiques publiques, d’infrastructures et de services adaptés aux besoins des femmes.
Une coalition pour agir sur tout l'écosystème
C'est cette conviction qui a conduit la France à lancer, lors de sa présidence du G7 en 2019, le Partenariat du G7 pour l'inclusion financière numérique des femmes en Afrique. « Nous avions cherché une thématique à la fois concrète et capable d'améliorer le quotidien de centaines de milliers de femmes en Afrique », a rappelé Bertrand Dumont, directeur général du Trésor.
Sept ans plus tard, le partenariat a fédéré des acteurs qui travaillent encore trop rarement ensemble. À l'AFD, gouvernements, banques centrales, Banque mondiale et institutions de développement ont échangé avec des entreprises innovantes comme Wave Mobile Money, des chercheurs de J-PAL, ou encore l'UNCDF et la Fondation Gates. Un message s'est imposé : l'inclusion financière des femmes est à la fois un enjeu d'égalité et un levier de développement. En leur ouvrant l'accès à des services financiers adaptés, c'est toute la société qui en bénéficie.
Poursuivre l'effort
Depuis 2019, le partenariat soutient des initiatives en Afrique, diffuse les résultats de la recherche et accompagne des réformes en faveur de l'inclusion financière des femmes. Le groupe AFD y contribue par des prêts, des subventions et son initiative Choose Africa.
En Égypte, un programme mené avec l'Agence de développement des micro, petites et moyennes entreprises (MSMEDA) a mobilisé près de 10 millions de dollars en crédits et assistance technique. Entre 2020 et 2024, il a soutenu plus de 18 000 entreprises dirigées par des femmes et contribué à créer plus de 33 000 emplois permanents.
Ces résultats montrent que les solutions existent. L'enjeu est désormais de les déployer à plus grande échelle et de renforcer la coordination entre partenaires pour accroître leur impact.
Pour Éléonore Caroit, ce bilan ouvre une nouvelle étape. Les échanges ont fait émerger plusieurs priorités : diffuser les approches efficaces, mieux cibler les femmes, les jeunes, les PME et les populations rurales, et développer des écosystèmes favorisant une inclusion financière durable.
Malgré les tensions sur les financements du développement, les partenaires du G7 réaffirment leur ambition commune.