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Côte d'Ivoire
En Côte d’Ivoire, l’AFD investit en faveur des priorités du Plan National de Développement du gouvernement (PND). Avec un portefeuille actif de près de 3 milliards d’Euros, l’AFD finance près de 80 projets dans les secteurs de l’agriculture, de la biodiversité, de l’éducation, de la santé, du développement urbain, des transports, de l’eau et de l’assainissement, de l’énergie, de la gouvernance, de la culture et de l’entreprenariat.
Contexte
Avec près de 32 millions d’habitants et une croissance moyenne parmi les plus fortes au monde sur la dernière décennie, la Côte d’Ivoire est la deuxième puissance économique de la CEDEAO après le Nigéria.
Le pays dispose de solides atouts : une population jeune, une économie et, en particulier un secteur agricole puissant et diversifié – 1er producteur mondial de cacao et d’anacarde –, une façade maritime de 520 km, un grand potentiel de ressources minières et en hydrocarbures ainsi que des infrastructures routières et portuaires de qualité.
La Côte d’Ivoire reste toutefois marquée par des disparités socio-économiques et territoriales fortes. L’accès à des services sociaux de qualité (éducation et santé) reste concentrée dans les grands centres urbains, de même que les opportunités économiques et d’emplois offertes à la jeunesse. La structuration actuelle de l’économie, très dépendante d’un secteur agricole peu mécanisé et qui transforme peu localement, avec une forte composante informelle et des taux de productivité encore limités, ne permet pas une création locale suffisante de valeur ajoutée. Enfin, la Côte d’Ivoire fait face à d’importants vents contraires : dérèglement climatique ; tensions sous-régionales ; menaces sécuritaires/terroristes……
Dans ce contexte incertain, le Gouvernement a élaboré un Plan de Développement National (PND) 2026-2030, structuré autour de cinq piliers stratégiques : (i) modernisation de l’agriculture, consolidation de la sécurisation foncière rurale, accroissement de la productivité et renforcement des chaînes de valeur agricoles ; (ii) promotion de l’investissement privé, des champions nationaux et réduction de l’informalité ; (iii) développement du capital humain, des compétences et création d’emplois décents ; (iv) développement des infrastructures stratégiques et des pôles économiques régionaux, transition écologique, résilience climatique et économie circulaire ; (v) promotion de la bonne gouvernance et modernisation de l’Etat.
Premier bailleur bilatéral du pays en volume de financements, le Groupe AFD déploie l’ensemble de ses instruments au service des politiques publiques nationales. Nos interventions ciblent : (i) la valorisation du capital humain et la promotion de l’emploi, (ii) le développement régional équilibré soucieux de la préservation de l’environnement et de la lutte contre les effets du changement climatique et (iii) le renforcement de la gouvernance et la modernisation de l’Etat.
L'agence AFD Côté d'Ivoire est rattachée à la direction régionale golfe de Guinée.
Notre approche
"L’AFD partenaire d’une Côte d’Ivoire émergente et solidaire"
En Côte d’Ivoire, 4 à 6 millions de jeunes ne sont pas scolarisés, sont diplômés sans emploi ou mal insérés. Afin d’endiguer ce phénomène, l’AFD accompagne le pays dans sa stratégie d’accès pour tous à une éducation et une formation de qualité, ainsi qu’à des emplois décents.
Côté éducation, l’AFD appuie la politique de déploiement des collèges de proximité qui permet de renforcer l’accès des moins favorisés, par ex. les filles en milieu rural, au système éducatif. Cela se traduit concrètement par la construction de plus de 200 collèges, soit 2 500 salles de classes au bénéfice de plus de 100 000 élèves. Dans le même temps, la qualité de l’éducation est améliorée à travers la formation continue des enseignants, des chefs d’établissements et l’appui au déploiement de Bonamas, un système pilote de location des manuels scolaires.
L’Agence appuie également la formation professionnelle, et l’enseignement supérieur, via par ex. la construction ou la réhabilitation d’établissements, la formation de formateurs et de chercheurs, le déploiement de l’apprentissage en alternance, le développement des classes préparatoires ou encore la digitalisation de l’offre d’enseignement supérieur.
Pour favoriser l’emploi des jeunes, l’AFD accompagne et renforce sur l’ensemble du territoire les dispositifs publics d’appui à l’employabilité et à l’entreprenariat mais aussi à la réinsertion des plus vulnérables et au volontariat. Près de 70 000 jeunes dont la moitié de femmes ont ainsi été accompagnés depuis 2018.
En Côte d’Ivoire, il existe moins de 2 médecins pour 10 000 habitants, on déplore encore 480 décès maternels pour 100 000 naissances et l’espérance de vie est de 62 ans. Aux côtés du ministère de la Santé, l’AFD œuvre pour renforcer durablement le système de santé ivoirien.
Elle soutient ainsi l’amélioration de l’offre et de la qualité des soins maternels et infantiles : construction ou réhabilitation d’une dizaine d’hôpitaux, réhabilitation de 60 centres de santé et formation de 2 000 agents sur les principales causes de décès maternels et infantiles.
Pour pallier le manque de personnel, l’AFD appuie cinq écoles de formation en régions, permettant de former 3 000 sage-femmes, infirmiers et techniciens de laboratoires supplémentaires par an. Les cursus ont été révisés pour s’aligner sur les standards internationaux, renforcer la pratique et intégrer la santé sexuelle et reproductive.
Enfin, l’AFD accompagne le renforcement du système pharmaceutique : création d’une autorité de régulation, amélioration du contrôle qualité et meilleure disponibilité des médicaments grâce à de nouveaux centres de distribution décentralisés, réduisant le délai de livraison de 43 à 7 jours.
La trajectoire de croissance ivoirienne, particulièrement dynamique sur la dernière décennie, s’est accompagnée d’avancées significatives en matière d’accès aux services essentiels. 64% de la population a désormais accès à l’électricité et près de 66 % à l’eau potable.
L’AFD a fait le choix d’accompagner cette dynamique en investissant, tout d’abord, dans le secteur de l’énergie. Avec par ex. les réhabilitations des centrales hydroélectriques de Buyo et de Soubré, le financement de 250 000 branchements sociaux ou l’électrification de 350 villages de plus de 500 habitants, ce sont en 2025 plus de 3 millions de personnes en plus qui ont un accès ou un accès amélioré au réseau électrique.
L’AFD cherche par ailleurs à renforcer l’accès aux services d’assainissement et d’alimentation en eau potable. Aujourd’hui, plus de 2,2 millions de personnes ont désormais un accès au réseau d’eau potable et 600 000 personnes devraient avoir accès à un service d’assainissement d’ici 2030.
Enfin, l’AFD investit dans les centres urbains. A Abidjan, elle finance les transports publics, la restructuration des quartiers d’Abobo, de Koumassi et de Yopougon et la construction du marché de Yopougon. A Bouaké, elle investit dans le plus grand marché couvert d’Afrique de l’Ouest (8 000 commerçants) et dans la mobilité. A San Pedro, elle accompagne la restructuration du quartier du Bardot, fortement touché par les inondations.
Le secteur agricole joue un rôle clé dans l’économie ivoirienne : il compte pour 22% du PIB et emploie 56% de la population active. C’est également le principal vecteur de déforestation : depuis 1960, les forêts ivoiriennes ont perdu 82% de leur superficie.
Face à ce défi, l’AFD articule ses interventions autour de quatre piliers indissociables : l’agriculture, la foresterie, la biodiversité et la certification foncière. Elle promeut ainsi une agriculture durable conciliant productivité, résilience et respect de l’environnement, à travers des projets d’agroécologie, de gestion intégrée de la fertilité des sols et de valorisation locale des productions.
Elle vise par ailleurs à conserver les ressources naturelles existantes, comme les Aires protégées ou encore la ressource en eau. L’AFD soutient ainsi l’Office ivoirien des parcs et réserves dans la gestion de 7 aires protégées. Elle travaille aussi avec le ministère des Eaux et forêts et des ONG sur la gestion durable des forêts classées.
L’AFD accompagne enfin la politique foncière ivoirienne en finançant la délivrance de certificats fonciers, indispensables pour sécuriser les investissements des producteurs et réduire la conflictualité : 76 000 ha ont déjà fait l’objet d’une certification ; 500 000 ha supplémentaires sont à venir.
Avec un ratio recettes fiscales/PIB de moins de 15%, les marges de manœuvre des autorités ivoiriennes pour fournir des services publics de qualité et financer durablement des politiques publiques sont contraintes.
L’Agence est donc engagée aux côtés du Ministère des finances dans un programme devant permettre d’établir le ratio recettes fiscales/PIB à 20%, seuil visé pour renforcer le déploiement d’une administration moderne et la fourniture de services publics de qualité à tous les échelons du territoire.
L’AFD investit par ailleurs dans le secteur de la justice pour :
- Densifier le maillage territorial des services judiciaires (Tribunal de première instance de Bingerville, cours d’appel de Korhogo, Bouaké, Cité de la Justice Commerciale d’Abidjan) ;
- Améliorer les conditions de vie des détenus (Maison d’arrêt de Guiglo) ;
- Former le personnel judiciaire (Instituts nationaux de formation judiciaire) ;
- Renforcer l’accès à la justice via l’assistance juridique (15 000 bénéficiaires).
Enfin, l’AFD contribue à réduire les inégalités d’accès aux services de base et favoriser la cohésion sociale dans les régions frontalières du Nord (Bounkani, Tchologo, Poro) confrontées à un déficit d’investissements et soumises à de fortes pressions sociales et environnementales.
Les PME ivoiriennes représentent 98% des entreprises formelles et emploient 23% de la population active. Elles font toutefois face à des difficultés d'accès au financement en raison notamment d’une fragmentation des dispositifs d’accompagnement et d’une offre de financement inadaptée des banques. Cette situation impacte nécessairement la dynamique économique du pays.
Le groupe AFD accompagne donc le développement des entreprises privées, à travers des dispositifs variés.
Côté AFD, l’initiative Choose Africa, qui concrétise la volonté de la France de soutenir l’entrepreneuriat et l’innovation en Afrique, accompagne la structuration du guichet unique de développement des PME. Ce projet permettra de fournir une offre complète d’accompagnement technique et de financement à 60 000 projets entrepreneuriaux ivoiriens.
Côté Proparco, filiale de l’AFD pour le financement du secteur privé, une large gamme d’instruments de prêts, prises de participation, garanties et assistance technique est déployée. Les entreprises financées relèvent principalement de l’agro-industrie, des services, de l’énergie et des infrastructures. Les garanties bancaires ont permis de déployer près de 600 millions d’Euros de crédits aux PME, via les institutions financières partenaires (SGCI, Ecobank, BICICI, SIB, ALIOS, NSIA, Advans...).
La Côte d’Ivoire constitue un pôle de créativité puissant et le poids économique des ICC est en pleine croissance (2,3% du PIB en 2012 ; > 5% aujourd’hui). Mais le secteur fait face à de réels défis : manque de formations, difficulté d’accès aux financements, précarité et informalité des emplois ou encore déséquilibre fort entre Abidjan et les autres villes du pays en matière d’opportunités professionnelles et d’infrastructures.
Depuis 2022, l’AFD investit donc dans le secteur afin de (i) rendre la culture plus accessible, en ciblant les jeunes et en renforçant l’offre culturelle sur tout le territoire, (ii) soutenir la professionnalisation du secteur (formations, incubation pour les entrepreneurs) et la mise en réseau des artistes et des financeurs, et (iii) promouvoir l’autonomisation des jeunes et des femmes à travers l’entreprenariat culturel.
Ces efforts ont permis d’accompagner une centaine de jeunes marginalisés, issus de Centres d’observations pour Mineurs ou de l’Office du Service civique à des pratiques artistiques, telle la danse. Ils permettront, dès 2026, de lancer la réhabilitation du Centre Culturel de Bouaké (2ème ville du pays) et d’accompagner techniquement et financièrement 140 entrepreneurs culturels des filières mode, musique et cinéma.
Sur le terrain
Projets
Actualités & communiqués de presse
Publications & médias
Chiffres clés
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3 milliards d’euros de financements en cours d’exécution
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80 projets en cours de mise en oeuvre