Cette étude identifiera les différentes formes de coopération (conflictuelles mais aussi positives/ bénéfiques) entre éleveurs transhumants et sédentaires au Nord-Cameroun, en faisant l’hypothèse que les conflits qui sont de plus en plus fréquents trouvent une origine dans la dégradation des relations matérielles entre ces deux groupes sur les terroirs villageois. L’objectif sera d’identifier les moyens pour améliorer ces relations.
Contexte
Au Cameroun, l’élevage représente 13% du PIB agricole et emploie près d’un tiers de la population rurale. L’extrême-nord du pays, en particulier, possède de nombreuses ressources pastorales – eau et pâturages – qui font de cette région un pôle d’attraction pour les pasteurs transhumants venant du Niger, du Nigéria et du Tchad.
Cependant, cette transhumance transfrontalière historique s’est recomposée sous l’effet de l’insécurité croissante dans le bassin du lac Tchad, de la croissance démographique, de la densification agricole, ou encore du changement climatique et du développement des aires protégées. Ces reconfigurations sont fréquemment porteuses de conflit. En effet, le Nord-Cameroun est non seulement la région la plus peuplée du pays, mais elle est aussi la plus pauvre. La population sédentaire, déjà confrontée au manque d’accès aux ressources naturelles et aux activités génératrices de revenus, se retrouve désormais face à une réduction de la production agricole et de l’élevage, en raison des chocs agro-climatiques et de la densification de l’occupation de l’espace rendant la régénération de la fertilité des sols plus difficile.
Dès lors, les nouveaux itinéraires des éleveurs transhumants engendrent une concurrence accrue sur les ressources agro-pastorales et une multiplication des conflits d’usage entre éleveurs transhumants et éleveurs/agriculteurs sédentaires.
Les interactions entre ces deux groupes ont pourtant longtemps été positives sous la forme de contrepartie à l’accès des troupeaux à des ressources fourragères car la transhumance peut présenter un intérêt pour les agriculteurs : fertilisation, régénération naturelle des plantes pérennes… Il est donc utile d’identifier les moyens de restaurer des relations mutuellement bénéfiques.
Objectif
Cette étude analysera les différentes formes d’interactions – conflictuelles ou positives – entre éleveurs transhumants et éleveurs/agriculteurs sédentaires, afin de répondre à la question de recherche suivante : quel est aujourd’hui l’intérêt économique des cultivateurs et des pasteurs à conclure des arrangements de transit et de stationnement des troupeaux sur un terroir villageois ?
Ce prisme économique permettra d’analyser l’évolution des bénéfices et des coûts pour chaque groupe d’acteurs, objectivant ainsi les raisons matérielles qui ont pu faire croître les divergences d’intérêt entre transhumants et sédentaires sur le même terroir à certaines périodes de l’année.
Cela doit permettre de caractériser les effets de l’élevage transhumant sur l’économie locale, ainsi que d’identifier les leviers à prioriser pour assurer sa viabilité – économique, sociale, sanitaire et environnementale. Le projet identifiera notamment les types d’arrangements les plus bénéfiques, et ce dans le but de favoriser les coopérations positives entre les éleveurs transhumants et les autres groupes sociaux en présence (éleveurs sédentaires, agriculteurs, chasseurs, autorités, commerçants etc.).
Ces résultats pourraient ensuite permettre d’éclairer la prise de décision locale, voire nationale à plus long terme, pour gérer les conflits et favoriser les arrangements entre transhumants et sédentaires.
Méthode
En collaboration avec des équipes de l’université de Maroua spécialisées en économie agricole et en sociologie rurale, le travail reposera essentiellement sur le recueil d’informations – quantitatives et qualitatives – auprès des communautés d’éleveurs et des villageois des terroirs sur lesquels stationnent les éleveurs. Le travail s’appuiera sur l’expérience acquise par les équipes de terrain d’Action contre la faim (ACF) dans le cadre de la mise en œuvre du Projet régional d’appui au pastoralisme et à la commercialisation du bétail dans les territoires transfrontaliers Cameroun-Nigéria-Tchad (PASCO), financé par l’AFD, et qui vient en appui aux communautés agropastorales de la zone du Lac Tchad.
Prévues dans trois villages, les enquêtes quantifieront les flux de matière résultant des échanges entre ces groupes d’acteurs (fumier, lait, veau, gardiennage contre grain, fourrage, eau mais aussi épizooties et leurs conséquences, dégâts aux cultures etc.). Il s’agira de raisonner en coût et avantage pour chaque acteur, avec et sans arrangement entre eux.
Les analyses seront soumises à discussion avec les communautés locales pour identifier les arrangements les plus prometteurs.
Résultats
Les travaux de recherche seront publiés sur le site d’Action contre la faim. Ils donneront également lieu à des publications aux Editions Agence française de développement et à un webinaire de restitution des résultats.
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Benoit FAIVRE-DUPAIGRE
Chargé de recherche, ingénieur agronome
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Le Brésil est confronté à des défis importants dans sa transition vers une économie à faible intensité carbone, notamment pour maintenir sa compétitivité mondiale et éviter les déséquilibres macroéconomiques. Pour y répondre, l'AFD développe, en partenariat avec le ministère des Finances et en coopération avec la CEPAL et l'IPEA, un outil de modélisation économique permettant d'évaluer les impacts des politiques publiques, en particulier celles liées au Plan de transformation écologique. Contexte
Le modèle de développement actuel du Brésil, caractérisé par une utilisation intensive des ressources naturelles et une dégradation de l'environnement, a eu de graves conséquences sociales et économiques. De plus, le pays est confronté aux effets de la dégradation de l'environnement (phénomènes météorologiques extrêmes, raréfaction des ressources naturelles, perte de biodiversité, baisse de la productivité agricole, etc.), qui touchent plus durement les populations les plus pauvres.
En réponse, le Brésil s'engage activement dans la transition vers une économie à faible émission de carbone. Lors de la COP28, à Dubaï, le ministre des Finances Fernando Haddad a lancé le Plan de transformation écologique du Brésil (ETP). Ce plan vise à faire évoluer les paradigmes économiques, technologiques et culturels vers un développement durable fondé sur des relations durables avec la nature et ses biomes. Pour y parvenir, il sera essentiel de réaliser d'importants investissements publics et privés dans les infrastructures durables, les technologies propres et les nouveaux modèles de production.
Cependant, la réalisation de cette ambition s'accompagne de défis importants, notamment en matière de maintien de la compétitivité extérieure. En s’engageant vers une économie plus verte, le Brésil doit veiller à ce que ses politiques et ses investissements ne compromettent pas la compétitivité de ses produits sur les marchés mondiaux et ne créent pas de déséquilibres macroéconomiques susceptibles de compromettre la durabilité de ces efforts.
Objectifs
En partenariat avec le ministère des Finances et en coopération avec la CEPAL et l’IPEA, l’AFD développe un outil de modélisation économique GEMMES afin de tester des instruments de politique publique capables de promouvoir une transition juste et verte.
Le modèle GEMMES Brésil servira à évaluer l'impact des politiques publiques, en particulier celles du Plan de transformation écologique, en mettant l'accent sur leurs conséquences à long terme sur la croissance économique, l'emploi, la stabilité macroéconomique et les variables climatiques/environnementales. En effet, pour réussir sa transition verte, le Brésil a besoin de politiques globales et coordonnées qui non seulement réduisent les émissions, mais soutiennent également le développement socio-économique, protègent l'environnement et garantissent la stabilité macroéconomique.
GEMMES est un modèle macroéconomique structurel empirique capable d'identifier la dynamique spécifique des pays en développement ouverts. Le modèle est élaboré en partenariat avec les autorités locales et les instituts de recherche afin de garantir la cohérence de l'outil avec les besoins du pays et de s'assurer que les partenaires sont capables de l'utiliser et de l'améliorer de manière indépendante. Il s'agit d'un modèle monétaire qui permet aux décideurs publics de tester différents instruments de politique publiques et d'identifier les mécanismes financiers et les conséquences de ces politiques dans différents contextes.
EN SAVOIR PLUS SUR LE MODELE GEMMES
L’AFD et les outils de modélisation macroéconomique pour la transition écologique
Méthode
Après avoir développé un modèle préliminaire calibré avec des données brésiliennes, l'équipe du projet affinera l'outil en intégrant les caractéristiques spécifiques du Brésil au niveau sectoriel, macroéconomique et financier :
- Le modèle doit tenir compte de la dynamique des taux d'intérêt et des taux de change et de leur impact sur l'investissement privé et l'emploi, ainsi que des contraintes budgétaires et macrofinancières et de la capacité des investissements publics dans les infrastructures vertes à stimuler un nouveau plan de transformation écologique.
- Le modèle adoptera également une approche par secteur, afin de fournir des estimations détaillées de l'impact des mesures climatiques et des politiques sectorielles à moyen et long terme, en tenant compte de différents scénarios nationaux et internationaux, ainsi que de leur capacité à renforcer les chaînes de production stratégiques et à promouvoir un changement structurel vers une économie moins dépendante de l'exploitation des ressources naturelles.
Résultats attendus
Le projet aboutira à la création d'un outil qui modélise le cadre macrofinancier de l'économie brésilienne, en identifiant clairement les mécanismes qui déterminent les taux d'intérêt et la dynamique des taux de change, ainsi que leur impact sur les variables réelles (telles que les décisions d'investissement du secteur privé, les exportations, les importations et la structure du marché).
Tout au long du projet, l'équipe de recherche organisera des ateliers afin de s'assurer que le modèle répond aux besoins spécifiques du ministère des Finances, et des sessions de formation seront organisées afin que les analystes des politiques publiques puissent utiliser efficacement le modèle pour évaluer les mesures politiques. Plusieurs publications, dont un ouvrage final, sont également prévues.
Contact
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Guilherme MAGACHO
Économiste, modélisateur
-
Gaëlle LE TREUT
Economiste modélisatrice
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Mention légale UE (projet) Quel est l’impact des politiques fiscales et des dépenses sociales sur la réduction des inégalités femmes-hommes en Colombie ? L’Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités vise à explorer cette question en étroite collaboration avec le gouvernement colombien et en partenariat avec l’Universidad de los Andes.
Contexte
Comme l’indique une étude récente, les inégalités et la pauvreté en Colombie ont augmenté ces dernières années, surtout après la pandémie de Covid-19. La détérioration de ces indicateurs place la Colombie parmi les pays les plus inégalitaires au monde. Le diagnostic multidimensionnel des inégalités en Colombie montre également que les écarts entre les hommes et les femmes sont particulièrement marqués dans le pays. En effet, les taux d’emploi des femmes sont plus faibles que ceux des hommes à tous les niveaux de scolarité. Par exemple, en 2020, alors que le taux d’emploi des femmes sans qualification atteignait 31 %, celui des hommes était de 65 %.
Dans ce contexte, le gouvernement colombien s’est engagé à réduire les écarts entre les groupes de population et entre les territoires et a identifié la réduction des écarts entre les hommes et les femmes comme l’une de ses priorités. Il est ainsi essentiel de mieux comprendre les déterminants des inégalités les solutions possibles, et d’identifier les moyens par lesquels les politiques publiques, sociales et budgétaires peuvent les réduire.
Afin d’accompagner le gouvernement colombien dans l’élaboration de politiques publiques visant à réduire les inégalités, la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités, en étroite collaboration avec les centres de recherche locaux et les autorités nationales, a déjà :
- Elaboré le diagnostic multidimensionnel sur les inégalités et produit des statistiques sur les inégalités avec le département national de la Statistique (DANE). Le diagnostic est un panorama statistique des inégalités sous de multiples angles, qui vise à éclairer les décisions publiques en fournissant des informations-clés pour la réduction des écarts les plus importants dans le pays.
- Réalisé une analyse de l’incidence fiscale basée sur la méthodologie Commitment for Equity (CEQ), et, en étroite collaboration avec le ministère des finances, élaboré un outil permettant d’évaluer l’impact sur les inégalités de la dernière réforme fiscale dans le pays, par micro-simulations.
Ces deux études ont ouvert la porte à de nouveaux sujets d’analyses pour fournir au gouvernement colombien des données, des informations et des connaissances pertinentes pour renforcer la conception, la mise en œuvre et le suivi des instruments politiques susceptibles de réduire les inégalités et les écarts entre les groupes de population, en premier lieu la politique fiscale et les dépenses sociales.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension de la Facilité contribue à l’élaboration de politiques publiques visant à réduire les inégalités dans quatre pays : l’Afrique du Sud, le Mexique, la Colombie et l’Indonésie sur la période 2021-2025.
Objectif
Ce projet de recherche utilisera des méthodologies novatrices pour combiner les informations issues d’enquêtes, de bases de données et de dossiers administratifs pour mieux comprendre les impacts des mesures budgétaires et des dépenses du gouvernement colombien sur la réduction des écarts entre les hommes et les femmes, et plus généralement, pour renforcer l’analyse des mesures d’inégalité des revenus en Colombie.
Cette étude vise également à renforcer les capacités internes colombiennes, permettant de continuer à produire des rapports et de nouvelles mesures et analyses des inégalités, afin d’alimenter la conception de politiques publiques plus justes dans le pays.
Méthode
Le projet de recherche :
- Élaborera une méthodologie d’analyse des répercussions des mesures budgétaires et de dépenses gouvernementales sur la réduction des écarts entre les hommes et les femmes et des inégalités de revenus en Colombie, à partir de l’outil CEQ;
- Déterminera les composantes méthodologiques et opérationnelles nécessaires qui seront mises à jour périodiquement par les différents décideurs publics concernés ;
- Élaborera une batterie d’indicateurs de l’impact des politiques fiscales et budgétaires sur les écarts de revenu entre les hommes et les femmes.
L’analyse utilisera des enquêtes, des bases de données sur l’offre et la demande de programmes sociaux, ainsi que des dossiers administratifs et des renseignements fiscaux de personnes physiques. Ces données seront intégrées dans un modèle CEQ et serviront de base à mise en oeuvre de l’approche genre et aux analyses qui seront effectuées dans le cadre de cette recherche.
Tout au long de la recherche, des groupes de travail seront organisés avec le département national du Plan, le département administratif national des Statistiques, la direction nationale des Impôts et des Douanes et d’autres intervenants impliqués dans le développement conceptuel et méthodologique de la recherche, l’analyse des résultats et l’application de l’outil aux processus stratégiques.
Résultats de recherche
Vous trouverez ci-dessous les différents documents de recherche liés à ce projet :
En cours
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités
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Les modèles de prévision du changement climatique ne donnent pas des résultats assez fins pour les îles du Pacifique s’ils ne sont pas adaptés à la taille et à la topographie des lieux. Le projet de recherche-action Climat du Pacifique, savoirs locaux et stratégies d'adaptation (CLIPSSA) permet d’apporter de nouvelles connaissances scientifiques qui sont complétées et confrontées aux savoirs locaux pour contribuer à la formulation de stratégies d’adaptation dans l’usage des ressources naturelles.
Contexte
Les États et territoires insulaires du Pacifique Sud sont des espaces à l’avant-ligne de la lutte contre le changement climatique du fait de leur forte exposition et leur grande vulnérabilité aux phénomènes météorologiques et aux conséquences de la modification du climat.
Le Pacifique Sud est situé sur une des zones de convection les plus importantes de la planète, caractérisée par de très fortes précipitations, des couvertures nuageuses totales, des mouvements de l’atmosphère en basses couches et un maximum de température de la surface de la mer. Le fonctionnement de cette zone est difficile à comprendre en raison des interactions complexes qui prennent naissance en son sein entre l’océan et l’atmosphère. Les modèles qui sont à établis sur des mailles spatiales grossières (~100km) simulent en général le climat de manière très peu satisfaisante pour une utilisation par les populations des îles.
Dans le cadre de leurs plans d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique, les territoires insulaires du Pacifique expriment, de manière répétée, leurs besoins d’acquérir des connaissances générales sur le climat futur, notamment pour la gestion de leurs ressources hydriques, énergétiques, alimentaires mais aussi pour les questions de santé publique et de biodiversité. C’est un préalable à la formalisation de leurs Plans nationaux d’adaptation (PNA), qu’il faut actualiser ou élaborer dans les Outre-mer français du Pacifique Sud et au Vanuatu puis décliner en plans d’action.
Objectifs
Le projet de recherche-action CLIPSSA vise à développer des données scientifiques inédites sur le climat futur du Pacifique Sud (d’ici à 2100) sous divers scénarios climatiques du GIEC, dont celui de l'Accord de Paris sur le climat. Cela se fera par le biais de simulations à haute résolution (20km) à l’échelle de l’ensemble du Pacifique Sud et à très haute résolution (2,5km) à l’échelle des territoires de l’Outre-mer français du Pacifique Sud et du Vanuatu.
Il s’agira aussi d’analyser les savoirs locaux par l’étude des comportements face à des phénomènes similaires déjà observés afin d’anticiper sur les possibilités de mobiliser des pratiques locales pour l’adaptation des pratiques et systèmes économiques et sociaux au changement climatique.
Les résultats serviront à l’actualisation des plans nationaux d’adaptation au changement climatique dans les territoires concernés et seront valorisés dans un portail climat sur Internet.
En savoir plus : télécharger la plaquette de présentation du projet et consulter le site clipssa.org
Méthode
Le projet CLIPSSA est articulé autour de quatre axes :
- Réalisation de projections climatiques futures à haute résolution en se servant des simulations de plusieurs modèles climatiques globaux (atmosphériques) du dernier rapport du GIEC à différentes échéances temporelles : « proche » (2040), à « moyen terme » (2070) et à « long terme » (2100).
- Ateliers de consultations des experts, acteurs économiques et élus dans les territoires concernés du projet, sur leur perception des impacts du changement climatique et modélisation des impacts des dérèglements climatiques sur des secteurs clés, définis auparavant avec les autorités locales compétentes.
- Collecte des savoirs écologiques locaux constituant des « cultures du risque » et analyse de leurs modalités de transmission. Ces savoirs et savoir-faire concernent autant les pratiques vivrières adaptatives (pêche, agriculture, approvisionnement en eau) que ceux permettant d’annoncer et de se préparer aux phénomènes météorologiques extrêmes.
- Prestations de service pour l’appui aux plans d’adaptation des territoires et pays face aux effets du changement climatique et la mise en place d’un site internet dédié.
Résultats
Les actualités de CLIPSSA seront publiés sur le site du projet : clipssa.org
Autres actualités :
- CLIPSSA éclaire le chemin vers une adaptation efficace (meteofrance.pf, 11 octobre 2023)
-
Le projet CLIPSSA pour une meilleure compréhension du climat (La 1ère, 11 mai 2022)
Contact
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Benoit FAIVRE-DUPAIGRE
Chargé de recherche, ingénieur agronome
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GEMMES Côte d'Ivoire : concevoir un outil de la transition énergétique soutenable
En cours
2017 - 2022
L'Afrique du Sud est-elle en mesure de sécuriser les investissements nécessaires pour sa transition vers une économie bas-carbone, d'adapter ses infrastructures au changement climatique, tout en équilibrant la croissance économique et en maintenant la stabilité macro-financière ? L'AFD soutient l'Afrique du Sud dans sa lutte contre le changement climatique à travers le projet GEMMES Afrique du Sud, développé en collaboration avec des partenaires académiques et institutionnels.
Contexte
L'Afrique du Sud a besoin d'investissements importants pour passer à une économie à faibles émissions de carbone et pour mettre en place des infrastructures résilientes, en particulier dans les secteurs de l'énergie et de l'eau. Fortement dépendante du charbon et confrontée à une raréfaction de l'eau en raison du changement climatique, le pays doit impérativement s'orienter vers la durabilité pour garantir sa stabilité environnementale et économique à long terme.
Avec le soutien de l'AFD, l'Université du Cap (UCT), la Banque de développement d'Afrique australe (DBSA), la Commission présidentielle sur le climat (PCC), le Trésor national et le Centre for Sustainability Transitions de l'Université de Stellenbosch développent un modèle qui évalue les impacts macroéconomiques ainsi que les différentes options de politiques publiques et mécanismes de financement pour la transition des systèmes d'eau, d'énergie et d'alimentation en Afrique du Sud, en réponse aux défis climatiques. Ce projet s'inscrit dans le cadre de l'initiative « Afrique du Sud: vers un développement économique inclusif » (SA-TIED), un programme de recherche et de politique visant à favoriser une croissance économique inclusive dans le pays.
Le programme GEMMES développe un modèle théorique général, ainsi que des modèles nationaux appliqués à des cas concrets et adaptés aux caractéristiques de chaque pays, y compris le modèle GEMMES Afrique du Sud.
EN SAVOIR PLUS SUR GEMMES
L'AFD et les outils de modélisation macroéconomiques pour la transition écologique
Objectif
Le projet GEMMES Afrique du Sud vise à :
- Analyser les impacts macrofinanciers de la transition vers les énergies renouvelables, assurer la sécurité de l'eau et maintenir la durabilité alimentaire ;
- Fournir aux décideurs politiques des informations et des prévisions pour éclairer la prise de décision et la planification à long terme de la croissance économique, de l'emploi et de la résilience climatique, et plus spécifiquement des informations sur les effets macroéconomiques des investissements résilients au climat jusqu'en 2050 ;
- Améliorer la compréhension des vulnérabilités et des opportunités de la transition en Afrique du Sud, en intégrant les boucles de rétroaction macrofinancière dans l'analyse des changements structurels ;
- Favoriser le développement durable et atténuer les risques environnementaux, en contribuant à la stabilité économique à long terme et à l'amélioration de la qualité de vie ;
- Promouvoir le dialogue sur les politiques publiques relatives à la transition vers une Afrique du Sud à faibles émissions de carbone.
Méthode
Outre son approche transdisciplinaire particulière, qui fait de ce projet l'un des rares à intégrer la notion de soutenabilité forte, l'originalité de GEMMES réside dans sa prise en compte des déséquilibres macro-financiers et de l'impact de la transition bas-carbone sur l'ensemble des éléments de la balance des paiements.
GEMMES Afrique du Sud s'appuie sur le modèle de transition énergétique SATIM-GE de l'Université de Cape Town (UCT), qui intègre des boucles de rétroaction macro-financières. Ces boucles fournissent des informations essentielles sur les vulnérabilités économiques du pays et les opportunités d'investissement pendant cette transition.
GEMMES Afrique du Sud est construit en partenariat avec les autorités locales et les instituts de recherche pour garantir que l'outil est cohérent avec les besoins du pays et que les partenaires sont capables de l'utiliser et de l'améliorer de manière indépendante. Il prendra en compte
- la dynamique des taux d'intérêt et de change et leur impact sur l'investissement privé et l'emploi ;
- les contraintes budgétaires et macro-financières ;
- les dynamiques différentes entre les banques et les institutions financières non bancaires ;
- la capacité des investissements publics dans les infrastructures vertes à conduire un nouveau plan de transformation écologique ;
- les impacts des changements climatiques.
Résultats attendus
Le projet GEMMES Afrique du Sud débouchera sur plusieurs publications, dont :
- Une présentation des spécificités de GEMMES Afrique du Sud et de ses simulations de référence ;
- Les implications macro-financières des investissements en infrastructures ;
- Les implications macro-financières des impacts du changement climatique ;
Ces documents fourniront des informations précieuses sur les résultats du projet et contribueront aux discussions en cours dans ce domaine.
Enseignements
À ce stade, et alors que le projet en est encore à ses premières phases, on s'attend à ce que l'intégration des boucles de rétroaction macro-financière joue un rôle important dans l'élaboration de politiques et de stratégies d'investissement efficaces. Au fur et à mesure que le projet progressera, le dialogue continu avec les parties prenantes sera crucial pour affiner ces concepts et relever les défis du processus de transition.
Télécharger les publications relatives à d'autres projets de modélisation en Afrique du Sud :
- Socio-economic and spatially-explicit assessment nature-related risks: The case of South Africa (décembre 2023, en anglais)
- Demand-induced transition risks in South Africa (décembre 2023, en anglais)
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Contacts
-
Paul HADJI-LAZARO
Economiste modélisateur
-
Antoine GODIN
Économiste, responsable de la cellule de modélisation macroéconomique de l'AFD
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GEMMES Côte d'Ivoire : concevoir un outil de la transition énergétique soutenable
En cours
2017 - 2022
La dégradation de la nature peut affecter la stabilité économique et sociale d’un pays. A partir d’un cas d’étude sur l’Afrique du Sud, cette étude propose une méthode pour identifier les secteurs d’une économie exposés à des risques d’instabilité liés à la perte de biodiversité, ainsi que leurs effets potentiels sur plusieurs indicateurs socio-économiques. En miroir, cette méthode permet d’identifier les secteurs constituant des opportunités de développement et tirant partie d’un bon état de la biodiversité.
Contexte
De nombreuses études analysant les risques pour la stabilité des systèmes financiers liés à la dégradation de la nature (RDN) ont été publiées récemment pour les Pays-Bas, la France, ou d’autres pays. Elles soulignent toutes que la perte de biodiversité peut avoir des effets déstabilisateurs importants, soit par l'effondrement des écosystèmes et des services qu'ils rendent à l'économie (ce que l’on appelle les « chocs physiques »), soit par des changements de comportement, de technologie ou de réglementation mis en œuvre dans le cadre d'une transition écologique (« choc de transition »).
Objectif
L’étude, centrée sur le cas de l’Afrique du Sud, évaluera les effets potentiels – en termes de production, de génération de revenus, d’inflation, d’emplois, de salaires, d’équilibre de la balance extérieure et de stabilité budgétaire – d’un choc physique (lié à une dégradation des services rendus par les écosystèmes) ou d’un choc de transition (lié à des mesures ou des innovations contribuant à réduire les pressions exercées par certains secteurs de l’économie sur la biodiversité).
En complément de cette analyse globale, la méthode tente de localiser précisément ces risques sur le territoire, afin d’informer les décideurs locaux et de les aider à prendre des mesures de transition écologiques informées.
Mais ces risques dépassent largement le seul secteur financier, notamment dans les pays en développement. Comment mieux prendre en compte le contexte macro-financier dans l'analyse des RDN dans les pays émergents où il joue un rôle clé dans la résilience des entreprises ou des institutions ? Par rapport à la question climatique, comment mieux prendre en compte l'aspect territorial des risques liés à la nature et mener une évaluation spatialement explicite ?
Programme de recherche associé
Méthode
Cette étude introduit de nouvelles méthodes d'évaluation des risques socio-économiques liés à la dégradation de la nature, en s'appuyant sur deux contributions principales :
- Elle mène une analyse multidimensionnelle de l'exposition de plusieurs variables macro-financières et sociales aux risques liés à la nature. Basée sur des tableaux entrées-sorties (à l'image du modèle ESTEEM) étendus à l'environnement et des comptes satellites socio-économiques, l'analyse identifie comment les risques pourraient exercer des impacts significatifs sur des secteurs directement et indirectement essentiels pour les chaînes de production, et ensuite pour les équilibres socio-économiques.
- La méthode propose une évaluation spatiale plus granulaire, au niveau des municipalités sud-africaines, en étudiant les vulnérabilités liées à la nature. Cette démarche nécessite la mise en cohérence de données économiques spatialisées avec des données écologiques cartographiées. Les résultats localisent donc les expositions socio-économiques.
Ces deux démarches reliées entre elles soulignent l'importance d'une approche holistique des risques liés à la nature, combinant les connaissances des économistes et des écologistes, et capable de mettre l'accent sur les objectifs conjoints de prospérité économique, de stabilité sociale et de durabilité environnementale.
Enseignements
L’étude permet d’identifier des secteurs économiques potentiellement exposés à des risques importants et offre l’opportunité aux acteurs sud-africains de mener des études plus poussées afin de préciser l’ampleur et la matérialité de ces risques.
Par exemple, en Afrique du Sud, 80 % des exportations du pays et 60% des prêts aux entreprises apparaissent fortement dépendantes des services d’approvisionnement en eau fournis par les écosystèmes. Outre l'exposition directe à ces risques, un choc subi par les secteurs qui dépendent du service écosystémique d’approvisionnement en eau peut se propager ("en cascade") dans l'ensemble du réseau industriel, sous la forme d'effets sur la demande ou sur l'offre. Alors que 18 % des emplois et 24 % des salaires sont directement exposés à ces risques (notamment dans les secteurs de l'immobilier et de l'industrie manufacturière), ces expositions passent respectivement à 48 % et 56 % si l'on inclut les activités indirectement exposées au travers des chaines de valeurs.
La biodiversité étant très dépendante des facteurs géographiques, il est important de compléter les analyses précédentes, par des analyses géolocalisées : il faut identifier quelles activités économiques se situent là où les écosystèmes et les services qu’ils fournissent sont dégradés. Quand on tient compte de la localisation des entreprises contribuant aux exportations, le premier chiffre de 80% des exportations sud-africaines dépendantes de l’approvisionnement en eaux de surface est ramené à près de 23 % d’exportation vulnérables à ce service écosystémique. Cela signifie que 23% des exportations sont générées par des activités dépendantes à l’approvisionnement en eaux de surface et qui sont, en plus, situées dans des municipalités où le service écosystémique est sensiblement dégradé. En d'autres termes, en tenant compte de la localisation des services écosystémiques dégradés, il apparaît que près d'un quart des exportations nettes semble directement vulnérable au manque d'eau.
Pour aller plus loin :
- Lire le papier de recherche : Socio-economic and spatially-explicit assessment of nature-related risks – The case of South Africa
- Lire le papier de recherche : A framework to assess socioeconomic and spatialized nature-related risks: An application to South Africa (Environmental and Sustainability Indicators, 2025)
- Revoir le webinaire Conversation de recherche consacré aux résultats avec les partenaires sud-africains
Suites du projet de recherche
La méthode et les résultats de l’étude ont suscité l’intérêt d’un grand nombre d’acteurs économiques et des sciences de l’environnement, confirmant la pertinence de la méthode. Moins que les valeurs précises des résultats, ce sont les ordres de grandeur et l’identification des secteurs économiques fortement dépendants aux services rendus par les écosystèmes (exposés à un risque physique) ou exerçant le plus de pressions sur la biodiversité (exposés à un risque de transition) qui suscitent l’intérêt et le débat.
En effet, l’un des principaux résultats a été de susciter l’intérêt et le dialogue entre des acteurs sud-africains qui échangeaient peu jusqu’à présent, notamment l’Institut national de la biodiversité (SANBI), le ministère de l’Environnement, le ministère des Finances ou encore la Banque centrale (South African Reserve Bank, SARB).
Les acteurs sud-africains travaillent actuellement à traduire ces résultats techniques en documents accessibles pour une audience de non-spécialistes et pour générer des débats plus approfondis avec des acteurs des principaux secteurs identifiés comme exposés à des risques, ou vecteurs d’opportunités pour des secteurs résilients à fort impacts positifs socio-économiques.
Par ailleurs, la Banque centrale d’Afrique du Sud est en train d’utiliser cette méthode pour réaliser avec l’AFD une évaluation de l’exposition du secteur financier pour l’ensemble des pays membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC). La Banque de développement d’Afrique du Sud (DBSA) a aussi commencé à utiliser cette méthode pour évaluer l’exposition de son propre portefeuille. D’autres développements et améliorations de la méthode pourraient suivre à l’avenir.
Contacts
- Paul Hadji-Lazaro, macroéconomiste écologique à l'AFD
- Julien Calas, chargé de recherche biodiversité à l'AFD
- Antoine Godin, responsable de la cellule modélisation macroéconomique GEMMES à l'AFD
- Andrew Skowno, coordinateur de l'analyse de la biodiversité nationale à SANBI
- Pamela Sekese, consultante en matière de géospatial
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