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L’AFD et le Cirad appellent à reconnaître le rôle stratégique du pastoralisme dans les pays du Sud
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À l’occasion du Salon international de l’agriculture, le groupe AFD et le Cirad unissent leur voix autour du thème « Le pastoralisme, une richesse vivante pour la planète » et publient une note de positionnement commune. Objectif : mieux reconnaître ce mode d’élevage, souvent marginalisé mais essentiel pour la sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique et la stabilité des territoires.
C’est un chiffre peu connu : plus de 500 millions de personnes vivent aujourd’hui de l’élevage pastoral dans une centaine de pays. Une réalité massive, mais largement absente des débats publics. Ces éleveurs travaillent dans des savanes, des steppes, des zones arides ou de montagne qui couvrent plus de la moitié des terres émergées. Là où l’agriculture est limitée, l’élevage mobile constitue souvent l’activité économique centrale.
Le principe est simple : bouger pour s’adapter. La mobilité des troupeaux permet de suivre les pluies, d’accéder aux pâturages disponibles et de faire face aux aléas climatiques. Cette souplesse rend le pastoralisme particulièrement résilient. Elle a aussi un impact environnemental souvent ignoré : les pâturages stockent près de 30 % du carbone organique des sols et, dans certaines régions sahéliennes, le carbone capté compense même les émissions liées aux troupeaux.
Une réalité peu prise en compte
Le pastoralisme reste pourtant peu pris en compte dans les politiques publiques. Pression sur les terres, urbanisation, insécurité…, les espaces de mobilité se réduisent. Or, sécuriser les couloirs de transhumance, aménager des points d’eau, renforcer les services vétérinaires mobiles ou soutenir la médiation locale peut contribuer à limiter les tensions et à maintenir la cohésion sociale dans des territoires fragiles.
Avec cette note commune, l’AFD et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) souhaitent remettre ces réalités au centre du débat : mieux mesurer le poids économique du pastoralisme, reconnaître son rôle climatique, encourager les complémentarités entre agriculture et élevage et donner toute leur place aux organisations d’éleveurs dans les stratégies nationales et régionales.
À l’heure où les crises alimentaires et climatiques s’intensifient, soutenir le pastoralisme est tout sauf un sujet marginal. C’est une question de résilience des systèmes alimentaires et d’équilibre des territoires ruraux.
Le projet Nomads for Life en Mongolie
Financé par le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) et mis en œuvre par Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) et le Cirad (2026-2030), le projet Nomads for Life vise à instaurer une gestion territoriale concertée des pâturages en Mongolie. Il s'appuie sur l'élaboration de plans d'action territoriaux co-construits avec l'ensemble des acteurs locaux : éleveurs et leurs organisations, autorités publiques et industriels. Ces plans définissent des actions collectives portant sur le suivi de l'état des pâturages, le développement de services aux éleveurs, la régulation des troupeaux et des usages, ainsi que l'amélioration de l'accès aux marchés.