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Pourquoi l’AFD finance-t-elle des projets pour le climat loin de la France ?
Pour protéger la France, conforter des alliances politiques et contribuer à la stabilité mondiale tout en préservant la planète, l’AFD a financé des projets pour le climat à hauteur de 8 milliards d’euros en 2025, pour l’essentiel sous la forme de prêts.
L’action pour le climat est devenue une priorité pour l’Agence française de développement, première institution financière au monde à s'engager, dès 2017, à aligner l'ensemble de ses actions sur les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat.
Cet objectif, confirmé dans la loi du 4 août 2021 relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales, s’articule autour de deux grands axes : diminuer les émissions de gaz à effet de serre et réduire la vulnérabilité aux aléas climatiques – canicules, sécheresses, inondations, montée des eaux…
En 2025, le groupe AFD a financé 7,8 milliards d’euros de projets ayant un bénéfice pour le climat (principalement sous forme de prêts), dont 42 % consacrés à l’adaptation au changement climatique. Une partie de ces ressources est déployée dans les Outre-mer français, et la plus grande part est concentrée dans les pays en développement.
Voici les cinq principales raisons pour lesquelles l’AFD finance ces projets de lutte contre le changement climatique en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Outre-mer.
1. Pour protéger la France et l’Europe
L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite sur la planète, deux fois plus que la moyenne mondiale, d’après l’Organisation météorologique mondiale. Pour ralentir ce réchauffement, il convient de réduire les émissions de gaz à effet de serre à la fois en Europe et hors d’Europe, puisque ces gaz s’accumulent dans l’atmosphère et affectent le climat mondial quel que soit le pays d’où ils proviennent.
C’est pourquoi l’AFD investit partout où cela est possible dans des projets visant à réduire ces émissions : production d’énergies renouvelables, transports bas carbone, agroécologie, préservation des forêts, évolution des normes… Les projets financés en 2025 permettront ainsi d’éviter l’émission de 54 millions de tonnes équivalent CO2 et d’atténuer les impacts du dérèglement climatique partout dans le monde – et donc aussi en France.
L’AFD s’inspire également des solutions développées sous des climats plus chauds. En accompagnant les pays en développement face à des défis qui touchent aussi l’Europe et la France (canicules, sécheresses, crues exceptionnelles, montée des eaux), nous apprenons des autres et capitalisons sur des innovations et des retours d’expériences que les acteurs français pourront mobiliser. À l’image du projet franco-turc mené à Eskisehir, en Turquie, qui vise à améliorer la résilience des forêts face au réchauffement du climat et aux parasites.
2. Pour soutenir nos entreprises
Protéger le climat en agissant ailleurs, c’est aussi protéger et renforcer notre économie. Nos industries françaises dépendent de matières premières, d’eau, de terres agricoles et de chaînes logistiques du monde entier. Si le climat se dérègle, ou si les écosystèmes se dégradent, ces approvisionnements deviennent plus coûteux et plus incertains.
Les projets de l’AFD permettent aussi de valoriser à l’international le savoir-faire d’entreprises françaises qui développent des solutions en matière de climat et de biodiversité : atténuation, adaptation, ingénierie écologique, gestion durable des ressources.
3. Pour conforter les alliances et des partenariats de long terme
Un projet pour le climat financé par l’AFD dans un pays partenaire est un levier pour son développement et sa souveraineté. Cela permet à la France de créer ou de consolider des alliances et des partenariats de long terme sur ces sujets cruciaux et d’intérêts mutuels, dans un monde plus instable et plus fragmenté qu’auparavant.
Cela contribue à tenir les engagements pris avec les autres nations du monde pour financer la lutte contre le changement climatique.
Figurant par ailleurs parmi les premiers fournisseurs mondiaux de financements climat, l’AFD permet également à la France de faire valoir avec plus de force ses positions dans les enceintes internationales, notamment dans les négociations climatiques.
4. Pour contribuer à la stabilité du monde
En luttant à la bonne échelle pour prévenir les risques mondiaux, les investissements de l’AFD limitent les crises et contribuent à la stabilité du monde. En effet, soutenir des projets améliorant la résilience des pays en développement face aux impacts du bouleversement climatique (montée des eaux, évènements météorologiques extrêmes…) permet d’améliorer la sécurité alimentaire ou la disponibilité en eau, de renforcer la souveraineté énergétique ou la stabilité économique, de contribuer à réduire les migrations forcées ou les sources de conflits, et diminue ainsi le risque de crise régionale ou internationale.
Les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine rappellent aussi à quel point la dépendance aux énergies fossiles peut fragiliser les pays, lorsque les hausses des prix pèsent sur les finances publiques et la vie quotidienne de millions de personnes.
C’est ainsi qu’en accompagnant des projets concrets comme l’installation d’une centrale solaire, l’amélioration du réseau de distribution ou des capacités de stockage, l’AFD aide ses partenaires à construire des modèles plus propres et moins vulnérables aux crises, et à gagner en souveraineté et en stabilité.
En Côte d’Ivoire, le programme Wasuna illustre bien cette logique. Signé le 2 avril 2026, il combine la réhabilitation de six ouvrages hydroélectriques, la construction de deux centrales solaires et l’installation de batteries. L’objectif : rendre l’électricité plus fiable et moins dépendante d’énergies fossiles devenues très coûteuses. À terme, 9 millions de personnes bénéficieront d’un accès plus sûr à l’électricité.
5. Par solidarité avec les pays vulnérables
Les effets du dérèglement climatique sont déjà très visibles dans des pays qui ont pourtant très peu contribué aux émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis le milieu du XIXe siècle, comme le Népal ou le Pakistan.
Ces pays n’ont pas toujours les moyens d’investir dans la décarbonation de leur société et dans l’adaptation face aux catastrophes climatiques et à la dégradation des écosystèmes. L’AFD se tient à leurs côtés et mobilise ses outils financiers pour soutenir ces deux objectifs en phase avec l’engagement de la France : transmettre aux générations futures un monde plus résilient et durable.
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« Considérons l’adaptation climatique comme une trajectoire et non comme une somme de solutions »
Publié le 2 octobre 2026