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hopital Burkina Faso Afrique Covid femme directrice
Mis en oeuvre de 2017 à 2019 par Expertise France, le projet PRISMS a permis d’améliorer la protection des patients et des soignants face aux infections en milieu hospitalier au Burkina Faso. Limitant ainsi les transmissions du nouveau coronavirus durant la pandémie.

L’hygiène en milieu hospitalier est devenue ces dernières années une préoccupation internationale majeure. En Europe, en Asie, en Amérique ou en Afrique, un déficit d’hygiène en structure de santé entraîne en effet un risque d’infection nosocomiale pour les patients et un risque professionnel pour les soignants. 

Au Burkina Faso, les pratiques constatées, ainsi que le manque de matériel de soins et d’équipements de protection individuelle, laissaient présager encore récemment un risque d’infection important, que la pandémie de Covid-19 aurait sans doute exacerbé.

Il n’en a pourtant pas été ainsi, et ce grâce à un projet mené sur le terrain par Expertise France : le projet PRISMS – Prévention du risque infectieux et sécurité en milieu de soins – lancé en 2017 et doté de 3,7 millions d’euros, issus à 90 % de l’Union européenne et à 10 % de la France.

Amélioration de l’hygiène dans les hôpitaux

De portée nationale, PRISMS a été mis en œuvre dans quatre centres hospitaliers universitaires (CHU), 9 centres hospitaliers régionaux (CHR) et 8 centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) durant deux ans et demi, jusqu’à la mi-2019. Objectif : renforcer la qualité et la sécurité des soins au Burkina Faso grâce à l’amélioration de l’hygiène hospitalière.

Le CHU de Bogodogo, à Ouagadougou, compte parmi la vingtaine de centres de santé concernés. Il a d’abord fait l’objet d’audits mixtes sur les ressources et les pratiques dans ses services : urgence, chirurgie, pédiatrie, maternité et réanimation. Le projet lui a permis d’acquérir davantage de poubelles, de dispositifs lave-mains et de matériel pour la production de solution hydroalcoolique. Un local de stockage des déchets biomédicaux y a été construit, et les travaux d’un nouvel incinérateur ont pu être menés à bien.

Le personnel a également été formé à la prévention des infections associées aux soins, et de nouvelles procédures d’hygiène ont été mises en place, notamment dans les blocs opératoires.

Très peu d’agents exposés au virus

« À la survenue de la pandémie de Covid-19, il n’y a plus eu besoin de former le personnel sur l’hygiène, mais seulement de réaliser des courts briefings contextualisés. L’un des résultats est le très faible nombre d’agents exposés pour défaut d’hygiène ou contaminés par le Covid-19 », se réjouit Diane Kaboré, directrice du CHU de Bogodogo.

« Ce projet serait peut-être passé inaperçu sans la crise sanitaire qui lui a donné une plus grande pertinence encore, étant donné la croissance des déchets bio-médicaux en période de pandémie et l’aspect crucial de leur traitement sécurisé pour éviter un risque sanitaire supplémentaire », observe Tanguy Denieul, directeur de l’agence de l’AFD au Burkina Faso, qui y travaille en étroite collaboration avec Expertise France.

Le projet a aussi permis une meilleure prise en charge des patients, contribuant à augmenter leur confiance envers les structures hospitalières concernées. Diane Kaboré s’en félicite et voit plus loin : « Nous serions heureux que ces équipes puissent poursuivre ce travail afin de renforcer les acquis pour les prochaines années. »