• logo linkedin
  • logo email
AFD, siège
La salle de marchés joue un rôle essentiel dans le processus de financement de l’AFD, un rôle chaque année plus important à mesure que le volume de prêts s’accroît.

L’Agence française de développement (AFD) est une banque, mais une banque pas comme les autres : outre qu’elle se consacre au financement du développement, elle ne reçoit aucun dépôt de clients qui pourrait contribuer à financer les prêts qu’elle accorde. Son statut de société de financement exclut d’ailleurs expressément qu’elle puisse recevoir des fonds en provenance du public.

Tous les prêts accordés par l’AFD sont donc refinancés par des emprunts, essentiellement à moyen et long terme. D’où l’importance de sa salle de marchés, au sein de laquelle sept opérateurs gèrent l’ensemble des opérations du Groupe. 

La salle de marchés a pour fonction de gérer l’ensemble des financements, ainsi que les risques liés. Ceux-ci peuvent être regroupés en trois grandes catégories : le risque de liquidité (cas où l’AFD ne serait pas en mesure de faire face à une échéance de remboursement d’un emprunt) ; le risque de taux d’intérêt (par exemple si l’AFD a prêté à taux faible et que le prix de l’argent monte, augmentant le coût de ses financements) ; et enfin le risque de change. 

Concernant ces deux derniers enjeux, la politique de l’AFD est simple : la banque procède à des opérations de couverture – swaps – dès qu’elle prête à taux d’intérêt fixe ou en devises étrangères. L’objectif ? S’agissant des taux, tous les actifs comme tous les passifs se retrouvent économiquement équivalents à des prêts ou emprunts à taux d’intérêt variables. Ainsi, si les taux de marché connaissaient une forte hausse subite, renchérissant le prix des emprunts effectués par l’AFD – au passif –, les intérêts encaissés sur les prêts accordés – à l’actif – suivraient le même chemin.

Quant au risque de change, les opérations de swaps aboutissent à ce que l’ensemble du bilan puisse être considéré comme libellé en euros. Le risque est donc éliminé dès qu’un prêt est accordé. 

Des prêts en forte croissance

Reste l’enjeu de la liquidité. L’AFD ne peut évidemment se trouver à court d’argent. La problématique est d’autant plus importante que la banque prête de plus en plus, comme le veut la stratégie de développement approuvée par l’exécutif au début du quinquennat de François Hollande, et confirmée par Emmanuel Macron.

En 2015, les prêts accordés finançant des projets à travers les pays en développement et émergents ont engendré 3,4 milliards d’euros de décaissements de la part de l’AFD. En 2017, ce montant avait atteint 5,6 milliards d’euros. Pour 2020, l’AFD avait prévu de verser 7,2 milliards ; cette enveloppe sera certainement dépassée. Et l’objectif fixé – avant la crise – pour 2022 s’élève à 9,5 milliards. 

Pour financer ces crédits, l’AFD dispose d’abord d’une ressource récurrente correspondant aux remboursements des prêts accordés précédemment. Des prêts qui sont pour l’essentiel amortissables, année après année. Mais cette ressource est très insuffisante, et l’est de plus en plus à mesure que l’AFD augmente le volume annuel de son activité de prêts. La banque doit donc trouver des financements croissants. Les besoins pourraient doubler en à peine plus de cinq ans. Elle avait emprunté 4,8 milliards d’euros en 2014 ; ce montant a grimpé à 6,2 milliards en 2017 et atteindrait les 10 milliards en 2022. Des emprunts réalisés sous la forme d’émissions d’obligations.
 

Une large palette d'investisseurs

Comme tout émetteur d’obligations, l’Agence française de développement fait appel à une large palette d’investisseurs, que les responsables de sa salle de marchés rencontrent régulièrement. En 2019, les banques centrales et autres institutions publiques ont représenté la première catégorie d’investisseurs, achetant 41 % des titres émis, suivis des gestionnaires d’actifs (26 %). 

C’est via les grandes banques, notamment françaises, que l’AFD procède aux émissions, pour des obligations d’une durée comprise entre 2 et 16 ans, et même jusqu’à 25 ans pour de petits montants.

S’agissant d’une banque publique entièrement détenue par l’État, l’AFD est en mesure d’emprunter à des conditions proches de celui-ci. Ainsi, pour un emprunt sur 10 ans, l’AFD doit actuellement s’acquitter d’environ 0,30 % de plus que l’État (30 points de base supplémentaires). Un écart qui était encore inférieur avant la crise.  

Les sommes ainsi collectées financent donc directement des prêts en faveur du développement. En outre, pour faire face à une hypothétique crise financière, synonyme de retrait des investisseurs et d’arrêt de tout nouveau financement, l’AFD dispose de réserves, d’un « coussin de sécurité » équivalent à neuf mois d’activité de prêt.

Les green bonds, un choix politique

L’AFD a émis ces dernières années plusieurs obligations vertes, ou green bonds : cet argent emprunté est fléché vers des prêts destinés à la lutte contre le changement climatique et la préservation de l’environnement. L’AFD a d’ailleurs été précurseur dans ce domaine. Mais si les investisseurs sont de plus en plus friands de ces titres verts, la rémunération qu’ils exigent n’est pas pour autant significativement inférieure à celle des obligations classiques. 

Cette émission de green bonds relève donc avant tout d’un choix politique, celui de privilégier la croissance durable à travers le monde.
 


Quelques opérations récentes 

L’AFD a profité de l’amélioration des conditions sur le marché obligataire, dans le sillage de plusieurs autres opérations effectuées par des acteurs de la place, pour lancer durant le mois de juin deux levées de fonds en euros et en dollars pour une somme totale de près de 1,9 milliard d’euros. L’opération en euros porte sur un montant d’un milliard avec une maturité de 18 mois, celle en USD, elle aussi avec une maturité de 18 mois, porte sur l'équivalent de 896 millions d’euros.

L’AFD a levé à date en 2020 près de 7 milliards d’euros sur les marchés pour financer ses opérations de prêts pour le développement.

à lire aussi