Les infrastructures du barrage de Kpong ont été modernisées et automatisées pour fournir au Ghana une énergie plus stable et plus verte.

Dans la salle de contrôle du barrage hydroélectrique de Kpong, à l’est du Ghana, les ingénieurs règlent les vannes de l'évacuateur de crues depuis des écrans d'ordinateurs. Un changement radical par rapport à la situation d’avant la rénovation des équipements de cette infrastructure, lorsque toutes ces manœuvres s’effectuaient encore manuellement. 

Situé à Akuse, ce barrage d'une capacité de 160 MW est l'un des deux ouvrages permettant de produire 30 % de l'électricité nationale ghanéenne. Il est détenu et exploité par l'Autorité du fleuve Volta (VRA), l’entreprise publique historique de production d’électricité ghanéenne. Mise en service en 1982, cette centrale hydroélectrique a fonctionné de manière fiable jusqu'au début des années 2000. Depuis, la vétusté des équipements a entraîné des délestages d’électricité de plus en plus fréquents. 

Pour pallier ce problème, le gouvernement a fait appel à des producteurs d'électricité indépendants dont la plupart fournissent de l'énergie thermique polluante. Soutenue par l’Agence française de développement (AFD), la rénovation du barrage devenait nécessaire pour fournir une énergie plus stable et plus propre au Ghana. Suite à cette rénovation, les consommateurs ont désormais droit à un approvisionnement amélioré et fiable en électricité. Autre progrès notable, les exploitants du barrage sont aujourd’hui en mesure de diagnostiquer les problèmes plus rapidement.

Ghana, barrage, salle de contrôle
Nana
Nana Kum Sam-Awortwi : des performances et des compétences
Nana Kum Sam-Awortwi, chef de projet de l'Autorité du fleuve Volta (VRA), estime que « le principal avantage de cette rénovation est la prolongation de 25 à 30 ans de la durée de vie des installations. Nous disposons désormais d'un équipement à la pointe de la technologie. Grâce à l’efficacité de cette nouvelle usine, nous pouvons maintenant faire les choses plus facilement et réduire les coûts de maintenance. » Et d’ajouter : « Personnellement, j'ai aussi eu l'occasion d'apprendre beaucoup. Ce projet a été une révélation pour moi et pour l'équipe. »
Ghana, barrage
Mary Kpogli : un emploi pour sa famille
Mary Kpogli, 45 ans, est mère de deux enfants. Originaire de la région de l'ouvrage, elle a été engagée comme soudeuse au barrage de Kpong. Un emploi obtenu lors du démarrage du projet de réhabilitation, en 2014. « Ce travail m'a vraiment aidée à subvenir aux besoins de ma famille », explique-t-elle. Comme Mary, beaucoup d'autres riverains du projet ont été recrutés par la centrale. Au total, ce sont une centaine d’emplois qui ont ainsi été créés.
Ghana, barrage
Joshua Adjei : produire mieux, produire plus
Ingénieur en télécommunication, Joshua Laryea Adjei est consultant pour le projet. Présent à toutes les étapes, ce spécialiste détaille la rénovation du barrage de Kpong. « Les vannes hydrauliques de la prise d'eau et celles du déversoir ont été réhabilitées et automatisées afin que les opérateurs puissent les faire fonctionner à distance, depuis la salle de contrôle ou à partir de l'étage de la turbine. En parallèle, les services électriques et mécaniques du barrage ont été modernisés. » Les travaux ont aussi permis de remplacer des composants de la turbine, des pièces du générateur, et d’installer un nouveau système de batteries pour la centrale hydroélectrique. Pour l’ingénieur conseil, le bilan est clair : « Avec sa réhabilitation, le barrage de Kpong est un meilleur producteur d'énergie, plus fiable et plus durable. »
Ghana, barrage
Sécuriser l’approvisionnement en électricité

L’un des objectifs majeurs du programme de réhabilitation du barrage de Kpong est « de sécuriser l’approvisionnement hydroélectrique du Ghana, rappelle Camille Le Thuc, responsable équipe projet à la division Énergie de l’AFD. Une préoccupation historique dans ce pays qui fut le premier de la région à s’être doté d’un barrage de 1 000 MW dans les années 60 (barrage d'Akosombo). »

L’autre but majeur concerne la production d’une énergie propre. Une énergie en conformité avec les objectifs fixés par le gouvernement qui a adopté une loi sur les énergies renouvelables en 2011, afin d'accroître la production nationale. Avec ces nouvelles installations, le barrage de Kpong contribue à la matérialisation de cette ambition, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. 

Toutefois, le développement des énergies renouvelables (ENR), type solaire ou éolien, reste encore embryonnaire et représente moins de 1 % du mix. Selon Johnson Hlodzie, le directeur du barrage, « grâce à la technologie de pointe, la fiabilité de la centrale s'est améliorée. Elle pourra fonctionner au maximum et produire de l'électricité sans carbone pour alimenter le réseau national. » Ce sont environ 400 000 tonnes de CO2 qui seront ainsi évitées annuellement.

Un barrage aux retombées multiples
Ghana, barrage
© Sera Matrix / AFD


Avec sa capacité, le barrage de Kpong apporte au mix énergétique national 160 MW d’énergie renouvelable supplémentaires. En plus de la production d'électricité, le barrage fournit également de l'eau d'irrigation pour l'agriculture et l'approvisionnement de plusieurs municipalités.

Grâce à cette centrale 100 % énergie renouvelable, le pays se positionne sur une trajectoire vertueuse quant à l’atteinte de ses objectifs de développement durable. Au-delà de ce constat, la concrétisation de ce projet représente un symbole fort du partenariat renouvelé entre la France et le Ghana.