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open street map
Fin 2019, plus de 300 participants se sont retrouvés à Grand-Bassam (Côte d’Ivoire) pour explorer les usages d’OpenStreetMap en Afrique. Parmi les champs d’application possibles, le secteur des transports et des mobilités, enjeu clef pour la région qui a fait l’objet d’une journée d’échanges dédiée.

Comment OpenStreetMap (OSM), le plus grand système ouvert de cartographie de la planète, peut-il transformer les mobilités dans les villes africaines ? C’est l’une des questions abordées lors de la dernière édition du State of the Map Africa (SotM), qui a réuni fin 2019 à Grand-Bassam plus de 300 personnes du monde entier, venues échanger sur les potentialités d’OpenStreetMap dans le contexte africain. 

« Partenaire platine » de cette conférence annuelle, l’AFD a rendu possible la participation de quelque 195 personnes dont un tiers de femmes, en provenance de 37 pays. L’agence a également permis à l’association française Les Libres Géographes (LLG) d’animer une journée de travail consacrée aux enjeux de transports publics et de mobilités.

Enjeu : faire progresser le recours à OSM dans les pays émergents

OpenStreetMap ouvre quantité d’horizons. Véritable Wikipédia cartographique, ce projet lancé au Royaume-Uni en 2004 a permis la création d’un atlas mondial de haute précision, librement utilisable et exploitable. Pas moins de 5 millions de contributeurs bénévoles dans le monde y concourent, permettant la création de contenus et de services innovants, quels que soient le secteur concerné et le support de consultation (papier, ordinateur, appareil mobile). De très nombreuses applications pour smartphones, sites Web ou services reposent désormais sur ce système (Qwant, Foursquare ou encore Mobicoop pour n’en citer que quelques-uns).

Mais les dynamiques contributives ne sont pas les mêmes d’un bout à l’autre du globe. Dans les pays du Nord, le succès du projet cartographique n’est plus à démontrer. Les bénévoles s’y impliquent à la façon d’un hobby, de manière autonome et coordonnée (des mapping parties sont organisées pour relever les données GPS). 

À l’inverse, les pays émergents demeurent sous-représentés parmi la communauté des contributeurs. Si OSM est une référence, notamment dans l’action humanitaire et l’aide au développement – il compte parmi les jeux de données opérationnelles communes (Common Operational Datasets, COD) partagés par le Bureau de la coordination aux affaires humanitaires (BCAH) des Nations unies –, d’importants progrès restent à accomplir. D’où la nécessité d’inventer des dispositifs d’appui à la croissance d’OSM qui soient adaptés au contexte régional et fidèles à la philosophie du projet, à ses textes fondateurs, ses pratiques et sa gouvernance.

C’est cette idée qui a amené l’AFD à lancer, en 2017, l’initiative DigitalTransport4Africa (dt4a), avec d’autres acteurs français et africains de l’écosystème OSM : des associations comme La Fabrique des mobilités et Jungle Bus, des partenaires institutionnels comme le ministère des Transports de Côte d’Ivoire, le gouvernement ghanéen ou la Banque mondiale, des instituts de recherche, etc. 

Objectif : encourager en Afrique le recours aux communs numériques dans le champ du transport et des mobilités à travers le développement de pratiques OpenStreetMap4Transport (o4t). Cela passe par des projets menés notamment à Accra (Ghana) et Abidjan (Côte d’Ivoire), la tenue d’ateliers en 2017 et 2018, ou l’organisation de la journée d’études lors du SotM.

Une journée pour consolider la communauté o4t

Cette journée a rassemblé une quarantaine de participants, parmi lesquels les acteurs principaux d’o4t en France, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays d’Afrique francophone (Mali, Burkina Faso, Madagascar, Sénégal, Guinée) et anglophone (Ghana). Une diversité qui a permis d’aborder les pratiques o4t sous plusieurs angles.

L’AFD a présenté dt4a et les programmes initiés dans ce cadre au Ghana et en Côte d’Ivoire. D’autres projets ont fait l’objet d’un retour d’expériences, qu’ils aient été réalisés dans le cadre d’un financement par la Banque mondiale comme à Bamako, ou qu’ils fonctionnent grâce à une communauté essentiellement bénévole de membres d’OSM : c’est le cas à Antananarivo (Madagascar), Ouagadougou (Burkina), Dakar (Sénégal) et Conakry (Guinée). 

Les aspects de gouvernance ont fait l’objet d’une session particulière : des textes aux services proposés par la fondation OSM et ses antennes locales, en passant par l’usage de la marque déposée OpenStreetMap. Enfin, la dernière session de la journée était réservée à une présentation technique : avec quels outils, selon quelles méthodes créer, gérer et visualiser les données o4t

En s’appuyant sur des réalisations concrètes, les participants ont pu faire le point sur les ressources mobilisables et repérer les facteurs clef de réussite des projets. Mais la journée aura représenté bien plus qu’un partage d’expériences : elle marque la prise de conscience d’un collectif qui, dans le sillage de DigitalTransport4Africa, monte peu à peu en puissance. Pas de doute : pour transformer les mobilités en Afrique francophone, OSM est une carte maîtresse.
 

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