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Au Mozambique, des formations pour prendre soin de celles et ceux qui prennent soin des autres
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À Matola, au Mozambique, des agents de santé sont formés pour améliorer les soins palliatifs et soutenir les aidantes et aidants. Une approche globale qui associe santé, soutien psychosocial et autonomisation économique des femmes.
À Matola, dans la périphérie de Maputo, au Mozambique, la santé ne se limite pas à la prise en charge des symptômes médicaux. Pour Douleurs sans frontières (DSF), Organisation non gouvernementale française qui agit dans le domaine de la gestion de la douleur et des soins palliatifs, et son partenaire mozambicain Visão Global para Vida (VGV), accompagner les personnes atteintes de maladies chroniques et en fin de vie implique aussi soutenir celles et ceux qui prennent soin d’elles au quotidien.
Bien que les soins palliatifs soient reconnus par l’Organisation mondiale de la santé comme un pilier essentiel des systèmes de santé, leur développement au Mozambique reste insuffisamment financé. DSF agit depuis près de trente ans dans le pays afin de renforcer les capacités des acteurs locaux et d’intégrer durablement la prise en charge de la douleur et les soins palliatifs dans les politiques et pratiques de santé publique.
Au cœur des activités de DSF, dans un projet cofinancé par la Mairie de Paris et l’AFD, les Agents de santé communautaires (ASC) jouent un rôle central. À Matola et dans les quartiers environnants, 45 ASC ont été formés aux maladies chroniques, soins palliatifs, santé sexuelle et reproductive, cancers féminins et pédiatriques, ainsi qu’à l’appui psychosocial.
Ces agents assurent des soins de santé primaires et un accompagnement à domicile auprès de centaines de patients atteints de maladies chroniques, dont le VIH. Ils sensibilisent également les familles à l’importance de l’observance des traitements, tout en apportant un soutien psychosocial essentiel.
Par ailleurs, des groupes de soutien ont été mis en place pour les aidants familiaux afin de prévenir l’épuisement émotionnel et d’améliorer la qualité de vie des patients comme de leur entourage.
Un accompagnement thérapeutique et social indissociable
Les femmes, souvent bénévoles, sont également au cœur des actions communautaires de DSF. Pour garantir la pérennité de leurs activités, DSF intègre un volet fort d’appui à leur autonomisation économique. C’est dans ce cadre qu’une formation en couture a été organisée dans les locaux de VGV à Matola pour 14 activistes communautaires.
En trois mois, les participantes ont pu acquérir des compétences en confection et en réparation de vêtements.
La cérémonie de clôture de cette formation en décembre 2025 a mis en lumière les premiers résultats de cette initiative : au-delà la formation, l’activité de couture contribue à renforcer la sécurité économique des femmes, à soutenir le fonctionnement de l’atelier de VGV grâce au réinvestissement d’une partie des revenus, et à dynamiser l’économie locale en proposant des vêtements accessibles.
« L’activité de génération de revenus initiée avec cette formation va permettre d’améliorer la situation économique des activistes, et ainsi de renforcer la pérennité des soins dispensés par le groupe d’activistes. Les vêtements produits, et notamment les uniformes scolaires, sont adaptés aux besoins de la communauté et abordables financièrement », souligne Luisa Carlos Honwana, présidente de VGV.
Pour beaucoup de ces femmes, l’engagement communautaire s’accompagne d’une exposition quotidienne à la souffrance, à la maladie, à la pauvreté et parfois à la violence. Le projet intègre ainsi un accompagnement psychosocial proposé par les équipes de DSF via des consultations individuelles et collectives.
Une approche à taille humaine
Ces dispositifs bénéficient également aux femmes victimes de violences basées sur le genre, accompagnées dans leurs démarches sociales et juridiques. Le projet s’inscrit ainsi dans une approche globale qui reconnaît les liens étroits entre santé, dignité, protection et autonomisation.
« En tant qu’activiste, j’assure des visites à domicile auprès de patients atteints de maladies chroniques, en les aidant dans leur prise en charge médicale. Pour moi, les soins palliatifs et l’appui psychosocial représentent un important soutien aux patients de la communauté, car ils ont souvent des besoins extrêmes, comme le manque de produits de première nécessité », témoigne Irene, bénévole de VGV et participante à la formation de couture.
En articulant soins palliatifs, soutien psychosocial et autonomisation économique, le projet porté par DSF et VGV illustre une approche intégrée et profondément humaine du développement, tout en œuvrant à des réponses durables et adaptées aux réalités du terrain.