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Comment l’aide publique au développement est-elle perçue en Afrique ?
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L’Agence française de développement (AFD) publie une nouvelle étude Ipsos menée cette fois-ci auprès de 3 070 personnes en Afrique du Sud, au Bénin et au Maroc. Ces résultats confirment un socle de confiance réel et des attentes.
Dans un contexte international marqué par une exigence accrue de transparence et d’efficacité de la politique de développement, l’AFD pilote plusieurs baromètres pour mieux comprendre les perceptions, ajuster ses actions et renforcer leur impact. Après un premier sondage réalisé à l’automne 2024 dans quatre pays d'Afrique (Côte d’Ivoire, Kenya, République démocratique du Congo et Sénégal), une nouvelle étude permet d'approfondir l'analyse au premier trimestre 2026 dans trois nouveaux pays : l’Afrique du Sud, le Bénin et le Maroc. 3070 personnes ont été interrogées dans six capitales et villes secondaires.
Découvrez les résultats de l'enquête
Un socle de confiance réel
Deux personnes interrogées sur trois sont familières de l’aide publique au développement, et cette politique bénéficie d’une image positive en Afrique, dans des proportions comparables à celles constatées en France, en Europe et dans les pays du G7 : 67 % au Bénin, 69 % au Maroc et 79 % en Afrique du Sud.
Quelle forme doit-elle prendre ? Les attentes reflètent la diversité des contextes. En Afrique du Sud, les populations privilégient l’appui technique et le transfert de compétences (42 %). Au Bénin et au Maroc, les dons et prêts à taux réduit restent des instruments financiers clés, adaptés aux besoins exprimés.
L’intégration de la culture et du sport dans la politique de développement est plébiscitée par les personnes interrogées : 75 % des personnes sondées l’accueillent positivement au Maroc et 94 % au Bénin et en Afrique du Sud.
Une aide efficace ?
Si la perception de l’aide est positive, l’opinion reste aujourd’hui partagée sur sa capacité à produire des effets visibles et durables.
Dans les trois pays, une part significative des répondants souligne l’importance d’atteindre les populations les plus vulnérables et de rendre les résultats plus tangibles au quotidien. Corruption et mauvaise gestion des fonds sont vus comme les principaux risques.
« Ce doute s’explique d’abord par un décalage dans les référentiels d’évaluation. Les populations appréhendent l’efficacité à l’aune d’indicateurs tangibles et immédiats – emploi, accès aux services, infrastructures, conditions de vie – tandis que les acteurs du développement privilégient des cadres d’analyse fondés sur la mesure, les indicateurs et la conformité procédurale », analyse Patrick Belinga Ondoua, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.
Pour y remédier, les sondés demandent plus de transparence et d’implication des communautés locales dans la planification et la mise en œuvre des projets. Autrement dit, de favoriser l’écoute pour reconstruire de la confiance avec les parties prenantes. Cette approche est au cœur du déploiement des financements et actions de l’AFD.
L’AFD, un partenaire de confiance
La perception de la France comme partenaire majeur est massive au Bénin et au Maroc, moins importante en Afrique du Sud. L’AFD est relativement méconnue en Afrique francophone, où elle s'efface souvent derrière les ambassades de France, avec moins d’un quart des répondants qui la connaissent au Bénin et au Maroc. En revanche, il est frappant de constater le niveau de notoriété élevé en Afrique du Sud.
« Cette situation met en lumière une dissociation persistante entre, d’une part, les architectures globales du développement et, d’autre part, leurs traductions concrètes dans les contextes d’intervention », observe Patrick Belinga Ondoua.
Comme en France, l'image de l'AFD est excellente auprès de ceux qui la connaissent, avec plus de 70 % d’opinions positives. L’AFD est notamment perçue comme un acteur qui inspire confiance, à l’écoute de tous ses publics, transparent sur ses actions et ses activités, qui respecte l’environnement, met en place des actions innovantes pour soutenir les pays africains, engagé en faveur d’un monde plus juste, à la fois utile pour le développement de ces pays et l’action de la France en Afrique.
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Il s'est tenu le 11 mai à Nairobi au Kenya.