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Observatoire des communes de Nouvelle Calédonie 2020
L’édition 2020 (comptes 2018) de l’Observatoire des communes de Nouvelle-Calédonie vient de paraître. Outil d’aide à la décision à destination des équipes municipales et de leurs partenaires, cette publication annuelle fait le point sur les tendances des finances communales. L’édition 2020 pointe en particulier le maintien des investissements et une amélioration de l’épargne et décrypte le rôle des communes en matière de lutte contre le changement climatique.

Observatoire des communes de Nouvelle Calédonie 2020Dans un contexte de ralentissement économique qui pèse sur les budgets de fonctionnement, les communes poursuivent leur adaptation et mettent en œuvre une stratégie permettant de concilier préservation de la situation financière et réalisation des programmes d’investissement.

Fin 2018, elles présentaient des fondamentaux solides avec une trajectoire financière marquée par une optimisation des recettes, tout en restant très dépendante des dotations, mais aussi par un mouvement réel et continu de maîtrise des charges de fonctionnement. 

Augmentation des recettes

Ainsi, après plusieurs années de quasi-stagnation, les recettes de fonctionnement ont très légèrement progressé en 2018 (+1,3 % par rapport à 2017, contre +0,4 % en moyenne entre 2014 et 2017). Cette augmentation, dans un contexte de ralentissement économique, s’explique en partie par des facteurs conjoncturels et non par une amélioration de la situation des finances publiques calédoniennes. Elle doit aussi être nuancée par un trop-versé de la Nouvelle-Calédonie aux communes au titre de la dotation du Fonds intercommunal de péréquation en fonctionnement (FIP). Malgré tout, ces recettes – diminuées du reversement du FIP 2018 – apparaissent encore en très légère hausse. 

Une amélioration de l’épargne

Côté dépenses de fonctionnement, les communes calédoniennes ont agi sur les leviers classiques à leur disposition pour maîtriser et même réduire leurs dépenses. Cette maîtrise a été essentielle dans la préservation de leur situation financière en 2018. Il s’agit d’un mouvement de fond, quelle que soit la taille des communes, même si la maîtrise des charges semble plus difficile pour les communes à la croissance démographique importante.

Ainsi, dans l’ensemble, les communes calédoniennes ont vu leur épargne s’améliorer en 2018 (l’épargne brute s’élève à 9,6 milliards de F CFP, contre 8,8 milliards de F CFP en 2017). Cette épargne apparaît suffisamment importante pour financer une partie de leurs investissements.

Stabilisation des investissements

Le niveau des investissements reste rythmé par le cycle électoral et celui des contrats de développement. Après la reprise des investissements en 2016 et le rebond en 2017, ces derniers se sont stabilisés en 2018 : le montant global investi par les communes représente 19 milliards de F CFP contre 19,1 milliards de F CFP en 2017, soit davantage que l’ensemble des provinces. Cela représente plus de 40 % de l’investissement total des collectivités locales de Nouvelle-Calédonie et souligne la place très importante des investissements communaux dans l’investissement public. En 2018, les plus grands travaux de la mandature, notamment ceux prévus dans le cadre des contrats de développement 2017/2021, sont donc en train d’être réalisés, avec l’objectif d’être achevés avant la date de fin de ces contrats.

Si les communes calédoniennes continuent à financer leur section d’investissement de manière équilibrée (essentiellement épargne et subventions), l’année 2018 se caractérise par un plus fort recours à l’emprunt, qui reste toutefois soutenable pour les communes. Cette situation permet de maintenir une bonne solvabilité, même si ce constat général ne doit pas masquer certaines situations particulières plus tendues. En outre, par endroits, un certain « décrochage » entre niveau d’investissement et croissance de la population apparaît, qui peut s’expliquer par les tensions sur l’épargne et la capacité de désendettement, dans un contexte d’incertitude sur l’évolution des recettes fiscales.

Ce bilan relativement positif de la situation des communes à fin 2018 intervient pourtant à un moment où se profilent des menaces, issues notamment de la crise du Covid-19, qui pourraient entraîner une détérioration de leur situation financière.


Pour en savoir plus : Consulter l'Observatoire des communes de Nouvelle-Calédonie 2020


Un focus sur les enjeux climat du territoire 

La deuxième partie de cette édition 2020 porte sur l’action des communes en matière de lutte contre le changement climatique. Ce focus vise à sensibiliser sur une thématique au cœur des préoccupations des communes et de l’action de l’AFD. Elle n’a pas la prétention à l’exhaustivité mais entend attirer l’attention sur les enjeux du dérèglement climatique qui touchent de plus en plus les communes calédoniennes et d’Outre-mer et sur la nécessité de mener un effort concerté avec l’ensemble des parties prenantes.  

Bien que les provinces calédoniennes détiennent la compétence environnementale, les communes sont pourvoyeuses de solutions concrètes et innovantes et ce, tant en termes d’atténuation que d’adaptation au changement climatique.

Deux entretiens avec des experts viennent éclairer les enjeux climat. Alexandre Magnan, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), rappelle que les activités humaines jouent un rôle majeur dans l’affaiblissement de la capacité naturelle des îles à s’ajuster aux changements affectant l’océan et à faire face aux risques côtiers croissants. Cela pousse à élaborer rapidement des stratégies d’adaptation.

Catherine Sabinot, ethnoécologue et anthropologue spécialiste des sociétés côtières et insulaires à l’IRD en Nouvelle-Calédonie, y explique également l'intérêt d'intégrer les savoirs dits traditionnels dans les stratégies d’adaptation au changement climatique : « C’est en articulant les savoirs des uns et des autres, des différents « sachants », qu’ils soient scientifiques, pêcheurs, coutumiers, femmes ou jeunes, que l’on arrivera le mieux à trouver des chemins d’adaptation au changement climatique et que des actions pourront être mises en œuvre. »

Quelques exemples

Lifou, île appartenant à l’archipel des îles Loyauté, est ainsi une commune résolument tournée vers le solaire. L’objectif est de couvrir d’ici fin 2020 l’ensemble de ses besoins en énergie à partir des énergies renouvelables. La commune a déjà procédé, à travers un prêt bonifié « 0 polluant, 0 vulnérabilité et 0 carbone » accordé par l’AFD, à la pose de panneaux photovoltaïques pour les bâtiments municipaux, à l’installation de kits solaires, à l’acquisition de véhicules 100 % électriques et à la promotion de l’éclairage solaire.

En matière d’adaptation au changement climatique, Nouméa réalise également des investissements, soutenus par l’AFD, pour lutter contre l’érosion du littoral.

Le film Ouvéa, un paradis en sursis, réalisé par l’AFD, témoigne d’une autre façon de l’importance de la lutte contre le changement climatique. Ce film montre l’érosion du littoral de la commune, ses conséquences humaines, sociales et économiques, il montre aussi la manière dont la commune s’est emparée du problème.
 

 

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