Partager la page
One Health : mieux prévenir le risque sanitaire
Publié le
Le One Health Summit se tient à Lyon le 7 avril 2026. En croisant la santé humaine, la santé animale et l’environnement, cette approche s'avère déterminante dans un contexte de risque pandémique accru. Agnès Soucat, responsable de la division Santé et protection sociale de l'AFD, décrypte ce pilier stratégique pour l’action du Groupe.
La Journée mondiale de la santé 2026 s’annonce particulière, dans un contexte de multiplication des crises sanitaires, climatiques et environnementales, et sur fond de réforme profonde de l’architecture de la santé mondiale. Le One Health Summit (sommet « Une seule santé ») réunit ce jour-là pour la première fois des chefs d’État et de gouvernement afin de franchir un cap politique et opérationnel.
« La crise liée au Covid-19, mais aussi celles d’Ebola ou du H5N1, montrent qu’il faut aborder les dimensions multiples des pandémies, qu’elles soient humaines, animales ou environnementales, explique Agnès Soucat, qui mène les équipes de l’AFD présentes au sommet. Il nous faut renforcer le dialogue international et interdisciplinaire, en favorisant des coopérations concrètes en matière de recherche, de surveillance et de prévention. »
Une approche adaptée aux défis actuels
Le One Health Summit promeut une culture commune intégrée au sein de la gouvernance mondiale de la santé. Il s’agit de mobiliser les acteurs publics, privés, scientifiques et la société civile pour soutenir des solutions concrètes : renforcement des systèmes de santé, meilleure anticipation des pandémies, sécurité alimentaire et préservation des écosystèmes.
« Dans un contexte profondément marqué par le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la pollution, les menaces de pandémies, mais aussi par des contraintes budgétaires croissantes, nous sommes plus que jamais convaincus qu’investir dans des approches intégrées et préventives One Health est à la fois une nécessité stratégique et un choix économique judicieux », souligne encore Agnès Soucat.
En effet, la pandémie de Covid-19 a montré que chaque euro investi dans la préparation et la prévention représente un bénéfice économique de plus de 10 euros pour les pays, comme le souligne ce rapport adressé au G20 en 2022. Pour Agnès Soucat, « les intérêts d’investir selon ce prisme One Health sont donc multiples : sanitaires, environnementaux, mais aussi économiques. »
L’AFD, mobilisatrice de l’investissement
Grâce à la force du réseau Finance en commun, l’AFD entend donc mobiliser l’investissement d’autres banques publiques de développement. Il s’agit de renforcer leur capacité à accompagner les pays dans la mise en œuvre de stratégies nationales, suivant cette approche multifactorielle.
« Notre force réside surtout dans notre capacité à financer des projets intégrés, durables et porteurs de co-bénéfices, notamment climatiques : en 2024, plus de 70 % de nos projets santé intègrent explicitement cette dimension », précise Agnès Soucat.
Elle poursuit : « Notre conviction est que l’on gagne à promouvoir des “systèmes POUR la santé”. C’est ainsi que One Health peut répondre aux enjeux de santé planétaire. Nous proposons de renforcer les systèmes de santé, d’encourager les investissements publics et privés dans les biens publics, et de renforcer la coopération mondiale et régionale. »
L’approche One Health sur le terrain
En République démocratique du Congo par exemple, le groupe AFD soutient l’Institut national de recherche biomédicale pour la surveillance des maladies et la résistance aux antimicrobiens. En Guinée, en Tunisie et au Maroc, ce sont des projets pilotes de surveillance des pathogènes dans les eaux usées qui ont vu le jour. L’expertise d’acteurs français est par ailleurs mobilisée, comme celle de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), de l’Institut Pasteur, du Cirad ou encore de la Fondation Mérieux, dans une logique de renforcement des institutions locales.
Enfin, dans une optique poussée de coopération régionale, nous accompagnons par exemple le réseau Afroscreen, permettant la surveillance des pathogènes émergents dans 13 pays d’Afrique. Dans l’Indopacifique, le Groupe soutient des outils de prédiction des risques d’épidémies, intégrant données environnementales et prévention des zoonoses, maladies transmissibles des animaux vertébrés à l'homme. « Ces enjeux concernent aussi directement les Français : les virus ne connaissent pas de frontières, donc l’action collective et la collaboration internationale sont déterminantes », conclut Agnès Soucat.