Sommet Finance en commun : « Une coalition des banques publiques de développement pour réorienter le système financier »

publié le 27 octobre 2020
  • logo linkedin
  • logo email
banques publiques développement IDFC AFD Finance in common
La France accueillera du 9 au 12 novembre le premier sommet mondial des banques publiques de développement dont l’Agence française de développement est l’hôte. Audrey Rojkoff, secrétaire générale du sommet et directrice adjointe de la Stratégie, des partenariats et de la communication de l’AFD, fait le point sur les objectifs de l’événement.
Audrey Rojkoff AFDPourquoi réunir les banques publiques de développement mi-novembre 2020 ?

Audrey Rojkoff : L’idée est venue en 2019 au sein de l’International Development Finance Club (IDFC). Ce club, présidé par l’AFD, réunit les 26 plus grandes banques publiques de développement nationales et régionales au monde. Elles ont souhaité contribuer très activement à l’action des Nations unies contre le changement climatique et pour le développement durable en nous demandant d’organiser pour la première fois un sommet qui réunira l’ensemble des 450 banques publiques de développement de la planète. C’était le début d’une aventure !

Le sommet Finance en commun (Finance in Common – FICS) vise en premier lieu à faire connaître les banques publiques de développement. Dans leur diversité : certaines opèrent uniquement au niveau local, d’autres à l’échelle nationale ou internationale, certaines sont généralistes, d’autres spécialisées dans un secteur, tandis que leurs tailles sont très variables. Et dans leur unité, puisqu’elles ont de nombreux traits communs que nous voulons mettre en lumière durant ce sommet : elles sont toutes au service de leur gouvernement, elles ont une autonomie financière et juridique et peuvent démultiplier les moyens qui leur sont confiés, elles disposent d’un mandat pour soutenir des projets de développement…


Lire aussi : Sommet Finance en commun, tous nos articles


Les banques publiques de développement veulent aussi expliquer à leurs partenaires leur rôle et leur raison d’être, présenter les instruments financiers sur lesquels ceux-ci peuvent compter… En un mot, être utile face aux urgences des crises sanitaire et environnementale. Nous discuterons de ce qu’il est possible de faire pour libérer tout leur potentiel, en leur permettant notamment de contribuer plus efficacement à l’agenda international sur le climat et les Objectifs de développement durable (ODD). Les banques ont toutes compris le message et adhéré à l’initiative. Il s’agit de collaborer pour avoir davantage d’impact sur le système financier mondial.

Pourquoi la période actuelle est-elle propice à l’organisation de ce sommet ?

La crise du Covid-19 rend notre initiative plus nécessaire encore, à l’heure où il est indispensable de relancer très fortement l’investissement public, comme vient de le dire la directrice générale du FMI qui sera d’ailleurs présente au sommet.

Au moment où les financements privés se tarissent, parfois drastiquement dans les pays en développement, les banques publiques de développement ont un rôle majeur à jouer. Toutes ont déployé dans la crise des instruments de relance économique et se posent la question de la conciliation de ces financements avec des objectifs de plus long terme de protection de la nature et de réduction des inégalités. Toutes cherchent à mobiliser le secteur privé dans le même but.

Quels intérêts communs ces banques poursuivent-elles ?

Elles cherchent toutes des solutions pour que leurs investissements soient durables et solidaires. Elles inventent des méthodologies pour le vérifier. Elles doivent mesurer les impacts de leurs actions pour rendre compte de la mise en œuvre des ODD. À l’occasion du sommet et au-delà, les banques ont un très fort besoin de coopérer davantage entre elles. Elles nous le disent avec force.

Nous avons donc proposé de former à l’occasion de ce sommet une grande coalition de toutes les banques publiques de développement. Cette coalition leur permettra d’échanger sur leurs stratégies pour se renforcer les unes les autres. Elle démultipliera leur puissance et leur donnera une voix plus forte sur la scène internationale. Elle plaidera également en faveur d’un multilatéralisme renforcé. Une nouvelle façon de voir l’action collective, en somme.

Que peut-on attendre d’autre de ce sommet ?

Nous publierons une étude sur les banques publiques de développement ainsi que la base de données qui l’accompagne. Des projets concrets seront mis en lumière. Nous afficherons de nouveaux soutiens aux banques pour les faire progresser dans leurs façons d’investir. Les représentants des banques signeront également une déclaration commune qui sera publiée en clôture du sommet.

Plus largement, ce sommet est le début d’une dynamique amenée à prendre de l’ampleur. Avec la COP26, la COP15 sur la biodiversité, le sommet annoncé par le président Macron sur le financement de l’Afrique ou encore le Forum génération égalité, les banques publiques de développement auront de nombreuses occasions de s’exprimer en 2021.

 


Le FICS se tiendra du 9 au 12 novembre pendant le Forum de Paris sur la paix. Inscrivez-vous pour assister et participer aux débats : https://financeincommon.org/
 

à lire aussi