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L’entrepreneuriat inclusif peut être un levier face aux problématiques sociales, environnementales ou de vulnérabilité des populations. Inscrit dans cette démarche, le programme Afidba a accompagné ces trois dernières années plus de 60 entreprises inclusives et sociales au Burkina Faso, au Ghana, au Maroc et au Sénégal. Un livre blanc capitalise sur ce projet et propose leçons et recommandations pour faire émerger cet entrepreneuriat plus humain et ses acteurs, en Afrique et ailleurs.

Sur le continent africain, des entrepreneurs, financeurs, États et incubateurs se mobilisent pour l'émergence d’un écosystème entrepreneurial inclusif et social. Pour mener à bien leurs initiatives, certains de ces acteurs, et notamment les petites entreprises à fort potentiel, ont besoin d'un accompagnement et de financements dédiés pour passer à l’échelle et maximiser leur impact.

Initié en 2019 et financé à hauteur de deux millions d’euros par l’Agence française de développement (AFD), le programme AFD for Inclusive & Digital Business in Africa (Afidba) identifie, accompagne et finance l’accélération d’entreprises inclusives, à dimension sociale et digitale. « Mis en œuvre au Burkina Faso, au Ghana, au Maroc et au Sénégal, Afidba stimule l'entrepreneuriat à impact local. Ce programme encourage aussi la croissance des entreprises à fort potentiel social afin de permettre un développement économique durable et inclusif », rappelle Marie-Anne de Villepin, responsable du projet à l’AFD.

Sur le terrain, Afidba a accompagné pendant six mois l’accélération et le passage à l’échelle de 61 start-up, sélectionnées parmi 944 candidates. Cet accompagnement s’est traduit par trois activités principales : le renforcement de capacités des incubateurs et des entrepreneurs, l’accélération des initiatives entrepreneuriales et la sensibilisation à des problématiques contemporaines.

Chaque start-up a en outre bénéficié d’une aide financière émanant d’acteurs privés et publics comprise entre 5 000 et 15 000 euros. Coordonné par Bond’Innov et Positive Planet International, le projet a fait appel aux expertises techniques d’un consortium de quatre acteurs (Care France, Investisseurs & Partenaires, Orange et l’Institut de recherche pour le développement) et de cinq incubateurs partenaires (La Fabrique, MakeSense, Innohub, Impact Lab et Concree).

Pour capitaliser sur ces trois années de programme, Care France a rédigé un livre blanc sur l’entrepreneuriat inclusif. Pour Thuy-Anne Stricher, chargée du programme au sein de l’ONG, l’objectif de cette publication est double : « Premièrement, elle définit et vulgarise le concept d’entrepreneuriat inclusif et social à partir des constats faits dans les quatre pays de référence ; deuxièmement, elle partage avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème les leçons, apprentissages et recommandations issus du programme. »

Clarifier la définition de l’entrepreneuriat inclusif

Participatif, ce livre blanc a été rédigé avec la communauté de l'entrepreneuriat inclusif. Il se base sur une recherche documentaire et quelque 70 entretiens avec des chercheurs et des entrepreneurs. « Ce document s’appuie aussi sur les conclusions des panels de discussions organisés durant le projet et sur les évaluations qualitatives et quantitatives du programme Afidba », explique Thuy-Anne Stricher.

Dans ses conclusions, ce livre blanc aboutit à une définition commune de l’inclusive business. Celle-ci se traduit par une liste de neuf caractéristiques nécessaires pour permettre d'identifier les entreprises actives dans ce domaine ou guider celles qui souhaitent tendre vers cette forme d'économie. Sont pris en compte les problématiques sociales ou environnementales, la viabilité économique, l’intégration des populations les plus vulnérables, le genre, la mesure d’impacts, le partage de valeurs, le réinvestissement communautaire et enfin la gouvernance démocratique et participative.

Concrètement, avec par exemple le critère « mesure d’impact », le livre blanc recense différentes méthodologies et outils servant à le mesurer et à accompagner au mieux les entrepreneurs dans cet exercice difficile. « Nous savons que notre entreprise a un impact sur la vie des populations touchées par notre activité, explique Mohamed Fall, de la Case solaire, un des entrepreneurs suivis par le programme Afidba au Sénégal. Mais il nous faut pouvoir le démontrer et, pour cela, nous avons besoin d’être accompagnés. » Mesurer son impact permet d'améliorer la résilience et l'inclusivité de l'entreprise, tout en constituant également une aide à la prise de décision. 

Le livre blanc propose aussi une série de questions dédiées aux entrepreneurs qui souhaitent évaluer la dimension inclusive de leur entreprise. « Par des exemples concrets, ils peuvent avoir une approche réflexive sur leurs propres initiatives pour développer cette dimension », souligne Alexandre Morel, co-directeur général de Care France.

25 recommandations pour promouvoir l’entreprenariat inclusif

Dans un autre registre, ce livre blanc identifie les défis et les opportunités pour chaque acteur de l’écosystème (États, entrepreneurs, financeurs et incubateurs) afin de leur proposer 25 recommandations ciblées et concrètes pour promouvoir l’entrepreneuriat inclusif. En consultation avec les parties prenantes de l’écosystème, ces recommandations contribuent à répondre aux quatre grands besoins des entreprises inclusives, à savoir inciter, informer, investir et mettre en œuvre. « La recommandation principale est de donner plus de visibilité à l’entrepreneuriat inclusif et social en vulgarisant ce thème, en l’explicitant et en lui donnant un cadre, résume Marie-Anne de Villepin, de l’AFD. Ce cadre peut par exemple être l’adaptation du cadre juridique d’un État pour faciliter l’émergence d’entreprises inclusives ou encore l’adaptation des outils de financement de cette forme d’économie. »

Le livre blanc présente ainsi comme centrale la question du genre qu’il est recommandé d’intégrer aux projets entrepreneuriaux afin de ne pas exclure les femmes. Dans ce sens, il préconise de bonnes pratiques éprouvées par les entrepreneurs du programme Afidba. « Il peut s’agir de mettre en place une stratégie genre au sein de l’entreprise ou encore de sensibiliser et d’engager les communautés, et plus spécifiquement les hommes et les garçons sur les questions de genre », détaille Thuy-Anne Stricher, de Care.

Dans un autre registre, le livre blanc recommande l’utilisation des technologies numériques et démontre les opportunités qu’elles offrent aux entrepreneurs et aux populations vulnérables en Afrique. Dans les systèmes financiers par exemple, le paiement mobile améliore l’inclusion financière. Dans l’éducation, les solutions d’e-éducation contribuent à l’émancipation de la jeunesse. Dans les médias, les plateformes en ligne encouragent l’accompagnement de la transition démocratique et citoyenne. Enfin, la gestion optimisée des ressources par le biais de nouvelles technologies favorise la protection de l’environnement et l’accompagnement des transitions écologique et énergétique. Ces diverses solutions digitales peuvent être des réponses aux problèmes que rencontre l’entrepreneuriat inclusif et social en Afrique.

Par ses conseils pratiques et ses recommandations, le livre blanc aide à permettre l'émergence, en Afrique et dans le reste du monde, d'un écosystème de l’entrepreneuriat inclusif viable, dynamique et durable. Il entend également développer le sentiment d’appartenance à ce mouvement.


Lire aussi : le Livre blanc sur l’entrepreneuriat inclusif et social en ligne et son résumé disponibles en français et en anglais.
 

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