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Nengo
Face à l’ampleur des violences sexuelles en République centrafricaine (RCA), le projet Nengo a été créé en 2020 pour aider les femmes à dépasser leurs traumatismes physiques, psychologiques et sociaux. Depuis, quelles ont été les avancées concrètes à Bangui et dans le pays ?
Photo Nengo
© Nick Danziger
Nengo, un combat pour la dignité

Depuis 2013, la République centrafricaine (RCA) connaît une grave crise politique et sécuritaire. Déjà importantes auparavant, les violences sexuelles utilisées dans le cadre du conflit pour terroriser et « punir » les populations civiles ont augmenté de 174 % entre 2014 et 2019. Et la stigmatisation du viol reste très forte – les victimes sont souvent rejetées par leur entourage. 

La Fondation Pierre Fabre, la Fondation Panzi RDC, la Fondation Dr Denis Mukwege et l’Institut francophone pour la justice et la démocratie se sont unis, avec l’appui financier du groupe AFD, pour lancer en 2020 un programme ambitieux de soutien aux victimes de violences sexuelles en RCA : le projet Nengo, qui signifie « dignité » en sango, la langue officielle du pays.

Nengo s’appuie sur le modèle développé en République démocratique du Congo (RDC) par le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix en 2018 pour son action contre les violences sexuelles utilisées comme instrument de guerre. 


Découvrir le livre Nengo, un combat pour la dignité paru en novembre 2022 aux éditions Privat. L’auteur et photographe Nick Danziger est allé à la rencontre de quinze survivantes et survivants, pour réaliser leurs portraits, écouter leurs histoires et leurs témoignages.


« Notre rencontre avec le Dr Mukwege en 2017 fut profondément marquante à plus d’un égard, nous révélant l’ampleur des souffrances des populations du Kivu en RDC et le fléau des violences sexuelles, ainsi que l’extraordinaire travail du Dr Mukwege qui, en vingt ans, a élaboré un modèle de soins permettant la prise en charge globale de la personne et sa réparation, explique Pierre-Yves Revol, président de la Fondation Pierre Fabre. S’impliquer aux côtés du Dr Mukwege allait également de pair avec notre philosophie : travailler avec des acteurs locaux de terrain et leur donner les moyens d’agir, sans les remplacer. » 


Lire aussi : Violences sexuelles en RDC : à l’hôpital du Dr Mukwege, le soin par la philosophie


Les victimes ont accès à un parcours complet de soins et d’accompagnement

  • Prise en charge médicale : pour soigner les victimes de viols, d’agressions physiques et de problèmes gynécologiques graves (mutilations génitales, fistules, prolapsus). Pour une meilleure prise en charge, le plateau technique de l’hôpital de l’Amitié, à Bangui, a été renforcé et le personnel du service de gynécologie obstétrique et de la maternité a suivi des formations complémentaires.
  • Prise en charge psychologique : pour aider les victimes à dépasser leurs traumatismes. Les psychologues reçoivent une formation spécifique, les capacités de l’unité de soins psychiatriques ont été renforcées et des campagnes de communication et d’information sont organisées.
  • Assistance juridique : les victimes sont suivies et accompagnées dans les procédures judiciaires pour tenter d’obtenir justice. Les compétences et les capacités d’accueil de l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), à Bangui, ont été renforcées.
  • Assistance socio-économique : pour accompagner les victimes vers l’autonomie, en les aidant à trouver une activité génératrice de revenus ou en leur donnant accès à l’éducation. 

Pour le Dr M’Betid Degana, gynécologue obstétricien à l’hôpital de l’Amitié de Bangui, « On restaure la dignité, la personnalité des femmes qui viennent nous voir. Elles arrivent traumatisées, mais quand elles quittent l’hôpital, elles sont plus fortes pour une nouvelle réinsertion dans la société. »


Écouter des témoignages de victimes, de juristes et de soignants : En RCA, le projet Nengo accompagne les victimes de violences sexuelles dans leur combat pour la dignité


Malgré la pandémie de Covid-19 et la situation sécuritaire en RCA, le projet Nengo a pu se développer rapidement depuis son lancement en septembre 2020 : plus de 4 000 patientes ont déjà été prises en charge et, à terme, 7 875 victimes auront accès au programme.

Devant les premiers résultats du projet Nengo, les prochaines étapes visent à lui donner encore plus d’ampleur, notamment en rendant les services accessibles dans les provinces centrafricaines, grâce à la mise en place d’une unité holistique mobile, en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire du pays. Renforcer la formation initiale (universitaire) et continue des soignants, psychologues et juristes reste également une priorité. 


Revoir la conférence « Les défis féministes face au recul des droits des femmes » :


Le projet Nengo est financé dans le cadre du Fonds Paix et Résilience Minka, l’outil du groupe AFD dédié à la consolidation de la paix.

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