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Climat : sans justice sociale, pas de transition possible
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La World Inequality Conference, dont l’AFD est partenaire, réunit du 4 au 6 juin 2026 à Paris des acteurs de la recherche, du développement et des décideurs autour des liens entre climat et inégalités. Une conviction s’impose : sans justice sociale ni inclusion, l’action climatique ne pourra être ni pleinement efficace, ni durable.
Le changement climatique ne se limite pas à une crise environnementale : il agit comme un facteur aggravant des inégalités sociales et de genre, révélant les limites de politiques encore insuffisamment redistributives et inclusives.
Les données sont sans appel : les 10 % les plus riches de la planète sont responsables de plus de la moitié des émissions entre 1990 et 2015. À l’inverse, les pays les moins avancés, qui regroupent environ 1,1 milliard de personnes, et qui ont le moins contribué au réchauffement, concentrent plus des deux tiers des décès liés aux catastrophes climatiques. Sans action renforcée, jusqu’à 132 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté d’ici 2030.
Ces inégalités s'ajoutent à des inégalités de genre structurelles. Les femmes et les filles, en raison d’un accès inégal aux ressources, à la terre et à l’éducation, mais aussi du poids du travail domestique et de soin non rémunéré – qui leur incombe majoritairement – subissent de manière disproportionnée les effets de la crise climatique. D’ici 2030, 236 millions d’entre elles pourraient souffrir de la faim, soit deux fois plus que les hommes.
Malgré ces constats, les politiques climatiques intègrent encore insuffisamment les dimensions sociales et de genre : seuls 3 % des financements dédiés à l’atténuation et 5 % de ceux dédiés à l’adaptation en font un objectif principal. Moins de 20 % des financements pour l’adaptation parviennent directement aux communautés locales, pourtant en première ligne. Ces déséquilibres limitent l’efficacité des politiques et fragilisent leur acceptabilité.
Réduire les inégalités pour renforcer l’action climatique
Réduire les inégalités constitue un levier essentiel pour renforcer l’action climatique.
Certaines mesures, comme les taxes carbone, peuvent pénaliser les populations les plus précaires sans mécanismes redistributifs adaptés. La transition énergétique peut aussi fragiliser des territoires ou des secteurs dépendants si les enjeux d’emploi et de reconversion ne sont pas anticipés. À l’inverse, des recherches menées dans 193 pays montrent qu’une réduction des inégalités s’accompagne d’une baisse des émissions.
Femmes, peuples autochtones et communautés locales : des acteurs clés des transitions
Les femmes, les peuples autochtones et les communautés locales jouent un rôle clé dans la résilience climatique. Leur connaissance des territoires et des ressources est essentielle pour développer des stratégies d’adaptation efficaces.
Dans de nombreuses régions, les femmes gèrent les ressources au quotidien et développent des solutions concrètes. Leur participation renforce aussi l’ambition climatique : les pays comptant davantage de femmes au Parlement adoptent plus de politiques en faveur du climat, et les entreprises dont les conseils d’administration sont plus féminisés investissent davantage dans les énergies renouvelables. Pourtant, aujourd’hui, moins de 30 % des ministres de l’Environnement dans le monde sont des femmes.
L’AFD, engagée pour des transitions climatiques justes et inclusives
Face à ces défis, le groupe AFD place la justice sociale, l’égalité de genre et la participation locale au cœur de son action. En 2025, trois projets sur quatre financés par l’AFD en faveur du climat ou de la biodiversité intégraient des objectifs d’inclusion ou d’égalité.
Plusieurs projets illustrent cet engagement :
- En Afrique du Sud, un prêt de 400 millions d'euros soutient une transition énergétique juste, en matière d’emploi, d’accès à l’électricité et de réduction des inégalités, notamment dans la province de Mpumalanga.
- Sur le continent africain, le projet Féministes pour des alternatives climat environnement (Face), soutenu à travers une subvention de 5 millions d’euros via le Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF), a permis d’accompagner 128 Organisations de la société civile engagées dans la défense de l’environnement et des droits des femmes en Afrique entre 2022 et 2025.
À travers ses feuilles de route « Lien social » et « Planète », ainsi que ses initiatives comme Adapt’Action ou la Facilité 2050, l’AFD oriente ses financements vers les populations les plus vulnérables et promeut une gouvernance plus inclusive.
Face à l’ampleur des défis, faire converger objectifs climatiques et justice sociale constitue un impératif pour construire des réponses efficaces, durables et équitables.