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Café
L’AFD a soutenu entre 2014 et 2017 un projet régional mis en oeuvre par l’Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) relatif aux indications géographiques au Cambodge, au Laos, en Thaïlande et au Vietnam. Une seconde phase du projet, focalisée sur le Cambodge, le Laos et la Birmanie, a été lancée en 2019 afin de poursuivre cet appui. Explications en trois points.

1Les indications géographiques, c’est quoi ?

Les indications géographiques (IG) permettent d’identifier des produits qui ont une origine géographique précise et dont les qualités, la notoriété ou les caractéristiques sont étroitement liées à cette origine. Au cours des dix dernières années, le développement des systèmes nationaux de protection des IG en Asie du Sud-Est a été spectaculaire. Avec plus de 150 IG enregistrées en 2015, la région est l'une des plus dynamiques en la matière après l’Union européenne et l’Inde

Dans cette région, l’agriculture occupe une place croissante et les défis pour assurer sa durabilité sont nombreux. À titre d’exemple, la superficie des terres agricoles a augmenté de près de 40 % entre 1980 et 2014 selon la FAO, tandis que l’agriculture s’est transformée sous l’effet de la croissance démographique, d’une intégration croissante aux marchés mondiaux et de l’application des principes de la Révolution verte (variétés améliorées, engrais chimiques et pesticides, mécanisation), générant des impacts environnementaux importants.


Lire aussi : pour découvrir ce projet sous une autre forme, découvrez quatre recettes gourmandes sur notre chaîne Youtube : carpaccio de bar au café des Bolovens (Laos), bûche de Noël à l'ananas et à la cannelle de Van Yen (Vietnam), poitrine de cochon confite au jus de baies Mak Mao de Sakon Nakhon (Thaïlande) et dôme de chocolat et caramel au sucre de Kampong Speu (Cambodge) 


Dans ce contexte, les IG peuvent constituer un véritable outil de développement rural. En participant à la protection et la valorisation de savoir-faire traditionnels et à l’amélioration des débouchés commerciaux, elles favorisent un accroissement des revenus des producteurs et participent à la réduction de la pauvreté. 

En parallèle, elles contribuent de manière indirecte à la conservation de la biodiversité à travers une meilleure gestion des ressources naturelles, dans une zone particulièrement concernée par cette problématique.
 

2Les IG, ça s’accompagne ! 

Le projet, tant dans sa première que sa deuxième phase, prévoit un accompagnement à différentes étapes de la structuration de l’IG. D’abord, d’un point de vue législatif : les pays ne sont parfois pas équipés du cadre légal permettant la création de ces indications géographiques, et surtout la protection juridique de cette appellation. Le projet a donc accompagné les structures administratives en charge du développement des IG dans cette démarche : c’est par exemple ce qui a été fait au Cambodge, où un décret d’application de la loi IG a été élaboré et publié pour permettre l’enregistrement du sucre de palme de Kampong Speu.

Pour soutenir le développement des filières, le projet a par la suite appuyé la structuration du fonctionnement des associations de producteurs, afin qu’elles aient une meilleure compréhension de leur rôle et du fonctionnement du système de contrôle, essentiel pour garantir la traçabilité et la crédibilité de l’IG. En parallèle, le projet soutenu par l’AFD a permis la création du marché et du circuit de commercialisation, mais aussi l’identification d’entreprises prêtes à investir dans cette commercialisation. Sur ce point, un gros travail a par exemple été réalisé au Laos sur la structuration de la filière café et l’enregistrement de l’association des producteurs de café des Bolovens (CPC), soutenue par l’AFD depuis 1998

Cependant, même avec une IG déjà enregistrée, celle-ci n’était pas forcément connue et appropriée par les producteurs. Ce fut le cas de la cannelle de Van Yen au Vietnam, qui était inactive, ou encore du jus de baies Mak Mao de Sakon Nakhon en Thaïlande. Le projet a alors permis d’informer et de mettre en place des activités de promotion autour du produit. 

Des synergies régionales ont également été créées, permettant notamment l’enregistrement d’IG dans d’autres pays : par exemple, la cannelle de Van Yen a été enregistrée en Thaïlande en 2016 et le sucre de Kampong Speu au Vietnam en décembre 2016, puis en Thaïlande en mars 2017. 
 

3Et après ?

La Birmanie, qui a manifesté une grande volonté de développer ses IG, sera intégrée au projet en plus du Laos et du Cambodge. La Thaïlande et le Vietnam, désormais en avance sur ces sujets par rapport aux autres pays, laissent donc leur place. Le projet poursuivra les mêmes objectifs de développement des IG à tous les stades, dans des pays qui enregistrent encore leurs premières IG ou qui n’en sont pas encore pourvus, comme la Birmanie. L’occasion de découvrir bientôt d’autres trésors cachés.

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