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Africa Forward : le sport comme levier pour la jeunesse et l'entrepreneuriat
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Le sommet « Africa Forward : partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance » se tient les 11 et 12 mai prochains à Nairobi, à l’invitation des présidents kényan et français, William Ruto et Emmanuel Macron. Il fait de la jeunesse africaine une priorité, en misant notamment sur le sport, la formation et l’emploi.
« Le sport contribue directement à améliorer la santé, l’éducation, l’égalité de genre et la cohésion sociale, souligne Laureline Triby, responsable de la division Lien social à l’AFD. C’est un véritable moteur pour le développement socio-économique, pour nos sociétés et les générations futures. Un jeune sur trois sera africain en 2050. C’est pourquoi le Groupe inscrit pleinement le sport au service du développement dans son action, et compte parmi les bailleurs internationaux de référence sur ces enjeux ».
En 2017, le discours de Ouagadougou d'Emmanuel Macron fondait une relation renouvelée Afrique-France, centrée sur la jeunesse africaine. Dix ans plus tard, le sport, reconnu droit fondamental par l’Unesco, joue un rôle clé dans l’éducation et le développement des jeunes : il favorise des compétences essentielles, la réussite scolaire et l’insertion professionnelle.
Pourtant, il reste sous-exploité dans les politiques éducatives et sociales : 81 % des adolescents dans le monde n’atteignent pas le niveau d’activité physique recommandé par l’OMS. Le sport est aussi un levier économique : créateur d’emplois, il soutient l’entrepreneuriat local et dynamise les territoires. Il représente plus de 2 % du PIB mondial, mais seulement 0,5 % en Afrique, révélant des opportunités majeures pour la jeunesse du continent.
Face à ce constat, le groupe AFD fait du sport un accélérateur d’investissements solidaires et d’impacts durables pour la jeunesse. Depuis 2018, cet engagement se traduit par :
- 492 millions d'euros investis dans le sport et le développement ;
- Près de 400 projets soutenus ;
- 10 millions de jeunes bénéficiaires, notamment en Afrique.
« Nous cherchons à soutenir tout l’écosystème, pour générer des impacts durables : appui aux politiques publiques en faveur du sport, renforcement des capacités des acteurs, construction et rénovation d’infrastructures de proximité, ou encore soutien aux innovations portées par la société civile », précise Laureline Triby.
Le sport, levier éducatif et d’insertion professionnelle
En Afrique, près d’un jeune sur quatre reste sans emploi ni formation. Le programme Sesla (Sport for Education and Sustainable Livelihoods in Africa), porté par le Comité international olympique, la Laureus Sport for Good Foundation et l’AFD, soutient des initiatives locales qui utilisent le sport comme outil d’éducation et d’insertion. À ce jour, 25 organisations de la société civile ont été accompagnées dans 14 pays africains, permettant de toucher près de 13 000 jeunes, en particulier des jeunes femmes. « La danse me permet de prendre confiance en moi. Quand je danse, je me sens en sécurité », confie par exemple Noella, bénéficiaire rwandaise du programme Sesla.
Dans son pays, le Rwanda, le programme Isonga est soutenu par l’AFD et piloté par le ministère des Sports. Il vise à faire du sport un pilier du parcours éducatif, tout en créant des passerelles vers le sport de haut niveau. Dans les écoles bénéficiaires, les infrastructures rénovées changent concrètement le quotidien : terrains praticables, équipements accessibles, encadrement structuré.
Entre 2021 et 2024, une trentaine d’installations sportives ont ainsi été réhabilitées, offrant à 600 élèves (dont 44 % de filles) des conditions favorables pour la pratique sportive. « L’un des plus beaux cadeaux d’Isonga, c’est la confiance que le programme m’a donnée pour poursuivre ma passion. J’adore le foot, mais pas comme joueuse, comme arbitre. Ce programme m’a aidée à grandir et aujourd’hui j’ai hâte de représenter mon pays comme arbitre internationale », témoignait, à 12 ans, Sandra Musoni lors des finales du football féminin de la Semaine nationale des talents.
Dakar 2026 : penser l’héritage par-delà l’événement
En novembre, Dakar accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) 2026, premier événement olympique de l’histoire organisé sur le continent africain.
Cet événement ne se prépare pas uniquement pour quelques semaines de compétition. Il s’inscrit dans une vision de long terme, où chaque investissement doit bénéficier durablement aux populations.
À travers un prêt de 80 millions d’euros à l’État sénégalais, l’AFD a accompagné la transformation d’infrastructures clés :
- la rénovation du stade Iba Mar Diop ;
- la réhabilitation de la piscine olympique ;
- la création de 12 équipements sportifs dans des quartiers populaires de Dakar.
Pensées pour durer, ces infrastructures bénéficieront, après les Jeux, aux écoles, aux clubs et aux habitants, contribuant à un accès élargi à la pratique sportive.
Favoriser l’accès des femmes au sport
En République démocratique du Congo, les jeunes filles et les femmes font face à de nombreux obstacles quant à la pratique sportive et culturelle, liés notamment aux normes sociales et aux stéréotypes. À cela s’ajoutent les violences basées sur le genre. Le projet « Pour Elles : sport et culture », financé par l’AFD et mis en œuvre par Expertise France, agit à plusieurs niveaux.
Au-delà de construire ou réhabiliter des infrastructures, il s'agit de transformer les conditions d’accès : former les encadrants, sensibiliser aux violences, adapter les équipements aux besoins spécifiques des femmes et des filles. Pour les jeunes bénéficiaires, cela signifie pouvoir accéder à des espaces sûrs, s’exprimer, pratiquer et gagner en confiance. À terme, plus de 3 000 jeunes filles auront accès à des activités sportives et culturelles, et plus de 200 acteurs seront formés pour faire évoluer durablement les pratiques.
Au croisement des enjeux d’éducation, d’inclusion et d’emploi, le sport s’impose donc aujourd’hui comme un véritable levier d’opportunités pour les générations futures. En Afrique, où la jeunesse représente une force démographique sans équivalent, il constitue plus que jamais un investissement stratégique pour l’avenir, afin de construire des sociétés plus inclusives, résilientes et stables.