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Cape Town
Un an après son lancement à la COP26 de Glasgow, le Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP) conclu en soutien à l’Afrique du Sud se concrétise avec la signature d’un prêt de politique publique et de subventions. Objectif : éviter qu’un moindre recours au charbon ne creuse les inégalités.

Une transition environnementale peut-elle être menée à bien si elle n’est pas socialement juste ? La question est au cœur du partenariat pour une transition énergétique juste (Just Energy Transition Partnership - JETP) scellé en novembre 2021 entre la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Union européenne et l’Afrique du Sud à la COP26 de Glasgow (Écosse).


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Sa première réalisation concrète a été officialisée en novembre 2022 à la COP27 de Charm el-Cheikh, en Égypte. La France et l’Allemagne se sont en effet alors engagées à apporter 300 millions d’euros chacune, sous la forme de prêts de politique publique à l’Afrique du Sud, via leur banque publique de développement respective : l’Agence française de développement (AFD) et la KfW.

Versée directement au ministère des Finances sud-africain, ce financement vise à accompagner le pays dans sa trajectoire de décarbonation, la réduction de sa dépendance au charbon et la mise en place d'une politique de transition énergétique juste. Ce soutien financier conséquent est le premier jalon d’une enveloppe totale de 8,5 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros), dont 1 milliard d'euros apporté par la France, qui sera déployée d’ici cinq ans.

Financer la recherche locale

L’Afrique du Sud continue en effet de dépendre de cette énergie fossile pour produire la majorité de son électricité. Son exploitation génère plus de 100 000 emplois directs et représente la principale activité économique de régions entières telles que le Mpumalanga.

« La plupart des pays du monde tentent de trouver un équilibre entre les inévitables compromis à court terme et la perspective à long terme d'un avenir où la nature et les personnes prospèrent, observe Audrey Rojkoff, directrice régionale de l'AFD pour l'Afrique australe et directrice de pays pour l'Afrique du Sud. Tous les partenaires peuvent mieux progresser en partageant leurs expériences et les institutions internationales ont un rôle important à jouer en encourageant le dialogue. »

Ce premier prêt de politique publique de la France à l'Afrique du Sud s’accompagne d’appuis en subventions à hauteur de 1,5 million d’euros, qui permettront de financer la recherche locale, à la fois sur les impacts sociaux de la transition, les options envisageables pour la reconversion de centrales à charbon, les potentiels en termes de création d’emplois et les opportunités de mobilisation de la finance climat.


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Réformes à mener

« La filière d’extraction et de transport du charbon peut perdre des emplois et des revenus. Des personnes et des territoires vont avoir besoin d’un accompagnement », souligne Thomas Mélonio, directeur exécutif de l’Innovation, de la stratégie et de la recherche à l’AFD. En se basant notamment sur des travaux déjà en cours sur ces sujets, une grande partie de ce travail de recherche consistera à améliorer le ciblage social et territorial des politiques publiques de transition, afin de non seulement réduire les vulnérabilités susceptibles d’être créées lors de la décarbonation progressive de l’économie sud-africaine, mais également de réduire les inégalités structurelles qui caractérisent la société du pays.

Des analyses du marché du travail local, ainsi que des chaînes de valeurs des énergies renouvelables, permettront d’identifier les vulnérabilités et les opportunités de transition, dans l’objectif de prévoir les dispositifs d’accompagnement les plus adaptés. « Ce sera un travail assez fin sur les besoins sociaux et les moyens financiers. Il aboutira à des recommandations aux décideurs politiques qui esquisseront les réformes à mener en Afrique du Sud », complète Thomas Mélonio. Ces travaux alimenteront également la conception des futurs partenariats JETP dans d’autres pays.

Un programme de soutien à l’élaboration de politiques publiques visant à réduire les inégalités est déjà financé par l’AFD en Afrique du Sud, l’un des pays où celles-ci demeurent les plus élevées. Ce programme existe depuis 2017, dans le cadre de la Facilité de recherche sur les inégalités. Il a abouti à la publication d’un diagnostic multidimensionnel des inégalités à l’œuvre dans le pays (à consulter ici, en anglais).

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