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Dans son « Atlas de l'Afrique AFD » publié fin août 2020, l'Agence française de développement (AFD) interroge les dynamiques en cours sur le continent. À travers une carte inédite, zoom sur la place des énergies fossiles dans le mix électrique africain et les perspectives de développement pour le continent.

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En Afrique, la production d’électricité est fortement carbonée : en 2017, la proportion des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) dans les différentes sources de production électrique – le mix électrique – s’élevait à plus de 81 %. Cette composition reflète toutefois largement les mix des pays d’Afrique du Nord et de l’Afrique du Sud où sont installées 76 % des capacités électriques du continent.

Ailleurs en Afrique, la part des énergies fossiles est moindre : elles représentent 45 % du mix électrique en moyenne, l’autre moitié étant essentiellement issue de l’hydroélectricité. La part des autres énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, etc.) demeure plus faible que dans le reste du monde (environ 2,5 % du mix, contre 8 % dans le reste du monde).

Les pays africains cherchent cependant à s’engager dans cette voie en valorisant leur potentiel naturel. Au cours des dernières années, l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud ont investi massivement dans l’énergie solaire et éolienne, tandis que l’Afrique de l’Est commence par exemple à exploiter son potentiel de géothermie, Kenya en tête. Avec ces différentes stratégies, des mix électriques diversifiés se dessinent à l’échelle des régions.


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L'analyse de Mathilde Bord-Laurans, responsable de la division Énergie de l’AFD : « Cette carte est représentative de la dépendance mondiale aux énergies fossiles, et pas seulement celle de l’Afrique. Les pays font aujourd’hui avec les ressources dont ils disposent. Il y a en ce sens une vraie vigilance à avoir sur la place que prendra le gaz naturel dans le mix électrique africain suite aux importantes réserves récemment découvertes.

L’AFD a une politique très claire vis-à-vis des énergies fossiles : nous ne soutenons ni les projets d’exploration d’hydrocarbures (pétrole ou gaz), ni le secteur du charbon, et nous n’envisageons le financement de centrales produisant de l’électricité à partir de gaz naturel que dans des cas très restreints (voir la Stratégie Transition énergétique de l'AFD 2019-2022).

En Afrique sub-saharienne hors Afrique australe, le mix est cependant plus diversifié. Un pays comme le Kenya dispose aujourd’hui d’un mix électrique issu à 95 % d’énergies renouvelables, dont la source principale est la géothermie. Nous continuons à encourager le développement de l’éolien, du solaire et de l’hydroélectricité, tout en travaillant sur les solutions de stockage et les réseaux intelligents. En Côte d’Ivoire, sur le lac de retenue du barrage de Kossou, nous finançons par exemple la construction d’une centrale solaire flottante de 20 mégawatts, une première en Afrique de l’Ouest. Le projet prévoit également d’améliorer l’accès à l’électricité en raccordant 460 000 personnes au réseau. »


Pour aller plus loin :

couverture atlasAtlas de l'Afrique AFD, Pour un autre regard sur le continent africain, éditions Armand Colin, 25 euros.

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