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Costa Rica
L’Amérique latine est considérée comme championne du développement durable, avec des initiatives avant-gardistes parfois répliquées dans la région ou dans le reste du monde. Fruit d'une collaboration entre l'AFD et l'Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes (Opalc) de Sciences Po Paris, l’« Atlas Amérique latine et Caraïbes » présente pour chacun des 17 Objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 un exemple de programme ou de projet remarquable.

Malgré les avancées que l’Amérique latine doit encore réaliser en matière de développement durable, par exemple sur les activités minières ou la déforestation, la région est à l’avant-garde sur les questions de gouvernance et de justice environnementales, comme le montre l’Accord d’Escazú (Costa Rica), signé par 24 pays latino-américains et ratifié par 12 à ce jour. Cet accord doit garantir notamment la protection des militants écologistes et « devrait permettre à tous les citoyens latino-américains de saisir la justice pour déposer des plaintes contre des projets qui auraient pour conséquence un impact sur l’environnement », selon Olivier Dabène (voir la vidéo ci-dessous), coauteur de l’atlas et président de l'Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes (Opalc) de Sciences Po Paris.

Parmi les 17 initiatives présentées dans l’Atlas Amérique latine et Caraïbes, en lien avec les 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, en voici trois, emblématiques des progrès humains et environnementaux accomplis dans la région ces dernières années.


Découvrir l’ensemble des 17 initiatives en cartes et en chiffres 


ODD 7 - Énergie propre à un coût abordable 

Le Costa Rica, leader régional en matière d'énergies renouvelables

Pionnier dans la lutte contre le changement climatique, le Costa Rica a adopté en 2019 un ambitieux plan de décarbonation, visant la neutralité carbone d’ici 2050. L’AFD accompagne le pays dans la mise en œuvre de ce plan qui vise notamment à promouvoir des systèmes de production agricole bas-carbone, à améliorer les transports publics et la qualité de l’air en milieu urbain, et à favoriser la restauration et la protection des écosystèmes à haut potentiel de captation du carbone.

En 2022 et pour la huitième année consécutive, le pays a produit plus de 98 % d’énergie renouvelable, grâce à ses 14 centrales hydroélectriques (qui produisent 70 % de l’électricité nationale), à ses systèmes géothermiques qui s’appuient sur l’activité des volcans et à ses éoliennes. Le parc éolien de Los Santos, créé en 2010 à la place d’un projet de centrale énergétique non renouvelable, permet de fournir de l’électricité propre à 50 000 Costaricains. 


Lire aussi : Costa Rica : soutenir l’engagement contre le changement climatique



ODD 10 - Réduction des inégalités 

Dispositifs d’accueil de migrants vénézuéliens en Équateur

En raison de la crise politique et économique qui frappe le Venezuela depuis 2012, environ 6,8 millions d'habitants ont dû se réfugier dans les pays alentour. 

Comment faire face à ce mouvement migratoire massif et aider au mieux ces personnes en situation de vulnérabilité ? En 2018, une Plateforme régionale de coordination inter-organisations pour les réfugiés et les migrants du Venezuela (R4V) a été créée sous l’égide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), fédérant les efforts des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux, à l’international et dans 17 pays d’Amérique latine et des Caraïbes. 

Parmi eux, l’Équateur est devenu un acteur clé du R4V, avec notamment la prise en charge de plus de 11 000 Vénézuéliens entre janvier et mars 2023. Le pays a créé un Groupe de travail en matière d’intégration sociale et économique (Gise) qui a instauré des réseaux de soutien et des espaces de participation pour les personnes réfugiées, encourageant un dialogue pacifié et nourri avec les communautés locales.

Parmi les ONG à l'œuvre, la fondation Haciendo Panas, basée à Cuenca, offre aux migrants vénézuéliens des espaces de sociabilité, les prépare à entrer sur le marché de l’emploi et œuvre au dialogue interculturel.


Lire aussi : Protection de la biodiversité : le rôle essentiel des communautés autochtones


ODD 14 - Vie aquatique 

Le Chili, un État proactif en matière de protection marine

Alors que le Costa Rica accueillera une conférence de haut niveau sur l’océan en juin 2024, un an avant la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan, à Nice, plusieurs pays d’Amérique latine mettent tout en œuvre pour améliorer la protection des aires marines et côtières. 

En 2010, la Convention sur la biodiversité (CBD) d’Aichi, au Japon, avait fixé un objectif de sauvegarde de 10 % pour les zones marines et côtières à l’horizon 2020, à l’échelle planétaire. En Amérique latine et dans les Caraïbes, notamment grâce au travail conjoint avec des ONG et institutions internationales, la surface protégée a été multipliée par cinq entre 2010 et 2019, avec une couverture totale d’environ 24 %. 

Le Chili compte parmi les meilleurs élèves, avec 41 % de zones marines et côtières protégées, bien que les activités de pêche représentent une ressource vitale pour l’économie et la sécurité alimentaire du pays.

Le pays a en effet réussi à instaurer une protection attentive à la fois à la biodiversité et aux économies locales, en encourageant les pratiques de pêche artisanale. 

Dans la baie de Pisagua par exemple, au nord du pays, des travaux de recherche ont révélé le rôle essentiel de la baie dans l’écosystème du Pacifique Sud, lieu de forte concentration de micro-organismes et de reproduction des espèces, mais ont aussi souligné la gestion responsable des ressources naturelles par les pêcheurs locaux.


Lire L'Atlas Amérique latine et Caraïbes (PDF)

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