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À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, le journaliste de Binge audio Rozenn Le Saint et l’illustratrice Vérane Cottin ont parcouru l’Équateur pour faire entendre les voix des féministes
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, la journaliste de Binge Audio Rozenn Le Saint et l’illustratrice Vérane Cottin ont parcouru l’Équateur pour faire entendre les voix des féministes et mieux comprendre les ambivalences de ce pays en ébullition sur les questions de genre. Un hors-série de Programme B présenté par Thomas Rozec en deux épisodes de 20 minutes, à écouter sur toutes les plateformes.

Longtemps inaudibles, les féministes équatoriennes sont de plus en plus entendues. Récemment, elles ont remporté des combats : la Cour constitutionnelle a dépénalisé l’avortement en cas de viol le 28 avril dernier et la notion de féminicide a été introduite dans la loi en 2014. Cependant, malgré ces avancées et l’existence de bonnes volontés à tous les niveaux, des obstacles institutionnels, politiques et culturels demeurent et continuent de freiner la mise en place de mesures universelles et systématiques. Un reportage Programme B à découvrir en deux épisodes.

Épisode 1 : En lutte pour l’IVG

En Lutte pour l'IVGLa condition des Équatoriennes en 2021 reste très paradoxale : la parité en politique et la législation progressent mais l’avortement y est toujours illégal, sauf en cas de risques vitaux pour la mère ou de handicap mental. Face à des obstacles institutionnels qui persistent pour mettre en place une politique intégrale de santé sexuelle et reproductive, les militantes féministes s’organisent et apportent leur soutien à une jeunesse qui risque gros. Rozenn Le Saint et Vérane Cottin sont parties à la rencontre de ces militantes.


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Épisode 2 : Féminicides, « Pas une de plus »

Féminicides, "Pas une de plus"Comment passer des mots aux actes ? Malgré la reconnaissance du féminicide dans la loi équatorienne, l’invisibilisation des meurtres de femmes parce qu’elles sont femmes perdure. Des difficultés à mettre en place des perspectives de genre dans le système judiciaire et l’isolement des communautés rurales empêchent toujours la qualification systématique des faits et la condamnation des coupables. C’est pourquoi de nombreuses Équatoriennes s’allient et militent au travers d’associations pour informer, recenser les victimes et porter secours à leurs proches. Rozenn Le Saint et Vérane Cottin se sont rendues à Quito et dans la province de Sucumbíos pour rendre compte de leur combat.

« L’enjeu crucial est de rendre visibles tous les sujets liés au droit à disposer de son corps, que ce soit en matière de santé sexuelle ou reproductive ou de violences basées sur le genre, précise Mar Merita-Blat, experte des questions de genre à l’AFD. Ces podcasts y contribuent, en montrant qu’il ne s’agit pas d’actes marginaux et interpersonnels mais qu’ils constituent un ressort systémique et universel de l’oppression des femmes et des filles, qui nécessite des politiques publiques disposant de moyens appropriés pour y répondre. »


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    Des actions fortes de l’AFD et ses partenaires sur les questions de genre en Amérique latine et particulier en Équateur

    L’AFD intervient pour la protection des femmes et filles en Équateur face aux violences sexuelles et basées sur le genre, à travers le projet binational (Équateur-Colombie) Cruzando Fronteras. Une subvention d’un million d’euros a été octroyée à l’ONG Care et ses partenaires locaux, pour la protection et l’intégration des femmes et filles victimes de la crise migratoire vénézuélienne. L’un des axes du projet est d’assurer de meilleurs conditions sanitaires et sexuelles pour les femmes et les filles, grâce, par exemple, à la distribution de kits contraceptifs et de kits de soin, et au suivi santé effectué par des professionnels de santé.

    L’AFD co-finance également avec la BID deux autres projets genre en Équateur pour la protection des femmes et filles et contre la violence basée sur le genre :

    • D’une part la construction d’un plan d’initiative genre à l’échelle nationale pour construire des solutions à partir d’un diagnostic de la situation et d’un répertoire des initiatives existantes dans le pays.
    • D’autre part, un projet de renforcement de la prévention de la violence basée sur le genre et du renforcement des services d’attention des femmes et filles, à travers des outils numériques et technologiques comme par exemple un numéro vert et une plateforme pour les victimes de violence.
    Un partenaire EUROsociAL+ au sein d’expertise France très actif en Équateur

    « La composante d’égalité de genre du programme de l’Union européenne EUROsociAL+, gérée par Expertise France, est en train d’accompagner des actions liées à la réduction des inégalités et à la promotion des droits des femmes en Amérique latine », précise Ana Pérez, coordinatrice de la composante « politiques d’égalité de genre » du programme EUROsociAL+ au sein d’Expertise France.

    Le programme agit sur les trois autonomies de la femme : physique, économique et politique, dans les 19 pays de la région. En Équateur, où l’une des priorités nationales est la lutte contre les violences faites aux femmes, EUROsociAL+ accompagne le Conseil de la magistrature et le Conseil national pour l’égalité de genre afin de lutter contre les violences de genre.

    Cette action avec la magistrature répond à un besoin de coordination inter-institutionnelle des acteurs du secteur de la justice dans la prise en charge des violences liées au genre pour les cas non flagrants, et pour répondre aux engagements de la loi organique intégrale de prévention et d’éradication de ces violences. L’accompagnement permet ainsi de formuler et de mettre en œuvre un modèle de gestion pour orienter les opérateurs et opératrices de justice vers une meilleure prise en charge des femmes victimes de violences.