© Domaine public Centré sur trois pays des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine et Macédoine du Nord), ce projet de recherche multidisciplinaire explorera les enjeux du vieillissement démographique et la manière dont ils impactent les contextes socio-économiques et climatiques, ainsi que les politiques publiques actuelles et à venir dans chaque pays étudié.
Contexte
Selon les Nations unies, le vieillissement est un « évènement sans précédent dans l’histoire de l’humanité ». L’année 2020 marque un moment historique de bascule : les courbes d’évolution de la proportion des personnes de 65 ans et plus d’une part, et les personnes de moins de cinq ans d’autre part, se croisent et s’engagent dans des directions fortement divergentes.
Ces changements, déjà à l’œuvre en Europe et dans les Balkans, annoncent de grands défis sanitaires, sociaux et économiques dans les décennies à venir, ainsi qu’un déclin démographique déjà engagé. Pour y faire face, il faudra se confronter aux transformations inévitables des modes de vie, augmenter les investissements dans les politiques de protection sociale, réformer les institutions et encourager l’innovation technologique. Sans actions spécifiques en matière de politiques publiques, la baisse de la population active compliquera le soutien aux retraités, les problèmes de santé liés à l’âge s’aggraveront, et la la qualité de vie des personnes âgées se trouvera réduite.
Objectif
Ce projet de recherche vise à identifier, décrire et analyser clairement les liens entre les dynamiques démographiques et les enjeux socio-économiques dans trois pays des Balkans occidentaux.
Pour cela, il s’intéressera aux dynamiques de population (mortalité/morbidité, vieillissement, migrations) et aux modes de (dé)peuplement et d’aménagement des territoires (identités territoriales, urbanisation/ espaces ruraux, en particulier en lien avec les milieux naturels). Il analysera aussi leurs impacts et leurs interactions avec les enjeux socioéconomiques présents et à venir dans chacun des trois pays concernés (accès des femmes au marché du travail, remises des migrants, évolution des systèmes de protection sociale…).
Il s’agit d’identifier, de décrire et d’analyser clairement ces liens, à la fois pour alimenter la recherche académique et pour éclairer les choix de politiques publiques dans les trois pays concernés. L’AFD pourra également utiliser ces résultats dans ses échanges avec les autorités publiques en Albanie, en Bosnie-Herzégovine et en Macédoine du Nord.
Méthode
La conduite du projet a été confiée à un partenaire scientifique, le Center for Research and Policy Making (Macédoine du Nord). Ce dernier a réuni une équipe multidisciplinaire composée d'experts en démographie, en migration, en économie et en politique financière, en emploi et en mobilité de la main-d'œuvre, en égalité des sexes, en environnement, en politiques de protection sociale (santé et retraite).
Résultats attendus
Ce projet multidisciplinaire (sociologie, sciences politiques, économie) est structuré en 3 composantes :
- Production d’une revue de littérature académique des enjeux du vieillissement dans la région des Balkans (avancées et connaissances scientifiques des enjeux socio-économiques, territoriaux et migratoires liés au vieillissement au niveau régional) ;
- Trois études-pays ;
- Des publications et activités de valorisation, pour disséminer les connaissances d’une part et alimenter le dialogue de l’AFD avec ses partenaires publics.
Télécharger la publication : Historical and prospective dimensions of aging in the Western Balkans (avril 2026)
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Contact
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Serge RABIER
Chargé de recherche, socio-démographe
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Pour lutter contre la déforestation induite par la culture du cacao, la Côte d’Ivoire pourrait mettre en place un dispositif de bonus-malus fiscal à l’exportation. L’objectif : rémunérer les efforts des producteurs adoptant des pratiques agricoles durables et pénaliser ceux qui ne le font pas. Cette étude apporte un éclairage sur la faisabilité économique et financière de la mise en place de ce dispositif, en prenant en compte l’intérêt des acteurs à l’adopter et la cohérence avec les règles nationales et régionales promues par les autorités.
Contexte
La Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao en Afrique : sa production représente 45% de la production mondiale et pèse pour 14% du PIB ivoirien. Cependant, la culture du cacao a été et constitue toujours un moteur majeur de la déforestation et de la dégradation des forêts, en Côte d’Ivoire comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.
Au-delà des démarches volontaires de certification guidées par les entreprises ou des coalitions privées (Commerce équitable, qualité environnementale, etc.), les lois nationales et des règles commerciales se développent pour freiner la déforestation et développer des pratiques de cacaoculture durables. Mais les règles contraignantes ne suffiront pas à infléchir les pratiques des producteurs. C’est pourquoi les États cherchent des solutions incitatives, qui concilient maitrise des dépenses budgétaires et rémunération des efforts des acteurs qui s’engagent pour une cacaoculture durable.
Un dispositif de bonus-malus fiscal à l'exportation du cacao de Côte d’Ivoire permettrait d’attribuer une prime aux exportations de cacao issu de coopératives s’intégrant dans une démarche de lutte contre la déforestation. Il s’appuierait sur le dispositif de taxation à l’exportation du cacao pour créer un mécanisme de fiscalité différenciée dont les bénéfices relatifs soient rétrocédés aux producteurs vertueux engagés dans des pratiques zéro-déforestation et qui pénaliserait au contraire les acteurs qui ne produisent pas d’effort. Mais ce changement de règles du jeu doit être confronté aux stratégies et à la mesure des coûts et avantages de chacun des acteurs pour prouver de son efficacité.
Objectif
Cette étude apporte un éclairage sur la faisabilité économique et financière de la mise en place du dispositif de bonus-malus fiscal à l'exportation. Les difficultés sont qu’il implique des chaines de transmission de l’incitation entre différents acteurs, qui ont des intérêts économiques différents, et qu’il doit s’intégrer dans un faisceau de règles de fixation de prix et de primes en vigueur en Côte d’Ivoire. Ces difficultés sont en revanche contrebalancées par l’intérêt à s’aligner sur les objectifs environnementaux du Règlement européen sur la déforestation dont dépendra largement la capacité d’exportation de la Côte d’Ivoire.
L'étude s’est penchée sur :
- La fiscalité ;
- Le rôle des labels dans la lutte contre la déforestation ;
- L'inscription du dispositif dans le droit ivoirien et international ;
- L'économie politique du dispositif.
Méthode
Le travail s'appuie sur un travail de terrain et une réflexion autour d’un modèle d’optimisation linéaire sous contrainte de budget fiscal neutre et d’atteinte d’un niveau de revenu rémunérateur pour les producteurs de cacao.
La démarche repose sur :
- Une analyse bibliographique ;
- Des enquêtes de terrain auprès d’opérateurs en Côte d’Ivoire et en Belgique, les exportateurs de cacao, les pouvoirs publics (Conseil Café Cacao, Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, ministères), les coopératives du Programme Equité (financé par l'AFD), les partenaires ivoiriens de Commerce Equitable France (Réseau Ivoirien de Commerce Equitable, AVSF Côte d’Ivoire) et la société civile ivoirienne (plateforme ivoirienne pour un cacao durable) ;
- L’exploitation des connaissances acquises par Commerce équitable France en matière d’appui aux coopératives de cacaoculteurs ;
- La construction d’un simulateur sur tableur ;
- La mise en discussion des hypothèses de travail avec des experts du cacao en Côte d’Ivoire.
Résultats
L’étude AFD-CEF-Cirad propose une prime « coopérative » en lieu et place d’une modification de la règle de fixation des prix aux producteurs. Elle conduit à s’aligner sur le mécanisme de certification africain ARS 1000 qui se met en place.
Il est proposé que la prime soit de 250 FCFA/kg, qui correspond aux pratiques actuelles de certains acheteurs comme contribution à la structuration des coopératives et à la politique d’octroi d’un revenu décent. Ce montant est conciliable avec l’intérêt des exportateurs : il est proche du prix qu’ils consentent à payer pour obtenir un cacao certifié et il est égal au surcoût qu’ils auraient à assumer s’ils choisissaient de payer le malus plutôt que de bénéficier du bonus.
La faisabilité a en outre considéré que le prix du cacao certifié augmentera relativement sachant que le Règlement européen contre la déforestation encouragera les débouchés de ce cacao sur le principal débouché ivoirien au détriment du cacao non certifié. Le mécanisme conduit donc bien à créer une incitation pour les exportateurs à demander du cacao certifié, et celle-ci est réelle dès la deuxième ou troisième année de mise en place du mécanisme.
Enseignements
L’étude a débouché sur les recommandations suivantes :
- Le mécanisme doit rencontrer l’intérêt de toutes les parties prenantes à la filière, faute de quoi le blocage d’un seul maillon gripperait tout le système : la neutralité budgétaire pour l’Etat, la recherche d’un revenu décent pour les producteurs, une traçabilité effective pour les consommateurs et un intérêt des intermédiaires à basculer d’un achat de tout venant vers des produits certifiés sont des conditions de viabilité du mécanisme.
- Le mécanisme tire parti de l’expérience acquise par les organismes privés qui ont pratiqué la mise en place de normes volontaires de durabilité.
- Il y a tout intérêt à aligner la norme définie sur la norme africaine ARS 1000 pour le cacao durable, définie par les autorités et qui fait foi au niveau régional : cela créera un rapport favorable dans les négociations avec les pays importateurs et évitera que les moins-disants emportent la mise.
- Le mécanisme repose sur des évaluations ex-ante des quantités certifiées et nécessite donc des ajustements annuels : un mécanisme de soutien budgétaire annuel garantissant “zéro perte de recettes” devrait être mis en place.
- La crédibilité du mécanisme ne doit pas être fragilisée par l’incapacité des plus vulnérables à se conformer aux exigences : il convient de préparer un programme de soutien spécifique ciblant les petits producteurs de cacao en commençant par ceux situés à proximité des réserves forestières.
Pour aller plus loin
Contacts
- Alain Karsenty, chercheur au Cirad, HDR en sciences économiques
- Julie Stoll, déléguée générale Commerce Equitable France
- Benoit Faivre-Dupaigre, chargé de recherche à l'AFD
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