Sur la route des ODD : 10 recommandations pour accroître le rôle des banques publiques de développement

publié le 11 novembre 2020
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À l’occasion de la 14e Conférence internationale de recherche de l’AFD sur le développement et dans le cadre du sommet Finance en commun, un réseau international de chercheurs livre ses premières recommandations pour accroître le potentiel des BPD et soutenir les transformations structurelles vers une économie mondiale plus juste et plus durable.

Les grandes préoccupations planétaires, notamment le changement climatique, le déclin de la nature et les inégalités entre les êtres humains exigent des mesures concertées de grande envergure à tous les niveaux. Le défi consiste à favoriser une transformation structurelle majeure de toutes les économies afin qu’elles accroissent leur productivité, tout en devenant inclusives et à faible intensité de carbone.


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Qu’elles agissent à l’échelle locale, nationale, continentale ou internationale, les banques publiques de développement (BPD) constituent des instruments clés pour aider les gouvernements à financer une reprise rapide suite à la crise du Covid-19. Il s’agit aussi de transformer à long terme les modèles économiques existants afin qu’ils servent bien mieux les individus et la planète.

28 chercheurs et 20 institutions à travers le monde mobilisés

Dans ce contexte, un programme de recherche international porté par l’Institute of New Structural Economics (INSE) a été créé en 2019, soutenu par l’International Development Finance Club (IDFC), l’Agence française de développement (AFD) et la Fondation Ford. Il réunit 28 chercheurs issus de 20 institutions à travers le monde, notamment de l'INSE en Chine, des universités Columbia et de Boston aux États-Unis, de la Fondation pour les études et les recherches internationales (FERDI) et de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) en France, d’ODI en Angleterre, du Département des affaires économiques et sociales (DAES) et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, ainsi que de banques de développement telles que la Banque nationale de développement économique et sociale (BNDES) et la Banque de développement du Minas Gerais (BDMG) au Brésil.

Ce programme représente un moyen efficace de croiser les meilleures expertises au niveau mondial, comme le détaille Stephany Griffith-Jones, économiste spécialisée dans la finance et le développement internationaux aux universités de Columbia et du Sussex et coordinatrice de l’initiative de recherche internationale sur les BPD aux côtés de Régis Marodon, expert finance durable à l’AFD et de Jiajun Xu, professeur à l’INSE.

« L'Initiative internationale de recherche sur les BPD réunit des chercheurs des meilleures universités du monde, estime Stephany Griffith-Jones. Elle a permis d’étudier comment améliorer l'efficacité des BPD dans différentes catégories de pays et de régions. Elle s'est notamment concentrée sur la recherche des meilleurs modèles commerciaux et les évolutions nécessaires de la réglementation financière afin de maximiser leur impact sur le développement, ainsi que sur les conditions d’une meilleure gouvernance. Elle étudie également comment les BPD peuvent canaliser le plus efficacement possible les financements pour rendre l'économie plus durable et plus juste sur le plan écologique, ainsi que pour aider les pays à se remettre de la crise du Covid-19. »

10 recommandations formulées
 
Formée de cinq groupes de travail ouverts et thématiques, l’initiative permet de couvrir l’ensemble des défis clés identifiés par Stephany Griffith-Jones. Au total, 16 travaux ont été publiés sous ce programme de recherche. C’est à partir de l’ensemble de ces résultats que Stephany Griffith-Jones, Régis Marodon et Jiajun Xu ont formulé une synthèse avec 10 recommandations clefs à destination des décideurs, consultable dès maintenant.

Cette première étape décisive a permis de mieux comprendre les BPD. Un nouveau terrain d’exploration s’ouvre désormais, basé cette fois sur un recueil de données plus systématique, comme le détaille Régis Marodon : « Les données sont importantes pour prouver les faits et les différencier des opinions ; concernant les BPD, nous avons été confrontés à diverses opinions, mais à très peu de chiffres. Une base de données, désormais proposée en open source, propose une réponse à cela et ouvre à de nouveaux champs de recherche qui s’annoncent passionnants.»

Consulter le document détaillé : 10 recommandations stratégiques à l’intention des décideurs concernant les banques publiques de développement