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La friche la Belle de mai à Marseille
Organisé par La Friche la Belle de mai et le Campus AFD, le colloque international « Tiers-lieux culturels ? Vers de nouveaux modes de coopération entre l’Afrique et la France ? » se tiendra à Marseille le 17 mai 2022. L'événement ambitionne de mettre en commun les réflexions et d’analyser les dynamiques en cours sur les tiers-lieux culturels, en Afrique comme en France, pour favoriser leur mise en réseau. Avec comme objectif la co-construction d’un programme porté par le groupe AFD dans les quatre à cinq prochaines années. Explications avec Charles Houdart, chargé de mission Industries culturelles et créatives à l'Agence française de développement.

Le Campus AFD veut « stimuler la création d’écosystèmes apprenants au service des transitions ». Comment les tiers-lieux culturels peuvent-ils y contribuer ?

Charles Houdart, responsable d'équipe projet Industries Culturelles et Créatives & Lien SocialCharles Houdart : Au Campus AFD, nous sommes convaincus que les tiers-lieux culturels sont propices au partage d'expériences, de méthodes et d’approches différentes, et donc à l’innovation. Par leurs activités multiples, ces tiers-lieux rassemblent un mix d’acteurs culturels, d’activistes, de créateurs et de public. Ils peuvent échanger, s'éduquer, se former dans une dimension horizontale et fluide. Il s’agit de faire sauter les barrières habituelles que l’on peut trouver dans d’autres institutions.

Nous misons par ailleurs sur la forte dimension locale et l’impact géographique des tiers-lieux culturels : ils sont en prise directe avec les populations des régions où ils sont implantés, et semblent donc un vecteur de formation, de pédagogie et de découverte particulièrement efficace. C’est aussi dans cet esprit d’émulation que nous avons décidé de réunir les responsables de tiers-lieux de nombreux pays africains (Mali, Sénégal, Rwanda, Maroc, Tunisie, Mozambique, République démocratique du Congo, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire) et leurs homologues français.


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En France et en Afrique, les tiers-lieux culturels sont-ils similaires ?

C.H. : L'appellation tiers-lieu est assez peu employée en Afrique. Mais il y a dans plusieurs pays une forte demande de voir multipliés ce genre d’espaces dédiés aux expressions transdisciplinaires, qu’il s’agisse de danse, d’art visuel, de production audiovisuelle. Ces espaces se conçoivent comme des lieux d’accueil de public mixte et d’artistes qui proposent des événements culturels, en dehors des cadres classiques. Pour le Campus AFD, il s’agit de soutenir l'émergence de « territoires apprenants » ; cette notion se retrouve du reste dans notre slogan « Apprendre autre chose autrement ». Reste que peu de pouvoirs publics de pays africains sont en mesure de soutenir sur le long terme les tiers-lieux culturels. Ces derniers se tournent donc vers des approches de financement international.


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Quelles dynamiques peut-on espérer voir émerger entre des tiers-lieux en France et en Afrique ?

C.H. : C’est l’un des objectifs principaux de ce colloque : d’une part, créer une dynamique d’échange et de partage entre opérateurs culturels africains afin de stimuler leur mise en réseau et de favoriser un essaimage sur tout le continent. D’autre part, refonder les principes de la coopération culturelle entre la France et l’Afrique dans une dimension de co-construction, moins surplombante et moins à sens unique. Cela pourra déboucher par exemple sur une programmation commune et horizontale entre les tiers-lieux de l’Hexagone et ceux du continent.

Cette volonté se concrétisera donc dès le 18 mai à la Friche la Belle de mai, à Marseille, au lendemain des échanges du 17 mai. Une dizaine de gérants de tiers-lieux culturels africains, leurs homologues français et l’AFD co-construiront dans un atelier de travail les bases d’un programme de soutien ambitieux pour les quatre à cinq années à venir. C’est une manière pour le Campus AFD de matérialiser le slogan « Du côté des autres », porté pour les 80 ans du groupe AFD, en imaginant avec les premiers concernés le dispositif le plus pertinent, selon leurs besoins.