Dans un Moyen-Orient en pleine reconfiguration, alors que le Liban, la Syrie et Gaza font face à des destructions massives sur leurs territoires, cet observatoire se propose d’analyser les dynamiques et les modalités des chantiers de reconstruction qui se mettent en place. Ces enseignements comparatifs permettront à l’AFD et à ses partenaires de mieux comprendre ces contextes d’intervention et les dynamiques d’acteurs en présence, pour agir de façon pertinente.
Contexte
Liban, Syrie, Gaza : le Moyen-Orient concentre certains des chantiers de reconstruction – dans des contextes de conflit ou de post-conflit – parmi les plus complexes du monde, avec de forts enjeux de financement. Pour la seule Syrie, la Banque mondiale estime les coûts de reconstruction à 216 milliards de dollars.
Cependant, les enjeux ne sont pas que financiers ou techniques : ces chantiers s’inscrivent dans un contexte politique, économique et social complexe, où interviennent de nombreux acteurs aux intérêts et aux approches parfois divergents. Pour intervenir de façon pertinente dans ce jeu géopolitique complexe, bien appréhender les contextes d’intervention est nécessaire – tant pour le groupe AFD que pour d’autres acteurs du développement
Objectifs
Conduit par l’Ifri et coordonné par l’AFD, ce projet d’observatoire analyse la situation des destructions et les perspectives de reconstruction pour trois territoires : Gaza, le Liban et la Syrie. Il vise à :
- Comprendre les dynamiques locales (sociales, politiques et économiques) de la reconstruction : quels sont les besoins réels ? Quel est l’état du tissu social ? Qui sont les acteurs en présence et comment interagissent-ils ?
- Identifier les modalités possibles et concrètes de reconstruction : quel positionnement des gouvernements de ces pays ? Quelle place pour le secteur privé et quelle articulation public-privé ? Quel rôle de la société civile et des diasporas ?
- Comparer le positionnement des acteurs extérieurs (institutions et États européens, Israël, USA, pays du Golfe, Turquie, Chine, Iran, Russie…) : quels sont les plans de reconstruction proposés et quel est leur niveau d’implication ? Comment s’articulent diplomatie, reconstruction et intérêts économiques ? Priorisent-ils humanitaire ou reconstruction ? Quid du positionnement français ?
Méthode
Pour s’assurer d’être au plus près de l’actualité dans ce contexte évolutif, un dispositif de veille permettra de cartographier les projections en termes de reconstruction et les décisions des différents pays. Des cartes seront réalisées par l’Ifri lorsque cela sera pertinent pour mieux comprendre les enjeux globaux.
Trois missions de terrain seront menées directement par les chercheurs de l’Ifri et/ou par des chercheurs présents sur place. La méthodologie privilégiera les entretiens, sur place ou à distance lorsque les déplacements seront impossibles. La Syrie est ici particulièrement concernée, car les disparités territoriales y constituent un défi important pour les opérateurs.
Fonctionnant de façon interactive, cet observatoire est ouvert à des échanges réguliers/à la demande avec les institutions françaises qui partagent un intérêt sur ces questions.
Résultats attendus
Les livrables comprendront :
- Des notes de retour de mission avec restitution orale ;
- Des publications sur des thématiques transversales dans les collections de l’Ifri ;
- Un rapport final, commun aux trois chantiers et problématisé, publié dans les collections des Editions Agence française de développement ;
- Une conférence finale qui pourra introduire des perspectives comparatives (Ukraine, Afrique).
Contacts
- Dorothée SCHMID, responsable du programme Turquie/Moyen-Orient, Ifri
- Elodie RICHE, chargée de recherche, AFD
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Ce projet vise à adapter au Brésil des outils juridiques et participatifs développés en Italie pour soutenir les initiatives citoyennes de gestion des communs urbains. Il s’appuie sur des études de terrain et des expérimentations dans les villes de Goiânia et de Goiás, afin de renforcer la reconnaissance par les institutions des pratiques locales de coopération.
Contexte
Dans de nombreuses villes brésiliennes, les habitants s’organisent spontanément pour gérer ensemble des espaces, des services ou des ressources : jardins partagés, occupation de bâtiments, actions culturelles ou solidaires. Ces pratiques, qui relèvent des « communs urbains », témoignent d’une vitalité citoyenne au Brésil mais elles sont encore peu reconnues par les institutions. Le cadre juridique actuel privilégie surtout les partenariats public-privé, souvent liés à la privatisation des services urbains.
En Italie, des villes ont trouvé des réponses concrètes à ce défi. Depuis les années 2000, des règlements municipaux permettent aux citoyens de collaborer officiellement avec les autorités pour prendre soin des communs urbains (espaces publics, équipements, patrimoine). Plus de 200 villes ont adopté ce modèle qui permet de poser un cadre légal sans pour autant les marchandiser les espaces, ressources et services concernés.
C’est dans ce contexte que s’inscrit ce projet de recherche, mené dans deux villes de l’État de Goiás où existent déjà de fortes dynamiques communautaires (associations, communautés rurales, initiatives culturelles). Plus largement, ce projet s’inscrit dans les priorités de recherche de l’AFD sur les communs et la participation citoyenne. Il rejoint les priorités de l’AFD sur le renforcement de la gouvernance locale, de la participation citoyenne, de la cohésion sociale et du développement durable.
A lire aussi : Pourquoi les communs peuvent transformer le Brésil ?
Objectifs
La question centrale est la suivante : comment créer un cadre institutionnel qui reconnaisse et soutienne ces pratiques citoyennes, sans les transformer en simples services marchands ?
Pour y répondre, le projet cherche à comprendre comment les habitants des villes de Goiânia et de Goiás prennent collectivement soin de leurs espaces et ressources. Il vise aussi à doter les acteurs locaux de solutions – et notamment d’outils juridiques – inspirées de l’expérience italienne mais adaptées au contexte brésilien.
Cela se matérialisera par une cartographie des initiatives locales, l’organisation d’ateliers avec les acteurs concernés et la proposition d’un projet de règlement municipal sur les communs. Ces résultats pourront aider les collectivités à mieux soutenir les initiatives locales, à renforcer la participation citoyenne et à développer des politiques publiques plus inclusives, à moindre coût.
Méthode
Le projet repose sur une approche de recherche-action : en complément des enquêtes de terrain, des entretiens et des observations, les équipes de recherche organisent des ateliers participatifs avec les habitants, les associations et les autorités locales. Une cartographie collaborative recensera les pratiques existantes et des études de cas permettront de comparer les expériences brésiliennes et italiennes. Dans un second temps, des ateliers serviront à co-construire des projets concrets avec les acteurs locaux et des séminaires favoriseront le dialogue entre chercheurs, citoyens et décideurs.
Le projet mobilise les compétences de deux partenaires, l’Université fédérale de Goiás et l’Ecole polytechnique de Turin (Politecnico di Torino – PoliTo), et l’expertise acquise au sein du laboratoire italien LABSUS, spécialisé dans les règlements sur les communs. Les partenaires locaux (organisations de la société civile et municipalités) sont pleinement impliqués.
Résultats attendus
En complément de la production scientifique, le projet prévoit des actions de renforcement des capacités des partenaires locaux, via les ateliers et le travail collectif. Le projet débouchera également sur plusieurs livrables directement utiles aux collectivités :
- Une cartographie collaborative des pratiques de communs
- Un guide pratique avec une boîte à outils pour les acteurs locaux
- Un projet pilote co-construit avec une initiative citoyenne
- Une note de politique publique proposant un règlement sur les communs
Des actions permettront de diffuser ces outils et résultats : exposition et évènements publics, plateforme en ligne, publications.
Ces livrables fourniront aux collectivités des leviers concrets pour mieux soutenir les communs urbains et nourriront le débat sur les politiques urbaines participatives au Brésil.
Les équipes sont impliquées dans une dynamique collective portée par la Coop des Communs, la plateforme Casa Comum et l’AFD. L’objectif : former une communauté apprenante transnationale en échangeant sur les travaux menés, en capitalisant sur les expériences de chacun et en produisant des connaissances sur les liens entre communs, participation citoyenne et transformation de l’action publique. Ce réseau rassemble des profils complémentaires – chercheurs, société civile, décideurs publics engagés dans ces expérimentations – venus notamment du Brésil, de Colombie et d’Europe. Nourrie par des rencontres organisées au Brésil et en Italie, cette dynamique débouchera sur un ouvrage collectif, en cours de rédaction, qui permettra de comparer et de mettre en perspective les différents travaux de recherche engagés.
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Stéphanie LEYRONAS
Chargée de recherche
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Comment les communs numériques peuvent-ils soutenir l'autonomisation des acteurs historiquement exclus de l’action publique ? Ce projet de recherche-action accompagnera le développement de la plateforme numérique « Brasil Participativo », mise en place par le gouvernement brésilien à l’été 2023.
Contexte
Dans le cadre de la relance des arènes participatives démantelées sous la présidence de Jair Bolsonaro (2019-2022), ce projet est une recherche-action portant spécifiquement sur la mise en œuvre de la plateforme Brasil Participativo. Lancée par le gouvernement brésilien à l’été 2023, cette plateforme vise à faciliter les contributions des citoyens à la création et à l’amélioration des politiques publiques. Elle a été élaborée à partir de l’environnement web Decidim, une plateforme numérique de participation citoyenne utilisée en 2023 dans 30 pays et 240 institutions.
Ce projet a été sélectionné dans le cadre de l’appel à projets de recherche « Communs et participation citoyenne ». Cet appel était destiné à des projets de recherche s’intéressant à la contribution des communs aux pratiques démocratiques et de participation citoyenne ; aux interactions des acteurs des communs avec les acteurs publics ; et au pouvoir d’agir des communs au sein de l’action publique.
Il fait partie du programme de recherche de l’AFD sur les communs et contribuera aux réflexions sur l’« approche par les communs » – une approche étroitement liée aux questions de démocratie et de participation citoyenne, dans la mesure où elle traduit la recherche d’une gouvernance opérationnelle et partagée entre acteurs publics et citoyens des dilemmes auxquels les pouvoirs publics font face.
EN SAVOIR PLUS
Objectifs
Ce projet de recherche-action a pour objectif :
- D’analyser l’initiative Brasil Participativo sur la période 2023-2025, selon les principes de l'approche par les communs – en particulier sa gouvernance, son utilisation et les contributions à son contenu ;
- De formuler des recommandations quant au développement et à la gouvernance de cette plateforme de manière à intégrer des principes de l’approche par les communs.
Différents acteurs publics au niveau fédéral seront embarqués dans les activités de recherche, avec une approche différenciée par secteur. A travers ce dialogue tout au long du projet, l’ambition est de mieux connecter les acteurs publics entre eux et avec les acteurs de la société civile, et notamment les groupes traditionnellement exclus des processus de participation citoyenne (femmes, personnes de couleur, peuples autochtones).
Méthode
Le projet sera réalisé par une équipe pluridisciplinaire, associant des universitaires et la société civile, experte en mouvements sociaux, en relations entre l'État et la société, en communs numériques et en arènes participatives numériques. Les acteurs publics seront embarqués dès le démarrage du projet.
La méthodologie s’appuiera sur des approches à la fois qualitative et quantitative (entretiens, analyse documentaire, observation participante, données utilisateurs).
Résultats attendus
Le projet débouchera sur :
- Des publications (rapport final, papiers de recherche, policy briefs) ;
- Des matériaux de communication co-construits avec les acteurs publics et la société civile ;
- La mise en place d’espaces de dialogue à travers des ateliers de co-construction et des séminaires.
Les équipes sont impliquées dans une dynamique collective portée par la Coop des Communs, la plateforme Casa Comum et l’AFD. L’objectif : former une communauté apprenante transnationale en échangeant sur les travaux menés, en capitalisant sur les expériences de chacun et en produisant des connaissances sur les liens entre communs, participation citoyenne et transformation de l’action publique. Ce réseau rassemble des profils complémentaires – chercheurs, société civile, décideurs publics engagés dans ces expérimentations – venus notamment du Brésil, de Colombie et d’Europe. Nourrie par des rencontres organisées au Brésil et en Italie, cette dynamique débouchera sur un ouvrage collectif, en cours de rédaction, qui permettra de comparer et de mettre en perspective les différents travaux de recherche engagés.
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