L’Ukraine est aujourd’hui au cœur des priorités de nombreux acteurs publics et de développement français, mais l’expertise académique sur ce pays reste dispersée et peu visible. Appuyé par l’AFD, l’Observatoire de l’Ukraine contemporaine soutient les recherches universitaires francophones, autour d’une question centrale : comment penser et préparer l’après-guerre en Ukraine ?
Contexte
En cours depuis plus de dix ans, la guerre en Ukraine génère un besoin croissant de connaissances sur ce pays. En effet, pour agir, de nombreux acteurs publics, associatifs ou médiatiques français – dont l’AFD – doivent s’appuyer sur une expertise solide et récente. Or, si de nombreux chercheurs travaillent sur l’Ukraine contemporaine, ils sont disséminés au sein de différents laboratoires aux focus géographiques et thématiques divers. En outre, une proportion non négligeable d’entre eux sont en situation de précarité, ce qui diminue leur visibilité. L’enjeu est donc double : structurer et renforcer un réseau académique, tout en mobilisant mieux l’expertise de ses membres pour répondre aux enjeux de l’après-guerre.
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Objectifs
Soutenu par l’AFD, le ministère des Armées et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, l’Observatoire de l’Ukraine contemporaine a été lancé pour répondre à ce double enjeu : la structuration d’un réseau de chercheurs francophones en études ukrainiennes et la mobilisation de leur expertise pour mieux répondre aux sollicitations des autorités publiques françaises. Pour le groupe AFD, qui intervient en Ukraine, cette expertise de qualité s’avère indispensable pour éclairer son action.
L’Observatoire de l’Ukraine organise sa réflexion autour d’un axe central : quelles clefs pour penser l’après-guerre en Ukraine ? Deux axes complémentaires cherchent à décrypter les mutations profondes du pays :
- Dimension militaire et sortie de guerre : complexité des processus de mobilisation et de démobilisation ; évolution des pratiques et des moyens de guerre ; enjeux de reconstruction, de trajectoire démographique et de travail de mémoire ;
- Transformations structurelles (économiques, sociales…) de la société ukrainienne dans ce contexte de guerre.
L’Observatoire cherchera à la fois à mieux diffuser et à approfondir les travaux existants, tout en encourageant l’exploration de sujets émergents encore peu documentés.
Voir aussi : Ukraine : Résister, reconstruire et innover
Méthode
Pour remplir ses missions, l’Observatoire développera différents outils :
- Veille scientifique sur les savoirs produits sur l’Ukraine ;
- Cartographie des chercheurs et chercheuses francophones en études ukrainiennes pour constituer un réseau de spécialistes ;
- Organisation de rencontres pour faire dialoguer le milieu universitaire avec les acteurs publics et les porteurs de missions d’intérêt général ;
- Expertise : facilitation et coordination de la production d’études et autres formes d’expertises sur demande des acteurs publics ;
- Information : production de notes d’analyse, organisation d’événements scientifiques et de vulgarisation, valorisation des chercheurs et chercheuses auprès des médias
Résultats attendus
Pendant deux ans, l’équipe de recherche produira ou organisera, en concertation avec l’AFD :
- Trois séminaires par an, dont un accueilli à l’AFD et qui débouchera sur un policy paper ;
- Dix briefs par an à destination du grand public, diffusés sur le site de l’Observatoire de l’Ukraine contemporaine ;
- Un colloque thématique annuel, pour un public à la fois académique et opérationnel ;
A la fin du projet, une réflexion commune sera organisée avec l’Observatoire de la reconstruction au Moyen-Orient, un autre projet de recherche soutenu par l’AFD sur les enjeux de reconstruction post-conflit.
Aller plus loin
Contacts
- Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences en science politique à l'université Paris-Nanterre et directrice scientifique de l’Observatoire de l’Ukraine contemporaine
- Bertrand de Franqueville, docteur en science politique de l'Université d'Ottawa et directeur opérationnel de l’Observatoire de l’Ukraine contemporaine
- Elodie Riche, chargée de recherche AFD
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Dans un Moyen-Orient en pleine reconfiguration, alors que le Liban, la Syrie et Gaza font face à des destructions massives sur leurs territoires, cet observatoire se propose d’analyser les dynamiques et les modalités des chantiers de reconstruction qui se mettent en place. Ces enseignements comparatifs permettront à l’AFD et à ses partenaires de mieux comprendre ces contextes d’intervention et les dynamiques d’acteurs en présence, pour agir de façon pertinente.
Contexte
Liban, Syrie, Gaza : le Moyen-Orient concentre certains des chantiers de reconstruction – dans des contextes de conflit ou de post-conflit – parmi les plus complexes du monde, avec de forts enjeux de financement. Pour la seule Syrie, la Banque mondiale estime les coûts de reconstruction à 216 milliards de dollars.
Cependant, les enjeux ne sont pas que financiers ou techniques : ces chantiers s’inscrivent dans un contexte politique, économique et social complexe, où interviennent de nombreux acteurs aux intérêts et aux approches parfois divergents. Pour intervenir de façon pertinente dans ce jeu géopolitique complexe, bien appréhender les contextes d’intervention est nécessaire – tant pour le groupe AFD que pour d’autres acteurs du développement
Objectifs
Conduit par l’Ifri et coordonné par l’AFD, ce projet d’observatoire analyse la situation des destructions et les perspectives de reconstruction pour trois territoires : Gaza, le Liban et la Syrie. Il vise à :
- Comprendre les dynamiques locales (sociales, politiques et économiques) de la reconstruction : quels sont les besoins réels ? Quel est l’état du tissu social ? Qui sont les acteurs en présence et comment interagissent-ils ?
- Identifier les modalités possibles et concrètes de reconstruction : quel positionnement des gouvernements de ces pays ? Quelle place pour le secteur privé et quelle articulation public-privé ? Quel rôle de la société civile et des diasporas ?
- Comparer le positionnement des acteurs extérieurs (institutions et États européens, Israël, USA, pays du Golfe, Turquie, Chine, Iran, Russie…) : quels sont les plans de reconstruction proposés et quel est leur niveau d’implication ? Comment s’articulent diplomatie, reconstruction et intérêts économiques ? Priorisent-ils humanitaire ou reconstruction ? Quid du positionnement français ?
Méthode
Pour s’assurer d’être au plus près de l’actualité dans ce contexte évolutif, un dispositif de veille permettra de cartographier les projections en termes de reconstruction et les décisions des différents pays. Des cartes seront réalisées par l’Ifri lorsque cela sera pertinent pour mieux comprendre les enjeux globaux.
Trois missions de terrain seront menées directement par les chercheurs de l’Ifri et/ou par des chercheurs présents sur place. La méthodologie privilégiera les entretiens, sur place ou à distance lorsque les déplacements seront impossibles. La Syrie est ici particulièrement concernée, car les disparités territoriales y constituent un défi important pour les opérateurs.
Fonctionnant de façon interactive, cet observatoire est ouvert à des échanges réguliers/à la demande avec les institutions françaises qui partagent un intérêt sur ces questions.
Résultats attendus
Les livrables comprendront :
- Des notes de retour de mission avec restitution orale ;
- Des publications sur des thématiques transversales dans les collections de l’Ifri ;
- Un rapport final, commun aux trois chantiers et problématisé, publié dans les collections des Editions Agence française de développement ;
- Une conférence finale qui pourra introduire des perspectives comparatives (Ukraine, Afrique).
Contacts
- Dorothée SCHMID, responsable du programme Turquie/Moyen-Orient, Ifri
- Elodie RICHE, chargée de recherche, AFD