Mention légale UE (projet) Quel serait l’impact sur la pauvreté et les inégalités d’une politique de taxation du carbone en Indonésie ? Comment concevoir des politiques efficaces qui répondent simultanément aux objectifs environnementaux et de redistribution ? En partenariat avec le LPEM, la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités vise à enrichir la méthodologie du CEQ Institute pour comprendre l’impact distributionnel des prix actuels et potentiels du carbone en Indonésie, ainsi que les options d’atténuation envisageables.
Contexte
L’engagement de l’Indonésie à réduire ses émissions de carbone s’inscrit dans le cadre de l’Accord de Paris. Le pays est l’une des 52 juridictions nationales dans le monde qui ont établi des règlements sur la tarification du carbone (Banque mondiale, 2023). L’objectif principal de la mise en œuvre des instruments de tarification du carbone est d’aider le pays à atteindre sa contribution déterminée au niveau national, c'est-à-dire les engagements pris par les pays signataires de l’Accord de Paris de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux effets du changement climatique.
Dans ce contexte, le gouvernement indonésien a introduit des instruments de tarification du carbone sur une base volontaire de 2021 à 2024, avec un passage à l’application obligatoire prévu d’ici à 2025. Malgré son démarrage modeste, l’introduction de cette taxe marque un progrès considérable en Indonésie, les pays à revenu faible et intermédiaire ayant mis en place une taxe carbone étant peu nombreux.
Recourir à la tarification du carbone pour favoriser la décarbonation de l’économie est une politique significative, mais cela peut peser indifféremment sur les différents groupes sociaux. Ces mesures bénéfiques pour l’environnement peuvent ainsi accroître la pauvreté et les inégalités. Si ces disparités ne sont pas corrigées, les politiques de décarbonation pourraient être entravées, soit en limitant l’impact global recherché soit en faisant payer les plus pauvres, pour un dérèglement climatique qu’ils n’ont pas causé, et dont ils sont les principales victimes.
Utilisant un outil analytique reprenant l’approche du CEQ Institute, ce projet de recherche vise à améliorer la conception de politiques permettant d’atteindre à la fois des objectifs environnementaux et de distribution, en assurant une transition plus juste.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension de la facilité contribuera à l’élaboration de politiques publiques visant à réduire les inégalités dans quatre pays : l’Afrique du Sud, le Mexique, la Colombie et l’Indonésie sur la période 2021-2025.
Ce projet de recherche complète également deux études menées par la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités en collaboration avec le gouvernement indonésien sur les politiques de développement des aires marines protégées et la production d’un diagnostic multidimensionnel sur les inégalités dans le pays.
Objectif
Ce projet de recherche vise à évaluer les effets environnementaux (émissions) et de distribution et bien-être (pauvreté et inégalités) des instruments de marché (prix du carbone et revenus) ou hors marché (subventions, quotas, règlementation). L’étude vise à produire, pour l’archipel indonésien, des évaluations des coûts et de l’impact environnemental de ces instruments.
L’étude portera sur l’impact de la tarification du carbone et d’autres instruments fiscaux indirects (taxes) combinés à des impôts directs et des transferts sociaux (modalités de recyclage des recettes d’une taxe carbone), afin d’équilibrer les effets de ces instruments sur la distribution des revenus et sur l’environnement en Indonésie.
Méthode
Afin de concevoir des politiques plus efficaces qui répondent à la fois aux objectifs environnementaux et distributifs, le CEQ Institute a développé un outil analytique utilisant des micro-données sur les caractéristiques des ménages, l’étude des comportements et un outil de micro-simulation. Il s’agit d’un outil de planification ex-ante basé sur des micro-unités comme les ménages, qui simule les effets de mesures avant leur mise en œuvre.
La méthodologie comprend les dimensions analytiques suivantes :
- Des cadres méthodologiques pour modéliser l’impact distributionnel des politiques fiscales et sociales sur les carburants ;
- Un tableau d’entrées-sorties pour suivre l’incidence indirecte des prix du carbone dans l’économie ;
- Les répercussions comportementales d’une hausse du coût des énergies sur la demande ;
- L’identification de mesures de protection sociale en faveur d’une transition énergétique juste.
L’ensemble de ces données s’appuie sur deux sources principales : le tableau d’entrées-sorties 2016 produit par le Bureau central des statistiques (BPS) et l’Enquête socio-économique nationale 2022 (SUSENAS). Des données et informations de la direction générale des impôts et de divers ministères indonésiens concernés sont également utilisées pour mener l’étude.
Résultats
Le papier de recherche lié à ce projet est disponible en anglais : Data Analytics for a Just Transition. Distributional Impacts of Environmental Policies (Indonesia)
Cet article évalue ces effets redistributifs de la tarification du carbone et des réformes énergétiques en Indonésie. Engagée dans l'Accord de Paris, l'Indonésie a fait de la tarification du carbone – qu’il s’agisse de taxes ou de marchés d’échange de quotas d’émission – un pilier central de sa politique climatique. Ces instruments sont conçus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour encourager l’investissement dans des énergies plus propres, mais ils peuvent avoir des impacts sociaux inégaux. Les ménages à faible revenu et les travailleurs des secteurs fortement émetteurs sont particulièrement vulnérables face à la hausse des prix de l’énergie et aux chocs sur l'emploi.
L’étude conclut que le succès de la transition énergétique en Indonésie dépendra non seulement de son efficacité environnementale, mais aussi de sa capacité à garantir l’équité entre les différents segments de la société.
Pour aller plus loin...
Les autres projets de recherche appuyés par l'Extension en Indonésie
Mention légale UE (projet) Comment le gouvernement sud-africain peut-il préparer la transition des travailleurs du secteur du charbon vers une économie à faible émission de carbone ? Quel est le profil sociodémographique et spatial des travailleurs de la chaîne de valeur du charbon? Quelles options de protection sociale peuvent éviter la hausse du chômage et des inégalités qui pourrait résulter de la transition juste ? L'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités explore ces questions en partenariat avec le Development Policy Research Unit (DPRU) de l’Université du Cap (UCT).
Contexte
L’Afrique du Sud reste l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Le haut niveau d’inégalités de revenu du pays est principalement attribuable aux écarts extrêmes sur le marché du travail, où plus de 30 % de la population active est au chômage et ne perçoit aucun revenu (Leibbrandt et al., 2010 ; StatsSA, 2024). La réduction du chômage est donc au cœur des défis sociaux et économiques de l’Afrique du Sud, et elle est essentielle pour lutter contre les inégalités.
L’industrie du charbon est importante en Afrique du Sud et centrale pour la transition juste. Elle concentre d’après les estimations près de 200 000 emplois, soit environ 1,2 % de l’emploi total, et contribue à 5,4 % de la croissance du produit intérieur brut (Makgetla et al., 2021). C’est de plus une industrie géographiquement très concentrée, qui soutient une grande partie de l’activité économique locale et régionale dans les zones concernées, en particulier dans la province de Mpumalanga.
Ainsi, les potentiels impacts négatifs sur l’emploi de la transition énergétique et de la sortie du charbon représentent un défi socio-économique majeur pour ce pays qui doit encore faire face aux vestiges de l’apartheid. Il est donc essentiel d’anticiper et gérer les risques associés à ces effets négatifs potentiels sur l’emploi, afin d’éviter que les inégalités ne soient aggravées par une transition non planifiée.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l'Extension de la Facilité de recherche UE-AFD sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension de la Facilité contribue à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
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Ce travail s’inscrit également dans le cadre du dialogue de l’AFD avec les autorités sud-africaines sur la transition juste et l’identification des réformes à mettre en œuvre pour assurer une transition inclusive.
Objectif
On ne sait pas encore exactement combien de travailleurs seront touchés par la sortie du charbon, comment ils sont caractérisés selon l’âge, les compétences ou le niveau de revenu.
En quoi pourrait consister une politique efficace de protection sociale pour ces travailleurs ? Quel serait son coût et comment la financer ? Ces éléments sont essentiels pour concevoir et mettre en œuvre des politiques qui limitent les effets sociaux et économiques négatifs de la transition énergétique et évitent l’augmentation du chômage et des inégalités.
Ce projet de recherche :
- Permettra de dénombrer et de qualifier les travailleurs actuels dans le secteur du charbon et les industries connexes, à l’aide de micro-données fiables et spatialisées. Ce volet inclut une analyse de l’emploi, des salaires et des inégalités salariales.
- Proposera des mesures de protection sociale adaptées aux profils des travailleurs identifiés, assorties d’estimations de coûts et d’options de financement possibles. Les implications sur les inégalités salariales de différents scénarios politiques seront étudiées.
Méthode
Le projet de recherche peut être décomposé en quatre volets et porte sur les domaines d’analyse suivants :
- Utilisation des données fiscales pour identifier avec précision les employés à risque dans les industries minières, de production d’électricité à partir du charbon et les industries adjacentes au charbon, en les localisant spatialement à travers le pays. Cela permettra d’estimer de manière fiable le nombre de travailleurs qui risquent d’être affectés par l’abandon du charbon.
- Production de profils détaillés des travailleurs identifiés comme à risque, selon le sexe, l’âge et les revenus. Cet exercice servira à identifier des sous-groupes, ou cohortes, qui auront des besoins différenciés de protection et de soutien, en fonction de leurs compétences, de leurs revenus et de leur âge. Les données sur les revenus seront également utilisées pour examiner les inégalités au sein de la chaîne de valeur du charbon, entre la chaîne de valeur du charbon et l’industrie minière en général, et l’économie formelle dans son ensemble.
- Utilisation de cette caractérisation des profils de travailleurs pour proposer des options politiques adaptées aux différentes cohortes, afin de développer une réponse globale en matière de protection sociale. Différentes combinaisons pourraient être proposées, comme des programmes de retraite anticipée, des subventions, ou des programmes de formation. En outre, l’étude fournira un panorama complet des politiques de protection sociale disponibles en Afrique du Sud et déterminera si elles pourraient s’appliquer aux travailleurs touchés.
- Examen des scénarios de réduction de l’emploi dans l’industrie du charbon et modélisation de l’estimation des coûts associés aux différentes politiques proposées. Cela implique de modéliser les scénarios politiques envisagés sur tout l’horizon à temps plein des employés actuels. Cela fournira une vision chiffrée des implications de la politique de transition juste pour l’industrie sud-africaine du charbon, et des pistes de discussion sur les options de financement possibles. Les résultats permettront également de mieux comprendre les conséquences en matière d’inégalités qui pourraient découler des différents scénarios politiques de transition juste.
Enseignements
Le projet a débouché sur deux papiers de recherche :
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités
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Mention légale UE (projet) La transition énergétique est un défi et un impératif pour la transformation économique du Mexique. Quel rôle les coopératives d’énergie et les énergies renouvelables à propriété sociale peuvent-elles jouer dans l’amélioration des conditions de vie des plus vulnérables et la réduction des inégalités ?
Contexte
La transition énergétique est un défi et un impératif pour la transformation économique du Mexique :
- D’une part, le pays dépense 7,6% de son PIB en subventions aux combustibles fossiles ;
- D’autre part, en 2020, l’impact économique des catastrophes climatiques a, d’après les estimations, augmenté de 202%.
Pour réussir sa transition énergétique et assurer une croissance durable, le Mexique doit moderniser son secteur de l’énergie, réduire sa dépendance aux combustibles fossiles et garantir la soutenabilité de son économie. Il est nécessaire de s’appuyer sur les territoires, d’impliquer les communautés dans la co-construction de la résilience et le renforcement des chaînes locales de production. Les modèles communautaires et coopératifs jouent un rôle essentiel dans la promotion de la création d’entreprises collectives gérées de manière démocratique et solidaire.
Les coopératives énergétiques constituent un cas d’application de transition équitable. Il s’agit d’un modèle prometteur d’implication des communautés locales dans la production, la distribution et la consommation d’énergies renouvelables, en promouvant la décentralisation et la démocratisation de l’énergie, en particulier dans les territoires historiquement et systématiquement exclus.
Cependant, les recherches menées au Mexique durant la première phase de la Facilité de recherche sur les inégalités ont montré un faible partage des richesses et une mobilité sociale limitée dans le pays. Dans ce contexte, il est nécessaire d’aborder la transition énergétique juste à partir d’une approche de mobilité sociale intergénérationnelle et d’une perspective sociale pour assurer des bénéfices à l’ensemble de la société.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Extension de la Facilité de recherche sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension contribuera à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
Ce travail s’inscrit également dans le cadre du dialogue de l’AFD avec les autorités mexicaines sur les options de diversification de l’économie et de réduction des inégalités.
Objectifs
En partenariat avec le Centro de Estudios Espinosa Yglesias (CEEY) et en collaboration avec l’Institut national d’économie sociale (INAES), ce projet de recherche vise à développer une contribution conceptuelle et analytique pour mieux comprendre le rôle que les coopératives d’énergie renouvelable peuvent jouer dans la réduction des inégalités et l’amélioration de la mobilité sociale, et comment elles peuvent être financées.
Ce projet doit permettre de :
- Conceptualiser l’approche de la transition énergétique juste dans le domaine des inégalités structurelles existantes ;
- Etablir un diagnostic des coopératives d’énergie et les énergies renouvelables à propriété sociale, dans la perspective de la mobilité sociale intergénérationnelle, de l’économie sociale et solidaire, et en terme de pertinence dans le cadre de transitions justes ;
- Utiliser ce diagnostic pour proposer des critères d’identification, de sélection et de priorisation des projets qui priorisent les populations les plus désavantagées à l’origine (avec le moins d’espoir de mobilité sociale), compte tenu de l’exigence « pas de perdants » de la transition juste ;
- Examiner les questions techniques liées à l’énergie décentralisée et à la production distribuée, compte tenu de leur importance dans l’économie sociale pour une transition énergétique juste ;
- Examiner les projets actuels de l’INAES liés au sujet, afin, le cas échéant, d’orienter l’élaboration des critères d’identification et de sélection.
Méthode
L’équipe de recherche procédera d’abord à une revue exhaustive de la littérature portant sur la justice environnementale, la justice climatique, la mobilité sociale appliquée à la justice environnementale et la justice environnementale intergénérationnelle. La littérature sera analysée sous l’angle de la transition énergétique et du croisement de ces enjeux.
Sur la base de cette revue de littérature, les chercheurs développeront un cadre conceptuel pour comprendre la transition énergétique juste dans le domaine des inégalités structurelles actuelles. Ils expliqueront également comment ce cadre conceptuel peut être pertinent pour la prise de décisions en matière de politiques publiques.
L’équipe de recherche identifiera également les lacunes en matière d’information et les besoins en matière de recherche, en mettant un accent particulier sur l’étude des transitions énergétiques justes.
Enseignements
Vous trouverez ici le papier de recherche lié à ce projet : Just Energy Transition, Structural Inequities, and Social Mobility: The Case of Mexico
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités
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Mention légale UE (projet) Le phénomène de la relocalisation des chaînes de valeur (« near-shoring ») présente certes une série de défis, mais aussi une opportunité unique d’équilibrer le développement régional du Mexique et de réduire les inégalités. Ce projet de recherche, en partenariat avec l’Institut de technologie et d’enseignement supérieur de Monterrey, examinera en profondeur ce phénomène, en se concentrant sur la filière de l’énergie et sur la composante du capital humain.
Contexte
L’intégration commerciale a été très bénéfique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) au cours des trente dernières années. Cependant, de multiples crises (la crise financière de 2008, la pandémie de Covid-19, la crise climatique, etc.) ont questionné l’avenir du système commercial multilatéral. Par exemple, la pandémie de Covid-19 a mis en évidence la fragilité de certaines chaînes de valeur en raison de l’éloignement entre les usines de production et le lieu de consommation. Cela conduit à raccourcir certaines chaînes de valeur mondiales, à les rendre moins globales et plus régionales – un phénomène connu sous le nom de « near-shoring ». Ce nouveau contexte crée une opportunité pour les pays de l’ALC, et en particulier pour le Mexique, qui s’identifient comme la meilleure alternative pour la relocalisation des chaînes de valeur dans le modèle de « near-shoring ».
Historiquement, ce sont les États du centre-nord du Mexique qui ont le plus bénéficié des processus d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales : c’est là, à proximité des États-Unis, que se trouve la base d’exportation de l’industrie manufacturière. Par ailleurs, le Sud Sud-Est du pays présente des retards historiques qui ont freiné son intégration dans les chaînes de valeur mondiales, et limitent aujourd’hui sa capacité à tirer parti du nouveau contexte international.
Ainsi, il est nécessaire, lors de la conception des stratégies pour tirer parti de l’opportunité offerte par le « near-shoring », de tenir compte des spécificités de chaque région. Cette approche sur-mesure est essentielle pour définir des politiques publiques qui favorisent un développement régional plus équitable.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Extension de la Facilité de recherche sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension contribuera à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
Ce projet de recherche complète les travaux menés par l’Extension de la Facilité de recherche sur les inégalités au Mexique sur le système national de soins et sur l’impact redistributif des politiques environnementales.
Objectifs
Ce projet vise à approfondir l’étude du near-shoring au Mexique, en identifiant les défis et les opportunités qu’il génère :
- Premier objectif spécifique : établir une proposition pour surmonter l’un des goulots d’étranglement les plus critiques identifiés par le secteur productif, à savoir la production d’électricité. Il est suggéré de combler le déficit d’investissement dans l’électricité à court terme, par des investissements dans la production distribuée avec des panneaux solaires, ainsi que d’explorer des options durables et équitables, en étudiant particulièrement l’État de Nuevo León (nord du pays).
- Deuxième objectif spécifique : identifier les secteurs économiques susceptibles de tirer parti du « near-shoring » et combler les lacunes existantes dans la formation des compétences et du capital humain, en mettant l’accent sur l’inclusion sociale et l’égalité entre les femmes et les hommes. Cela comprendra une analyse détaillée pour les États d’Oaxaca et de Veracruz (sud du pays), afin de développer les compétences dans les secteurs émergents et traditionnels, et de préparer la main-d’œuvre à tirer parti des opportunités à moyen et long terme.
- Troisième objectif spécifique : élaborer un plan stratégique pour la mise en œuvre d’un portefeuille de solutions, basé sur les recommandations identifiées dans le premier et le deuxième objectifs spécifiques.
Méthode
- Pour le premier objectif spécifique : l’analyse de scénarios sera utilisée pour mesurer l’écart entre la demande et la capacité de production d’électricité. Les scénarios de capacité de production solaire distribuée utiliseront des outils d’analyse spatiale des systèmes d’information géographique, tandis que les estimations sur la redirection des subventions seront tirées de sources publiques officielles.
- Pour le deuxième objectif spécifique : générés à partir d’une combinaison de bases de données internationales et nationales, les indicateurs économiques seront utilisés pour identifier les opportunités de stimuler la diversification de la production électrique. Une analyse préliminaire suggérera les grappes industrielles à prioriser. Cela permettra de sélectionner des secteurs économiques susceptibles de déclencher un développement industriel, par le biais d’interventions dans le domaine de la formation professionnelle. Les écarts de compétences seront identifiés au moyen d’une analyse quantitative. Cette analyse documentaire sera complétée par des informations qualitatives (entretiens, groupes de discussion avec les acteurs clés…).
- Pour le troisième objectif spécifique : le plan stratégique suivra une approche axée sur la mission (‘mission economy’) et inclura un plan d’action détaillé qui sera présenté au gouvernement fédéral mexicain. Le plan comprendra une carte des unités d’exécution possibles au sein des gouvernements fédéraux, régionaux ou municipaux, et une analyse des potentielles contraintes réglementaires et institutionnelles, ainsi que des alternatives stratégiques pour les surmonter.
Enseignements
Le projet a débouché sur trois papiers de recherche (en anglais)
- Gaps in Human Capital and Labor Demand in Oaxaca
- Redesigning Electricity Subsidies for Distributed Generation in Mexico: A Fair Transition Model Applied to Nuevo León
- Institutional Implementation of In-Kind Subsidies for Distributed Generation: Multi-Level Governance and Policy Design in Nuevo León
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités
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Mention légale UE (projet) La réduction des inégalités spatiales est une priorité pour le gouvernement colombien, qui utilise un outil de politique publique – le Système général de participations (SGP) – pour atteindre cet objectif. Ce projet de recherche vise à analyser l’impact de la stratégie SGP sur la réduction des inégalités spatiales en Colombie, en partenariat avec le centre de recherche Acción Pública.
Contexte
En Colombie, l’industrie du pétrole et du charbon est une importante source de recettes fiscales, en particulier les redevances. Le Sistema General de Participaciones (ou Système général de participations, SGP) a été mis en place pour organiser le transfert de ces redevances – qui proviennent de l’exploitation de ressources naturelles non renouvelables – du ministère des Finances et du Crédit Public aux entités territoriales. Ces ressources financent la fourniture de services d’éducation, de santé, d’eau potable et d’assainissement de base, à la fois dans le régime d’usage général et sur la base d’allocations spéciales, dans les différentes régions du pays. Ce mécanisme vise à assurer une répartition équitable des revenus, ce qui est essentiel dans la mesure où les inégalités spatiales en termes d’accès aux services sont encore importantes en Colombie – comme le montre le diagnostic multidimensionnel des inégalités réalisé avec le soutien de l’AFD. Par exemple, alors que dans les zones urbaines, le taux de couverture de l’enseignement secondaire est proche de 100%, il est de 50% dans les zones rurales.
La Stratégie de surveillance, de suivi et de contrôle des ressources du SGP est un outil de politique publique piloté par le ministère des Finances et du Crédit Public visant à exercer un contrôle sur la gestion des ressources transférées. Cette stratégie, mise en œuvre depuis près de 15 ans, identifie les alertes et les cas de non-conformité dans le but d'assurer la continuité, la couverture et la qualité de la fourniture des services publics. Cela vise à prévenir et à atténuer les risques liés à la prestation de services sociaux en Colombie, ce qui est essentiel pour la construction de l’équité dans tout le pays, ainsi que pour éviter l’accroissement des écarts territoriaux en matière de capacités institutionnelles des gouvernements locaux et de fourniture de services sociaux à toutes les populations, quel que soit leur lieu de vie.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Extension de la Facilité de recherche sur les inégalités. Coordonnée par l’AFD et financée par la Commission européenne, l’Extension contribue à l’élaboration de politiques publiques visant la réduction des inégalités dans quatre pays : Afrique du Sud, Mexique, Colombie et Indonésie sur la période 2021-2025.
Ce travail s’inscrit également dans le cadre du dialogue entre l’AFD et les autorités colombiennes sur la réforme fiscale et la réduction des inégalités spatiales.
Objectifs
Ce projet de recherche vise à produire des recommandations dans le but d’analyser et de renforcer le rôle de l’outil SGP – « la Stratégie » – en tant que mécanisme permettant de combler les écarts territoriaux en matière de capacité institutionnelle à fournir des services sociaux.
Deux objectifs de recherche ont été identifiés, l’un dans le domaine du diagnostic, l’autre dans le domaine des recommandations :
- Identifier les réalisations, les limites et les défis de la mise en œuvre de la Stratégie pour combler les écarts territoriaux dans les capacités institutionnelles des entités territoriales et dans la fourniture de services sociaux essentiels ;
- Formuler des recommandations pour renforcer la Stratégie dans son rôle d’assistance institutionnelle pour combler les écarts territoriaux.
Méthode
Le projet se concentrera sur les secteurs qui reçoivent le plus de ressources du SGP, qui présentent le plus de risques dans leur fourniture et qui sont les plus pertinents en tant que services sociaux essentiels : éducation, santé, eau potable et assainissement de base, réserves autochtones.
La méthodologie de recherche sera mixte et comprendra :
- Un examen des documents au niveau du ministère des Finances et du Crédit Public et des entités territoriales sélectionnées comme étude de cas;
- Une analyse secondaire des données;
- Des entretiens approfondis avec un sous-échantillon des entités territoriales sélectionnées.
Résultats
Le projet a débouché sur la publication du papier de recherche suivant : Assessing the Impact of the Monitoring, Follow-Up, and Control Strategy on Territorial Inequalities in Colombia (en anglais)
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Anda DAVID
Économiste, coordinatrice scientifique de la Facilité UE-AFD de recherche sur les inégalités